Qu’est-ce qu’on attend pour dire que c’est l’Arabie saoudite qui a inspiré Manchester ?

Publié par joe le 01-06-2017 12:50:03

coran

Nous savons ce qui a inspiré l’attaque de Manchester,
nous ne voulons simplement pas l’admettre

http://conservativepapers.com/news/20 ... ack-we-just-wont-admit-it

Suite au massacre de Manchester, certains, à juste titre, préconisent de ne pas blâmer la communauté musulmane toute entière en Grande-Bretagne et dans le monde. Certes, l’un des objectifs de ceux qui effectuent de telles atrocités est de provoquer le châtiment de tous les musulmans, ce faisant rendant hostile une partie d’entre eux qui deviendra alors ouverte au recrutement par les clones d’Isis et d’al-Qaïda.

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Cette approche consistant à ne pas blâmer les musulmans en général mais à cibler la « radicalisation » ou simplement « le mal » peut sembler sensible et modérée, mais en pratique, elle rend la motivation des tueurs de Manchester ou du Bataclan à Paris en 2015 plus vague et moins identifiable qu’elle ne l’est en réalité. De telles généralités ont l’effet malheureux d’empêcher les gens de pointer un doigt accusateur sur la variante de l’islam qui est certainement responsable de la préparation du terrain pour les croyances et actions susceptibles d’avoir inspiré le candidat au suicide Salman Abedi.

L’inspiration ultime pour ces personnes est le wahhabisme, le type puritain, fanatique et régressif de l’islam dominant en Arabie Saoudite, dont l’idéologie est proche de celle d’al-Qaeda et d’Isis. Il s’agit d’un credo exclusif, intolérant envers tous ceux qui ne sont pas d’accord avec cette profession de foi, tels que les libéraux séculiers, les membres d’autres communautés musulmanes, comme les Shiites ou les femmes, qui résistent à leur idéologie.

Ce qu’on a appelé le djihad salafiste, les croyances fondamentales d’Isis et d’al-Qaïda, est issu du wahhabisme et a mis ses opinions préconçues à exécution pour ce qu’il considère une conclusion logique et violente. Les Shiites et les Yazidis ne sont pas seulement des hérétiques aux yeux de ce mouvement, sortes de Khmer Rouge islamique, mais des sous-humains qui doivent être massacrés ou asservis. Toute femme n’ayant pas respecté les mœurs sociales répressives de cette idéologie doit être sauvagement punie. La foi doit être démontrée par une mort publique du croyant, par le massacre des mécréants, qu’il s’agisse des 86 enfants Shiites évacués par bus depuis leurs maisons en Syrie le 15 avril ou de la boucherie de jeunes fans lors d’un concert pop à Manchester dernièrement.

Les causes réelles de la « radicalisation » sont connues depuis longtemps, mais le gouvernement, la BBC et d’autres s’y réfèrent rarement parce qu’ils ne veulent pas offenser les Saoudiens ni être accusés de partialité anti-islamique. Il est beaucoup plus facile de dire, pieusement mais avec un manque total de précision, qu’Isis, al-Qaïda et leurs soldats assassins « n’ont rien à voir avec l’islam ». C’est la façon de faire des gouvernements américain et britannique depuis le 11 septembre 2001.  Ils regardent dans n’importe quelle direction sauf vers l’Arabie saoudite lorsqu’ils cherchent les causes du terrorisme. Le Président Trump a été justement dénoncé et ridiculisé aux États-Unis pour avoir accusé l’Iran dans son discours de dimanche dernier devant les représentants de 50 pays arabes et avoir, en fait, fait porter la responsabilité sur la communauté shiite pour la vague de terrorisme qui a englouti la région alors qu’elle est issue d’une secte sunnite, petite mais immensément influente. L’un des grands changements culturels au monde au cours des 50 dernières années est la façon dont le wahhabisme, autrefois un groupe isolé, s’est transformé en une influence de plus en plus dominante sur l’islam sunnite traditionnel, grâce au soutien financier saoudien.

Un autre signe de l’impact du djihad salafiste est le choix des cibles : les attaques contre le théâtre du Bataclan à Paris en 2015, un club de nuit gay en Floride en 2016 et l’arène de Manchester cette semaine ont une chose en commun. Ces endroits étaient tous fréquentés par des jeunes qui profitaient à loisir d’un divertissement et d’un style de vie qui en faisaient des cibles d’Isis ou d’al-Qaeda. Mais ce sont aussi des événements où le mélange d’hommes et de femmes ou la présence d’homosexuels sont dénoncés par les puritains wahhabites et djihadistes salafistes. Ces deux mouvements vivent dans un environnement culturel dans lequel la diabolisation de ces personnes et activités est la norme, bien que leur réponse puisse différer.

La culpabilité des gouvernements occidentaux pour les attentats terroristes contre leurs propres citoyens est flagrante, mais rarement mentionnée. Les dirigeants veulent avoir une alliance politique et commerciale avec l’Arabie saoudite et les États pétroliers du Golfe. Ils ne les ont jamais tenus pour responsables du soutien d’une idéologie répressive et sectaire qui est susceptible d’avoir inspiré Salman Abedi. Les détails de la motivation de ce dernier peuvent manquer, mais la cible de son attaque et la méthode de sa mort sont du classique al-Qaeda et Isis dans sa façon d’agir.

La raison pour laquelle ces deux organisations démoniaques, le wahhabisme et le djihad salafiste, ont pu survivre et se développer malgré les milliards, peut-être les trillions de dollars consacrés à la « guerre contre le terrorisme » depuis les attentats du 11 septembre, est que ceux responsables de les arrêter ont délibérément raté l’objectif et continuent à le faire. Après le 11 septembre, le Président Bush a présenté l’Irak et non l’Arabie saoudite comme l’ennemi. Dans la même foulée, le Président Trump accuse vivement l’Iran d’être la source de la plus grande partie du terrorisme au Moyen-Orient. C’est le véritable conspiration de l’après 11 septembre, chérie par les excentriques du monde entier, mais il n’y a rien de secret sur l’aveuglement délibéré des gouvernements britannique et américain à la source des croyances qui ont inspiré les massacres dont Manchester n’est que l’horrible exemple le plus récent, et certainement pas le dernier.

« Nous nous sentons à l’abri quand on nous dit qu’ISIS est en Iraq et en Syrie et qu’il est à plus de 3000 km de chez nous. N’oublions pas qu’ISIS n’est qu’une organisation, ISIS n’est rien en lui-même. L’élément principal est l’idéologie derrière toutes ces organisations terroristes qui sont responsables du sang versé tous les jours : le Wahhabisme. »

Younus AlGohar 

www.younusalgohar.org

7 mai 2017 par le journaliste et auteur PATRICK COCKBURN


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