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Re : Frère Rachid: Le mensonge dans l'islam (version française)
#16

Publié le: 23/12 14:00
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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Re : « Daech et l’islam » de Frère Rachid : une vérité cruelle pour les musulmans
#17

Frère Rachid  - Daech et l'islam - L'analyse d'un ex-musulman

Hamed Abdelsamad, auteur du Fascisme islamique, trouve dans ce nouveau livre une analyse rare et globale de l’idéologie du terrorisme. « Aucun autre livre, précise-t-il, ne clarifie l’interaction entre Daech et les racines de l’islam mieux que celui-ci. »

Quant à Robert Spencer, auteur du New York Times bestsellers The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) et The Truth about Muhammad, il ajoute : « Voici un ouvrage bien informé et très précis sur la connaissance de l’islam et de ses pratiques. Il est fondé sur le Coran et sur la vie de Mahomet dont DAECH est la juste expression fondamentale et historique. C’est donc un ouvrage extraordinaire et indispensable, très profond et éclairant, utile pour mieux affronter l’ennemi. » Il conseille aux analystes de la lutte contre le terrorisme et aux décideurs politiques de le lire attentivement pour en tirer des leçons efficaces.

Frere Rachid 2

Frère Rachid, l’animateur-phare de la télévision américaine Al Hayat TV, est l’auteur de ce livre remarquable sur Daech et l’islam, sorti en version arabe en juin 2016. Sa version française vient d’être publiée début avril 2017 aux éditions Water Life Publishing en coopération avec la FNACF en France.

Il n’est pas nécessaire de présenter l’auteur, car les lecteurs de ce site le connaissent bien.

http://ripostelaique.com/brother-rach ... aux-refugies-syriens.html

et

http://ripostelaique.com/frere-rachid ... cite-pour-les-autres.html

Voici comment l’auteur présente lui-même son œuvre :

« Ce livre est loin d’être une pure théorie ni la somme d’idées préconçues, mais il est le fruit d’une expérience personnelle que j’ai vécue comme musulman et approfondie comme chercheur ; j’en paie le prix aujourd’hui. Devenu l’apostat le plus notoire dans le monde arabo-musulman, il m’est quasi impossible de visiter un pays arabe, y compris mon propre pays le Maroc. Menacé en Occident et partout dans le monde, je ne peux jamais donner une conférence ni intervenir dans un débat ni même me déplacer sans garde du corps.

Les menaces fusent par milliers tant sur mon Facebook que dans ma boîte mail. Au nom de la charia, je suis condamné à mort non seulement comme apostat, mais surtout pour avoir osé critiquer l’islam en public.

Ce livre, issu d’une dizaine d’années d’expériences et de recherches, comprend des condensés de nombreux épisodes de mon émission hebdomadaire Question audacieuse, émission suivie par des millions de spectateurs dans le monde musulman, notamment par les arabophones. Je m’y efforce de concilier mon amour pour mon peuple, ma famille et mes amis musulmans, avec ma fidélité à la probité intellectuelle dans l’analyse des croyances, qui sont sources de souffrance pour beaucoup de personnes dans le monde, y compris les musulmans eux-mêmes. Ce livre constitue les confessions d’un musulman déterminé à affronter la vérité avec courage et à l’annoncer au monde entier, même si c’est au prix de sa vie. »

Voici la table de matières de ce livre :

Introduction

  1. Au commencement était la haine

–       Par où commencer ?

–       Les textes religieux et l’initiation à la haine

–       La haine dans la culture dominante

–       Le critère fondamental, c’est l’expérience de Mahomet

–       La théorie du complot dans les textes religieux

–       L’impact des textes religieux sur les débats et les médias

–       Les textes religieux identifient les ennemis des musulmans

–       La généralisation dans notre vision de l’autre

–       L’impact des textes sur notre vision des Américains

  1. La haine des juifs et des chrétiens, une hostilité éternelle

–       L’impact de la théorie du complot sur les Musulmans

–       Les textes nous interdisent d’avoir pour amis les Juifs et les Chrétiens

–       Les textes nous enseignent à haïr et à maudire les juifs et les chrétiens

–       Les terroristes ont été influencés par les textes

–       Les textes nous ont déchirés entre la haine de l’Occident et l’amour de sa civilisation

–       La dichotomie du discours dans les pays musulmans

  1. Nous et l’Autre : Anges et démons

–       Notre culture Islamique craint l’Autre

–       Notre culture Islamique nous a appris à accuser l’Autre

–       Diabolisation des juifs et des chrétiens dans les textes religieux

–       Les textes présentent le juif comme un ennemi éternel

–       Les textes décrivent les juifs et les chrétiens des épithètes les plus abjectes

–       Les textes font porter aux juifs et aux chrétiens les calamités des musulmans

–       Les textes sont la cause des attaques contre les symboles chrétiens et juifs

–       La religion et la culture, deux facteurs fondamentaux dans l’hostilité anti-juive

  1. « La meilleure nation créée pour le bien de l’humanité ». L’Islam et sa supériorité religieuse

–       La religiosité et l’orgueil

–       La religion, cause de notre mépris envers l’Occident

–       Le sous-développement dans le monde musulman ?

