Re : France. Excision : lancement d’une campagne nationale de prévention

Publié par joe le 05-03-2017 06:04:37

excision des femmes en France - Prévention

Alors qu’une grande campagne nationale est lancée ce vendredi sur l’excision, des lycéennes de Seine-Saint-Denis ont créé un blog pour alerter sur ce sujet tabou. Cette mutilation reste pratiquée au nom de la tradition.

C‘est le paradisde l’ado. De belles images, des articles sur des stars branchées comme l’artiste malienne Inna Modja, un langage direct fait de tu et de toi. Pourtant, sur ce tout jeune blog* imaginé, conçu et alimenté par des élèves de seconde du lycée Jacques-Feyder à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), on ne parle pas vernis ou soirée à la mode. On parle d’excision.

Alice et Sokona veulent prévenir et alerter contre l’excision
Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), hier.
Les jeunes blogueuses Alice et Sokona veulent prévenir
et alerter contre l’excision.LP/MATTHIEU ROSIER

Mot tabou, sujet tabou, alors que 60 000 femmes vivant en France ont subi cette mutilation -tradition d’Afrique subsaharienne, d’Egypte, ou encore d’Indonésie- d’une partie des organes génitaux. « Déjà, le blog permet de dire que ça existe, ce que c’est, d’où ça vient et pourquoi il faut prévenir les jeunes que ça perdure », expliquent de leur voix enthousiaste Alice et Sokona, deux de ses créatrices de 15 ans. Dans cette classe de seconde générale, il n’y a qu’un seul garçon. « Nous avons l’option santé sociale, c’est pour ça », plaisantent-elles.

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Leur initiative sera ce vendredi à l’honneur lors du lancement d’une grande campagne nationale de prévention à destination des 12-18 ans. Créée par des associations et soutenue par le gouvernement, Alerte Excision rappelle que, parmi les ados vivant en France et dont les parents sont issus de pays pratiquant cette mutilation, 3 sur 10 sont menacées d’excision ( lire ci-contre) pratiquée non pas sur le sol français mais lors de « vacances » dans le pays d’origine.

Conseils pratiques et témoignages

« On se dit que, peut-être demain ou dans un an, une personne de notre entourage ou de notre classe sera victime de ça. Ça motive pour agir », reprennent les jeunes filles. Alice, qui se rêve notaire, a des origines congolaises. Sokona, future concessionnaire auto (elle adore les voitures !), est le fruit d’un métissage entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Trois pays où l’excision est pratiquée. « A titre personnel, je n’ai aucun risque, mais ça ne m’empêche pas de me sentir concernée. Ça peut toucher des filles de mon âge, ça touche à l’intime, ça émeut », note Alice. « Je n’en ai jamais parlé dans ma famille », reprend Sokona.

Rubriques Célébrités qui témoignent d’avoir été « assises sous le couteau » (mot employé par ceux qui refusent de nommer l’excision par son nom), Conséquences, mais aussi Conseils — que doit faire et qui peut appeler une ado menacée — leur site, conçu avec leur professeur principal, est digne d’un travail de professionnel. Il a vocation à tourner sur les réseaux sociaux consultés par les adolescentes et adolescents. « Je pense que le fait que des jeunes parlent aux jeunes peut avoir plus de poids que si c’est des adultes, dit presque gênée Alice. On a le même langage, la même façon de penser. Ça fait moins leçon de morale. » « Il est plus facile de se confier à quelqu’un de son âge. Et puis, par le biais d’un blog, c’est plus facile de parler de ça », renchérit Sokona.

Avec un tel blog, une bonne note devrait fleurir sur le bulletin… « Même pas ! corrige en rigolant Alice. C’est un projet, il n’y a pas de note. On fait vraiment ça pour prévenir et alerter. C’est notre seule motivation. »

L’excision, un crime puni de dix ans de prison

« Tu pensais partir en vacances ? » Sur l’affiche, un couteau où perle du sang fait office de réponse. Lancée dans l’Hexagone et en Belgique par Excision, parlons-en !*, la campagne s’adresse aux 12-18 ans. « On peut être une ado née en France et risquer la mutilation », souffle Moïra Sauvage, présidente de l’association. Parmi celles dont les parents sont issus de pays pratiquant cette mutilation, 3 sur 10 sont menacées.

On a tendance à penser que cette ablation totale ou partielle du clitoris et/ou des lèvres est pratiquée sur des bébés. « Non, car les consultations pédiatriques sont obligatoires en France jusqu’à 6 ans. Le départ dans le pays d’origine des parents se fait plus tard. Là-bas, même si les parents ne sont pas d’accord, il peut arriver que ce soit une tante, une grand-mère qui prenne la jeune fille pour la faire exciser », explique Moïra Sauvage, rappelant que les familles pensent « bien faire » : pour l’acceptation de l’enfant dans la communauté, lui donner une possibilité de mariage… « D’où la prévention à faire. »

En plus des terribles conséquences en matière de santé (hémorragies pouvant être mortelles, douleurs lors des règles, de l’acte sexuel, de l’accouchement, infections urinaires…), « imaginez les conséquences psychologiques chez une fille qui subit ça à 12, 13 ou 14 ans. Le souvenir traumatique est énorme ». En France, l’excision est un crime passible de dix ans de prison

www.alerte-excision.org.

Source


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