–       « La meilleure nation » entre la religion et la réalité

–       Les paradoxes et le rêve de l’État Islamique

–       Mise en garde contre toute dépendance à l’égard des juifs et des chrétiens

–       Les textes religieux et le racisme

  1. Les chrétiens à la merci de l’islam. De Mahomet au calife Baghdadi

–          Daech expulse les chrétiens de Mossoul

–          Les textes justifient l’expulsion des chrétiens

–          Similitude entre la traque des juifs par Mahomet et celle des chrétiens par Daech

–          Les textes incitant à la persécution des juifs et des chrétiens

–          Les fatwas religieuses s’appuient sur les textes

–          Mahomet est le modèle dans les relations avec les mécréants

–          Comment Mahomet et ses compagnons ont-ils traité les chrétiens ?

–          L’Islam a étouffé l’histoire de l’Afrique du Nord

–          Les textes qui incitent à s’opposer aux juifs et aux chrétiens

–          Daech égorge les chrétiens

–          D’autres spécimens de persécution des chrétiens

–          La responsabilité incombe aux textes 

  1. Al-takfîr. Un mal islamique de Mahomet à Daech

–          Le danger de l’expression « kâfir » (mécréant)

–          Qualités des mécréants dans le Coran

–          Le mécréant, ennemi du musulman et d’une valeur inférieure

–          Le « kâfir », une expression raciste

–          Les préceptes concernant le kâfir, apostat et combattant

–          Daech applique les textes relatifs au takfîr

–          Le takfir depuis la naissance de l’islam

–          Le takfîr des groupes islamiques

–          Échantillons de takfîr dans l’histoire contemporaine

  1. Comment devenir mécréant. Les dix arguments annulatifs de l’Islam

–          Les réfutations de l’Islam, une loi pour la « mécréanisation » (takfîr)

–          Première annulation : le polythéisme ou l’association dans l’adoration d’Allah

–          Deuxième annulation : Prendre des intermédiaires entre nous et Allah

–          Troisième annulation : Ne pas déclarer mécréant le mécréant

–          Cinquième annulation : Détester une chose quelconque en islam

–          Sixième annulation : Se moquer d’une chose quelconque en islam

–          Septième annulation : La sorcellerie et tout ce qui y a trait

–          Huitième annulation : Secourir les mécréants contre les musulmans

–          Neuvième annulation : La croyance à la liberté de croire

–          Dixième annulation : L’indifférence envers l’islam 

  1. Début de l’islam et début de Daech. Ressemblance et identification

–          Le début de l’Islam, un modèle pour les groupes islamistes

–          Pourquoi les jeunes musulmans rejoignent-ils Daech ?

–          Le devoir d’exode du pays de la mécréance vers celui de l’islam

–          Importance capitale des migrants dans les organisations islamistes

–          Rôle des migrants au sein de Daech

–          Rôle des ansârs au sein de Daech 

  1. Brigands et invasions. Les brigands de Mahomet et de Daech

–          Motivations des invasions de Mahomet

–          Motivations et épisodes de l’invasion de Badr

–          Mahomet et la traite des captifs

–          Daech et les captifs entre l’égorgement et la rançon

–          Mahomet et les brigands

–          Daech et les brigands 

  1. Daech ressuscite le patrimoine islamique : Rapt, massacre, expulsion, destruction

–          Daech et le massacre de Spyker

–          Mahomet se débarrasse des tribus juives

–          Mahomet égorge les hommes les Banou Qorayza

–          Daech imite Mahomet dans l’égorgement

–          Mahomet et ses compagnons se partagent les femmes

–          Daech imite Mahomet dans le rapt des femmes

–          Mahomet, un envahisseur jusqu’à la dernière minute de sa vie 

  1. Daech et le djihad : l’invasion, un devoir islamique

–          L’épée de Mahomet plus efficace que son Coran

–          Le djihad, source de revenus en islam

–          L’islam et la culture de la mort

–          L’Occident et la culture de la vie

–          L’islam dénigre la vie sur terre

–          Les séductions dans l’au-delà et l’incitation au djihad

–          Le djihad et le sexe 

  1. Le califat, un rêve devenu cauchemar

–          La nostalgie du passé et le califat

–          Les racines du califat et du conflit

–          Les textes incitatifs au rétablissement du califat

–          Daech et la déclaration du califat

–          Les conditions requises pour un calife

–          Le califat entre le passé et le présent

–          Les régimes et les peuples musulmans face à l’obsession du califat 

  1. Daech et Mahomet. L’égorgement et l’autodafé, un devoir sacré

–          Y a-t-il un lien entre l’égorgement et l’islam ?

–          L’islam et la coupe des têtes

–          Daech applique les châtiments de la charia (al-hodoud)

–          Châtiment du voleur : amputation de la main

–          Châtiment d’al-hirâba

–          Châtiment de la flagellation

–          Châtiment de la lapidation

–          Châtiment terrible des homosexuels

–          Châtiment de l’autodafé

–          Invention de châtiments par Daech et Mahomet 

  1. « Je suis Charlie… Je suis Mahomet »

–          Charlie Hebdo et la liste des cibles

–          Textes islamiques exhortant à l’assassinat de quiconque critique Mahome

–          Les États islamiques entre religion et hypocrisie politique

–          Critiquer Mahomet est une ligne rouge. Le contrevenant est passible de la peine de mort.

–          Consensus à propos de la condamnation à mort de celui qui « insulte le prophète »

–          Interdiction de critiquer Mahomet sous prétexte des lois relatives à la diffamation des religions

–          Terroriser quiconque critique le prophète de l’islam 

  1. « Notre rendez-vous à Dâbiq ». Daech et les derniers jours

–          Des prophéties islamiques régissent la conscience des musulmans

–          Dâbiq et la grande épopée

–          Dâbiq et le rêve de l’invasion de l’Occident

–          Les textes des prophéties islamiques font partie de la propagande de Daech

–          Les lionceaux du califat et le djihad

  1. « Paris avant Rome ». Les attentats suicides sont-ils licites ou illicites ?

–          Le terrorisme frappe Paris

–          Le communiqué de Daech à propos des attentats de Paris

–          « Paris avant Rome »

–          Les réactions des musulmans

–          L’Islam se répand-t-il davantage après chaque attentat terroriste ?

–          Des interrogations doctrinaires concernant les attentats-suicides

–          Les auteurs des attentats de Paris et l’identité religieuse

–          L’attentat de San Bernardino en Californie

–          Les motivations de ces attentats entre religion et décence politique 

  1. Croisement de routes. Justifications et solutions

–          Un dieu sans cœur

–          Les bons musulmans et l’islam

–          Daech représente-t-il un milliard et demi de musulmans ?

–          Le bon diagnostic est le début des solutions

–          Le terrorisme et la théorie du choix rationnel

–          Forcer les États islamiques à respecter les droits de l’homme

–          Refonte des programmes d’enseignement dans les pays musulmans

–          Faire face à la politique ambivalente dans les pays musulmans

–          Encourager la réforme religieuse

–          Assainir l’information dans les pays musulmans

–          Incrimination du « takfîr »

–          L’intolérance avec les terroristes à cause de leur islam

–          Contrôle des fonds des associations musulmanes

–          Cesser de défendre l’islam

–          La vérification et le choix des migrants

 Épilogue : Mon conseil au lecteur musulman

(On peut commander ce livre au : FNACF, 5 rue d’Arcueil, 92120 Montrouge. T. 06 36 35 32 52).

Malek Sibali

Un livre choc

Daech et l’islam. L’analyse d’un ex-musulman

Editions Water Life Publishing et FNACF
Avril 2017, 432 p. (25 €)


http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 13/04 05:43
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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Frère Rachid, l’apostat le plus notoire au 21ème siècle, interviewé par un journal égyptien
#18

Frère Rachid, l’apostat le plus notoire au 21ème siècle, interviewé par un journal égyptien

Jamais un média arabe n’a parlé du Frère Rachid que pour le dénoncer, l’insulter, le condamner et publier des fatwas incitant à sa persécution et son assassinat. Or, c’est la première fois qu’un journal égyptien, Ach-Choura (Le Conseil), ose l’interviewer. Dans son édition du 10 avril 2017, deux journalistes de ce journal, Ahmad Al-Sayyid et Haytham Saïd, franchissent le Rubicon et l’interrogent sur son parcours de l’islam au christianisme, l’athéisme, ses premiers contacts avec des chrétiens, la raison de sa critique de l’islam, son attitude vis-à-vis d’Islam Bahiri, son nouveau livre « Daech et l’islam », les rapports entre al-Azhar et le terrorisme, etc. En voici quelques extraits traduits de l’arabe en français.

La conversion au Christianisme

Q: Comment avez-vous renoncé à l’islam et embrassé le christianisme ?

R: Mon contact avec le christianisme a débuté à l’âge de 12 ans. En ce temps-là, j’écoutais la chaine, « Trans World Radio ». Cette radio occidentale diffusait un programme présentant « Jésus d’un point de vue chrétien ». Ce fut la première fois que j’entendais le nom de « Jésus » et pas « Issa ».

Au passage, je voudrais signaler que chez nous au Maroc, il n’y a pas de communauté chrétienne locale comme chez vous en Égypte. C’est pourquoi, nous ne savions grand-chose sur le christianisme, si ce n’est que ce qui est dit dans les textes religieux islamiques.

Suite à l’écoute de cette émission, j’ai entamé une correspondance avec ses animateurs pour leur dire que leur discours était truffé d’erreurs. Car, le Coran nous dit que le Christ est un simple prophète et pas un Dieu incarné. « Ils ne l’ont ni tué ni crucifié; mais ce n’est qu’un faux-semblant, » selon la sourate 4, verset 157. J’ai ajouté qu’un autre prophète est venu après lui, c’est Mahomet, et que l’Islam a abrogé le christianisme dont on n’a plus besoin.

Je voulais ainsi défendre ma religion, mes convictions et illustrer la supériorité de notre islam dans ce débat que j’ai entamé.

Cette correspondance a duré plusieurs mois. Elle m’a permis par la suite de découvrir que je ne savais du christianisme que des choses erronées et que sa connaissance sérieuse et raisonnable nécessitait une lecture comparée d’un bon nombre de références. C’est alors que j’ai commencé au collège, puis au lycée, à poursuivre l’étude de la croyance chrétienne par correspondance. Cela m’a permis de comprendre que les croyances qui constituaient pour moi des postulats irréfutables, inébranlables, ne l’étaient pas en réalité. En effet, la négation par l’Islam de la crucifixion du Christ, de sa divinité, ainsi que le fait d’accuser les Chrétiens d’avoir falsifié ou corrompu l’Évangile, ne pouvaient pas être traités avec tant de naïveté et de légèreté.

Ces thèmes m’ont donc conduit à une réflexion objective me permettant de favoriser la vision ou l’attitude chrétienne dans les questions conflictuelles entre l’Islam et le Christianisme.

Suite aux conclusions tirées de ma recherche et de ma réflexion j’ai été en proie à un conflit interne très difficile et une souffrance psychique angoissante. C’est ainsi que je me suis trouvé face à deux options : soit abandonner l’Islam et embrasser le Christianisme en raison des résultats auxquels j’étais parvenu, soit ignorer l’impact de ces comparaisons effectuées et vivre toute ma vie dans l’hypocrisie : chrétien dans la pensée et les convictions, et musulman en apparence.

Refusant d’être inconséquent avec ma conscience et ma conviction, j’ai décidé d’abandonner l’Islam, d’embrasser le christianisme, et d’endosser les conséquences de cette décision.

Q: Y a-t-il un fait précis qui vous a forcé le plus à quitter l’islam ?

R: En effet, aucun fait particulier n’a contribué à mon abandon de l’Islam. En réalité, j’ai aimé l’islam de tout cœur et avec dévouement. J’aimais et j’aime toujours mon père et ma mère. Je voulais toujours les satisfaire de toutes mes forces. J’aimais le statut social de mon père qui était l’imam de notre village, lui qui jouissait d’un respect inouï dans son milieu. Il aimait Dieu et voulait tout faire pour le satisfaire. Quant à mon abandon de l’Islam, il est uniquement dû au conflit intellectuel au moment où je faisais la comparaison entre le Christianisme et l’Islam, et à rien d’autre.

Q: Vous évoquez un conflit intellectuel qui vous a perturbé. Voulez-vous nous en donner un fait concret comme exemple ?

R: Bien entendu, je peux évoquer l’exemple de la crucifixion de Jésus Christ. L’Islam dit qu’il n’a pas été crucifié et qu’un autre individu l’a été à sa place. En revanche, le Christianisme affirme qu’il a été crucifié. Si on accepte l’assertion islamique, alors nous serons forcés de reconnaître :

Premièrement, que Dieu lui-même a réalisé la procédure du faux-semblant.

Deuxièmement, que ceux qui ont écrit l’Évangile, ont décrit ce qu’ils ont vu.

En effet, ils ont vu un individu qui ressemblait au Christ, croyant qu’il était le Christ lui-même. Par conséquent ils étaient fidèles dans leur description. Alors pourquoi faut-il accuser les chrétiens d’avoir cru et de croire toujours que le Christ a bien été crucifié ? Donc, celui qui les a trompés, c’était Dieu lui-même. Or, à Dieu ne plaise qu’il fasse de pareilles choses. Dans ce cas, nous nous trouvons devant un dilemme : soit le Christ a été effectivement crucifié, soit Dieu est responsable de l’égarement des Chrétiens (et des Juifs), en leur faisant croire que le crucifié était Jésus de Nazareth, alors qu’il ne l’était pas en réalité

En effet, le récit islamique ne résiste pas devant la vérification, la clarification et l’approfondissement. Les chrétiens disposent de documents historiques qui confirment que le Christ a été crucifié et dont les auteurs n’étaient pas chrétiens, comme l’historien et sénateur romain Tacitus (58-120), l’écrivain satiriste Lucien de Samasote (120-180), l’historien juif Titus Flavius Josephus (37/38-100), et tant d’autres. Que dire aussi des auteurs des Évangiles ? N’étaient-ils pas plus proches dans le temps et l’espace des évènements que le Christ a vécus sur terre ? Par conséquent, Il serait irraisonnable et inconcevable d’accepter un document paru au VIIe siècle et de rejeter des documents qui datent du premier siècle de l’ère chrétienne.

En outre, la science des archives accorde la crédibilité aux documents les plus anciens et les plus contemporains d’un évènement. Il sera alors absurde d’y insérer la foi sans preuve tangible. Donc, la mort du Christ est confirmée si on se réfère aux documents de l’époque. Par conséquent, le récit de la ressemblance ne tient pas devant les preuves.

L’athéisme

َQ: Pourquoi n’êtes-vous pas devenu athée et avez-vous choisi l’adhésion au Christianisme ?

R: L’idée de l’athéisme m’a longtemps taraudé, au moment où j’ai vécu un conflit interne très pénible. Au début, je voulais me libérer de toutes les religions. Lorsque j’avais perdu confiance en ma religion de naissance, il ne m’était plus facile d’avoir confiance en une autre. Alors, j’ai souvent pensé devenir athée, mais cela n’était pas possible, puisque j’étais un homme qui croyait et croit toujours en l’existence de Dieu et à des valeurs supérieures absolues. L’idée de l’inexistence d’un créateur m’horrifiait. Elle signifiait que nous menions une vie absurde sans finalité. L’athéisme c’est l’absence totale de valeurs absolues en matière du bien et du mal, ce qui implique que tout est relatif selon le consensus des gens. Or, on sait bien que les gens s’accordent très souvent pour exercer la tyrannie, la répression et l’injustice. Si le bien absolu ou le mal absolu n’existait pas, nous ne pourrions plus juger quoi que ce soit, puisque ce que je considère moi-même comme un mal, un autre y voit un bien.

Alors, j’ai choisi le Christianisme parce que je me suis attaché à la personne du Christ. J’ai découvert en Lui ce que je cherchais : un modèle de paix, d’amour, professant des enseignements remarquables sur la charité et le sacrifice en faveur des autres. Il a servi ses adeptes avec sincérité. Il s’est dévoué pour sa cause. Je me suis épris d’amour pour Lui. Pour cette raison, j’ai décidé de devenir un de Ses disciples et de suivre Ses enseignements.

Premiers contacts avec des chrétiens

Q: Voulez-vous nous expliquer votre premier contact avec le Christianisme et nous dire qui vous a aidé au début pour choisir cette religion ?

R: J’ai choisi le christianisme par correspondance. Ceux qui m’ont aidé dans ce choix étaient des chrétiens arabophones animateurs du programme « Trans World Radio ». Par la suite, ils m’ont mis en contact avec un missionnaire américain qui vivait au Maroc et que j’ai rencontré à Casablanca. Grâce à lui, j’ai fait la connaissance d’un groupe de jeunes chrétiens marocains qui se rencontraient discrètement dans ce qu’on appelait « les églises à domicile », car le gouvernement marocain n’autorisait pas les citoyens marocains à aller dans les églises propres aux étrangers, puisqu’il ne reconnait pas par principe l’existence de chrétiens marocains d’origine musulmane. De tels cas font partie de l’apostasie dans la vision de la société musulmane comme dans celle du gouvernement. Par conséquent, ils étaient contraints de se réunir ou de se rencontrer discrètement.

Suite à ces contacts avec les Marocains chrétiens, j’assistais régulièrement à leurs réunions. Ainsi ai-je appris que de nombreux autres groupes similaires existaient dans tout le pays. Le Christ était le dénominateur commun de ceux qui sont originaires de l’Islam. Alors, nous avions commencé à s’organiser entre nous et à œuvrer pour la liberté de conscience et pour notre droit en faveur du choix de la religion qui nous convient.

Critique de l’islam

Q: Quel est la raison de votre attaque féroce contre l’islam, d’autant plus que les athées exploitent votre discours pour promouvoir cette critique ?

R: D’abord, je voudrais exprimer ma réserve à propos de deux expressions que vous venez d’utiliser dans votre question : « attaque » et « féroce ». Moi, je n’attaque personne. Le mot « attaque » signifie avoir recours à la violence et suppose aussi l’usage de méthodes et de moyens non intellectuels et inhumains. Or, ce que je fais s’inscrit dans le domaine de la critique, alors que la différence de sens entre « critique » et « attaque » est énorme. Par contre, si on considère la critique comme une attaque intellectuelle contre des idées et des croyances, alors, cela devient possible. Cependant, je crains qu’on comprenne à travers votre question une incitation à la violence comme à la haine, c’est ce que je rejette formellement. Je ne l’accepterai jamais sous aucun prétexte.

En revanche, la critique des religions est un des droits de l’homme. Les musulmans critiquent le Christianisme et considèrent l’Évangile comme un livre falsifié. Ils disent : « Certes sont mécréants ceux qui disent : “Allah, c’est le Messie, fils de Marie!” » (Coran 5,17). Ils disent aussi : « Ils ne l’ont ni tué ni crucifié; mais ce n’était qu’un faux-semblant. » (Coran 4,157)… En dépit de tout cela, ils ne considèrent pas un tel discours comme une attaque contre le Christianisme. Alors, lorsque je critique l’Islam de cette manière, pourquoi considèrent-ils ma critique comme une « attaque » et les qualifient-ils de « féroce » ?

Q: Alors, pourquoi critiquez-vous l’Islam ?

R: Je le critique pour différentes raisons. D’abord, parce que ma première expérience fut celle de l’islam et pas celle d’une autre religion. Cette expérience m’a forcé à faire une nouvelle lecture de l’islam, mais dans la vision de celui qui n’y croit pas, tout en étant encore dedans, et avant de devenir chrétien. Je ne pouvais pas croire que ma religion était erronée. C’est pourquoi, j’ai relu la biographie de Mahomet (qu’on appelle la Sira) maintes fois. J’ai décortiqué tous les traités de l’exégèse. J’ai relu le Coran de nouveau. Alors, j’ai commencé à observer, avec une autre optique, les invasions et les guerres de Mahomet, le rapt et la captivité des femmes, la haine à l’encontre des juifs et des chrétiens. Par conséquent, après ma conversion au Christianisme, j’ai décidé d’analyser les enseignements qui motivent notre sous-développement, notre haine des juifs, des chrétiens, de l’Occident, des mécréants, nos imprécations dans la prière contre l’autre, dans les invocations et les qunout (Ndt. une pratique qui consiste à se mettre longtemps en état de prière et à prononcer des paroles discrètement ou à haute voix). Ce sont les mêmes textes qui sont la cause de notre perturbation mentale et qui nous conduisent à rêver que nous allons gouverner le monde entier et envahir toute l’humanité pour répandre l’islam sur la terre entière. Ces textes nous disent aussi qu’un jour nous allons vaincre les juifs qui, par crainte de notre puissance, se cacheront derrière un rocher ou des arbres, et que ces arbres vont les dénoncer et nous appeler pour venir les tuer et se solidariser avec nous pour la victoire finale des musulmans.

J’ai découvert moult autres enseignements incompatibles avec la raison et l’esprit du vivre ensemble, de la tolérance et des droits de l’homme.

D’autre part, l’islam ordonne qu’on me tue, car je suis un apostat selon ses enseignements. N’enseigne-t-il pas : « Celui qui change sa religion, tuez-le. » ? Faut-il se taire face à une religion qui rend licite l’effusion de mon sang, qui me prive de mon droit de choisir ce qui me convient ? L’islam cherche à m’empêcher de le critiquer et considère tout individu qui le critique comme ennemi d’Allah et de son apôtre. Celui qui insulte Mahomet mérite la mort selon toutes les écoles juridiques en islam. Est-il raisonnable de se taire face à une religion qui veut me tuer, uniquement parce que j’ai exprimé mon point de vue publiquement ? L’Islam critique les enseignements du Christianisme et accuse les chrétiens de mécréance, de polythéisme, et de corruption de l’Évangile. En tant que chrétien dois-je accepter ces accusations sans y répondre ? De nombreux musulmans ont des questions à poser et des interrogations concernant l’Islam, mais ils ne peuvent pas le faire. Moi, j’ai brisé le tabou de l’interdiction, surmonter le complexe de la peur. J’encourage tous les musulmans à réfléchir, à s’interroger.

Par ailleurs, je n’ai rien contre les athées qui utilisent mon discours et le diffusent. Je m’en réjouis s’ils le font, car, c’est mon objectif. Il faut que ce discours soit diffusé le plus large possible. Les idées ne sont le monopole de personne.

Islam Bahiri

Q: Que pensez-vous d’Islam Bahiri[1], ce chercheur et homme de médias égyptien, qui a critiqué le patrimoine islamique ? Avez-vous un conseil à lui adresser ?

R: Islam Bahiri est un chercheur ambitieux, militant, audacieux. J’admire ses qualités. Sa critique du patrimoine islamique s’avère remarquable. Il pose moult questions qui incitent les gens à la réflexion critique. Par contre, il me semble qu’il s’est arrêté à mi-chemin devant les lignes rouges qu’il n’a pas osé franchir. Il a mis tout le patrimoine en question. Il a critiqué Bukhari[2], Muslim[3], les doctes de la loi islamique, les rapporteurs, les narrateurs, les exégètes. Mais il s’est tu devant le Coran, ce tabou « intouchable », car il sait bien que le fait de l’effleurer, d’une manière ou d’une autre, signifie la fin de sa croyance ou plutôt de sa foi en l’islam.

Islam Bahiri n’a abordé ni la vie de Mahomet ni le Coran. Il sait bien que la critique du patrimoine islamique et de ceux qui nous l’ont transmis de façon indirecte, mettra en cause le Coran et la biographie du Prophète. Les rapporteurs des Hadiths sont les mêmes qui nous ont transmis le Coran et la biographie en question dite la Sira. Si les Hadiths ne sont pas authentiques, qui pourra alors nous garantir que le Coran a été transmis de façon authentique ? Qu’y a-t-il d’authentique et de faux dans la Sira de Mahomet ? À mon sens, Islam Bahiri est sélectif ; il choisit ce qui lui plaît dans le patrimoine et occulte ce qu’il lui déplaît, sans respect des critères scientifiques.

Si les anciennes interprétations du Coran étaient fausses, qu’est-ce qui peut nous garantir que l’interprétation de Bahiri serait la bonne ? Je voudrais lui dire qu’il doit utiliser son courage, sa critique à l’encontre de tout le patrimoine islamique, y compris celle du Coran et de la biographie du prophète de l’islam. S’il respecte dans sa recherche des normes scientifiques rigoureuses, il aboutira à des résultats totalement différents de ce qu’il a tiré ou découvert jusqu’alors.

Je lui conseille de quitter l’Égypte. Personne n’a pu jusqu’alors critiquer l’islam de l’intérieur d’un pays musulman. Je regrette de dire qu’Islam Bahiri sera amené de choisir : soit continuer son parcours à partir de l’Égypte et être muselé dans une prison ou d’une autre manière, soit subir le même sort que Farag Fouda[4]. En tout cas, je lui souhaite la poursuite de son combat en dehors de l’Égypte.

Daech et l’islam

Q: Voulez-vous nous parler de votre nouveau livre intitulé « Daech et l’islam. L’analyse d’un ex-musulman » ? Quelles sont les grandes lignes de son contenu ?

R: Comme son titre l’indique, ce livre[5] répond à une question que tout le monde pose : « Daech a-t-il un rapport avec l’islam ou non ? » En effet, j’ai effectué une comparaison très méticuleuse entre l’histoire de l’islam selon les références islamiques officielles, et l’histoire de Daech. J’ai vérifié comment l’islam et Daech ont-ils émergé et appliqué leurs enseignements sur le terrain. Puis, j’ai examiné toutes les théories qui expliquent le terrorisme, notamment celle qui est la plus proche du phénomène de Daech. J’ai passé en revue toutes les preuves que les musulmans avancent lorsqu’ils cherchent à écarter ou à dédouaner Daech de l’islam. J’ai aussi analysé les raisons qui ont conduit Daech et al-Qaëda à perpétrer des attentats en Occident, comme à Paris, à San Bernardino, contre Charlie hebdo, et d’autres… C’est un livre global et quasi exhaustif qui comprend tout ce qui pouvait être dit sur Daech et l’islam.

Tout au long de ce travail, je me suis efforcé de respecter au maximum l’esprit académique dans la manière de poser les questions, dans l’analyse des faits, dans la vigilance absolue quant aux références, dans la précision scientifique des documents dépouillés, et ce, conformément aux normes des recherches scientifiques appliquées dans les universités occidentales.

Attaquer l’Islam

Q: Vous avez créé un nouveau site électronique pour attaquer l’islam. On vous reproche d’être appuyé par ceux qui rejettent l’islam, notamment les Coptes de l’étranger. Est-ce vrai ?

R: D’abord, mon site n’est pas réservé à l’attaque de l’islam. Mon site reflète mes idées, ma vision, mes convictions. Je suis un militant pour promouvoir le droit de critiquer les religions, notamment l’islam, car c’est la seule religion qui cherche à interdire la critique par l’intimidation et la loi relative à « la diffamation des religions ». Je milite pour le droit de l’individu à croire en ce qu’il veut. Je défends la liberté de croyance, les libertés personnelles. Je défends les minorités chrétiennes persécutées au Proche-Orient. Ce sont mes préoccupations. C’est pourquoi je publie les écrits de tout individu qui traite l’un de ces thèmes.

Quant aux chrétiens égyptiens vivant à l’étranger, ils jouissent de plus de liberté d’expression que les chrétiens à l’intérieur de l’Égypte. Alors certains écrivains coptes bien connus publient leurs essais sur mon site. Je confirme encore une fois que ce site n’est subventionné par aucun copte, mais j’accueille tout copte qui souhaite enrichir ce site par ses écrits, comme j’accueille avec grand plaisir des écrivains marocains, koweïtiens, bahreinis, etc. J’invite quiconque souhaite y participer avec ses écrits et ses critiques, mais dans un cadre de politesse et de respect mutuel.

Je voudrais aussi signaler que de nombreux musulmans vivant en Égypte souhaitent écrire sur mon site, mais ils n’osent pas le faire, par crainte d’être accusés du délit de diffamation des religions.

Al-Azhar et le terrorisme

Q: Comment jugez-vous la position de l’institution islamique d’Al-Azhar face au terrorisme ? Est-elle vraiment la cause de la propagation de ce fléau ?

R: L’institution islamique d’al-Azhar professe, bien entendu, des enseignements islamiques dont une grande partie ne convient pas à notre monde moderne. À titre d’exemple, Al Azhar enseigne le châtiment du vol, qu’est l’amputation de la main. Si Daech ampute la main du voleur et annonce cela sur You Tube, le monde dira que c’est du terrorisme, alors que c’est enseigné à Al-Azhar et dans toutes ses écoles. Par contre, al-Azhar n’applique pas ce châtiment. Mais si l’occasion se présente, ou si un régime islamiste s’établit en Égypte et réclame l’application de ce châtiment, alors al Azhar sera le premier à l’appuyer.

En outre, cette institution enseigne que la lapidation est le châtiment prévu par la charia pour punir l’adultère, alors que la lapidation est inadmissible aujourd’hui, et considérée comme une action terroriste, barbare, inhumaine, donc condamnable. Mais Daech l’applique sur le terrain. Alors quelle est la différence entre al Azhar et Daech dans ce domaine, si le premier l’enseigne et ne l’applique pas, tandis que le second l’enseigne et l’applique ? Ce sont deux faces d’une même monnaie.

Al Azhar enseigne aussi que le châtiment de l’apostasie c’est la mort. En revanche, lors de sa visite récente en Allemagne, le cheikh d’al-Azhar y a déclaré que le châtiment de l’apostasie est inexistant dans le Coran. En effet, il a dévoilé la moitié de la vérité et occulté l’autre, qui est l’approbation par al-Azhar du châtiment de l’apostasie, même s’il ne figure pas dans le Coran, car il ne nie pas ce que disent les hadiths. Il les défend et approuve leur contenu et leur authenticité. À cet égard, cheikh al-Azhar a prononcé un discours très ambigu devant les Allemands, avec l’intention de leur faire croire que son institution est en faveur de la liberté de croyance et qu’il n’accepte pas le châtiment de l’apostasie. Ainsi a-t-il cherché à berner et à égarer les Allemands[6]. Il ne leur a pas dit ce que son institution enseigne réellement. Si al-Azhar enseigne qu’il faut tuer l’apostat et que Daech tue ceux qui sont considérés comme apostats, alors comment voulez-vous que j’innocente cette institution de l’accusation de propager le terrorisme et l’extrémisme ?

Il faut noter qu’al-Azhar enseigne aussi tant d’autres choses. Mais sachez bien qu’une goutte de poison dans un pot de miel suffit pour empoisonner tout le miel.

Haine de l’Islam et des musulmans ?

Q: Est-ce que vous haïssez l’islam et les musulmans ?

R: Je distingue toujours entre l’islam et les musulmans. D’abord, le musulman est un être humain comme tout le monde. Aujourd’hui il adopte une idée ou une idéologie et il est possible qu’il change sa vision le lendemain. Moi, j’aime tout le monde, notamment les musulmans, puisque la plupart de mes proches le sont toujours et j’ai de bonnes relations avec de nombreux amis musulmans. Nous sommes persuadés que nos relations amicales sont plus importantes que nos différences idéologiques. Le lien entre un homme et un autre demeure au-dessus de l’idéologie, car l’homme est plus important que l’idéologie.

Quant à l’Islam, je ne l’accepte pas, ni comme religion ni comme idéologie. Toute religion est somme toute un ensemble d’idées et de croyances. Quant à la croyance, nous avons le droit de la rejeter, de la critiquer, de la changer et même de la haïr. Par exemple, le polythéisme est une idéologie. Si vous demandez à un musulman : Est-ce que vous aimez le polythéisme ? Il vous répondra : Non, je le hais. Quelqu’un va-t-il lui reprocher de haïr ou de rejeter une idée ? La divinité du Christ est une idée et une croyance. Si vous demandez à un musulman : est-ce que vous aimez la croyance concernant la divinité du Christ ? Il vous dira : Non, je la hais. Ce musulman a-t-il le droit de haïr les idées et les croyances des autres et d’interdire aux gens de haïr les siennes ? Bref, moi j’aime les musulmans, mais je n’accepte pas l’islam.

En revanche, mon amour des musulmans ne signifie pas que je dois accepter leurs idées et leurs croyances, comme il ne faut pas accuser quiconque de haine du fait d’avoir critiqué, examiné, douté ou rejeté notre croyance en privé ou en public. Vous pouvez aimer les gens sans être contraint d’accepter leurs idées que vous jugez inadéquates ou invalides.

Q: Est-il possible pour vous de retourner un jour à l’islam ?

R: Je ne crois pas que je pourrai y retourner après avoir connu toute sa vérité de l’intérieur. Je l’ai étudié dans tous ses détails. Chaque épisode de mon émission à la télévision Al Hayat est un sujet de recherche et de vérification approfondie sur l’islam. Si j’avais le moindre doute que c’était une religion révélée par Allah, je ne l’aurais jamais quittée. Or depuis que je l’ai abandonné, ma vie est devenue meilleure. À vrai dire, je me suis réconcilié avec moi-même, avec ma conscience, et j’ai la pleine conviction que je me suis libéré d’un lourd fardeau. Il m’est certainement impossible d’y retourner un jour.

Q: Ayant maintenant une connaissance approfondie de l’islam et du christianisme, quel est, à votre avis, le principal point de divergence entre ces deux religions ?

R: La base du christianisme c’est l’amour. Dieu a créé l’homme à son image. Il veut l’aider à vaincre le mal, à le sauver, parce qu’il l’aime de façon indescriptible. C’est pourquoi il incombe aux chrétiens de diffuser le message de l’amour par la parole comme par l’action au monde entier.

Quant à l’islam, il part d’une idée qu’un dieu, dit Allah, est le gouverneur absolu. Il n’a créé les êtres humains que pour l’adorer. Pour cette raison, ils doivent obéir à ses ordres et éviter ses interdictions, dans l’intention de leur accorder le pouvoir de gouverner la terre, d’y imposer, bon gré mal gré, sa religion, de combattre les autres religions, afin d’éviter la sédition.

Message aux musulmans et aux chrétiens

Q: Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux musulmans et aux chrétiens dans le monde ?

R: Mon message aux uns et autres, c’est d’accepter la culture de la différence et celle de la critique, de favoriser entre nous humains, un climat d’amour et de respect réciproque. Si la croyance du chrétien diffère de celle du musulman, celui-ci n’a aucun droit ni raison de haïr l’autre, et vice versa. En somme, nul n’a le droit de condamner ou plutôt de « mécréaniser » un autre, de l’intimider, de l’horrifier, de l’humilier à cause de sa doctrine ou sa croyance. Nous sommes tous égaux, alors que la croyance ou la doctrine demeure un sujet de discussion et de différence. Si nous parvenons à surmonter les différences, à accepter la critique avec un esprit large, alors, nous serons en mesure de réaliser une grande avancée vers le progrès, le vivre ensemble et le bien-être des uns et des autres.

Texte traduit par Maurice Saliba

[1] Islam Bahiri (ou Behiri), jeune chercheur égyptien, président du Centre des Recherches islamiques à la fondation Al Youm al Sabeh (Le Septième Jour) au Caire, présentateur de l’émission Avec Islam Bahiri à la chaine satellitaire Qanat al Qahira wan-nass. L’institution Al-Azhar a critiqué son émission et le contenu des sujets traités, sous prétexte de « diffamation des religions » et réclamé sa traduction devant la justice. En mai 2015, il a été condamné en première instance à cinq ans de prison, mais la Cour d’Appel a réduit en décembre 2015 cette peine à un an.

[2] Bukhari (810-870), Abou Abdallah Muhammad al-Bukhari, compilateur des hadiths du prophète Mahomet, réunis dans six grands recueils intitulés Sahih al-Bihlari (l’Authentique d’al-Bukhari). Les musulmans considèrent l’ensemble de ces recueils comme étant le plus authentique après le Coran.

[3] Muslim Ibn al-Hajjaj (821-875), compilateur d’une deuxième collection de hadiths les plus authentiques intitulée Sahih Muslim.

[4] Farag Fouda (1946-1992), écrivain, chroniqueur et militant des droits de l’homme égyptien, a été assassiné le 9 juin 1992 par les islamistes au Caire.

[5] Daech et l’islam. L’analyse d’un ex-musulman. (Ce livre est sorti en arabe en juin 2016. Une version française vient d’être éditée en avril 2017 par Water Life Publishing en collaboration avec la FNACF en France. La version anglaise sera éditée en été 2017 aux États-Unis.)

[6] Note du traducteur : C’est le même double discours que tiennent en France les doctes accrédités auprès des médias, tels Khaled Bencheikh, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur, etc.


Sami Aldeeb


http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 29/05 11:22
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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