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[France] Des agriculteurs au bord de la crise de nerfs
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Jacquerie

Dommage que les agriculteurs ne puissent pas faire la grève du lait, du blé
ou de tout autre produit agricole et agroalimentaire en ciblant nos gouvernants.

Une centaine de producteurs de légumes ont incendié, dans la soirée du 19 au 20 septembre, les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) et le centre des finances publiques de Morlaix. Ils ont également fortement endommagé le tablier du pont de la voie express. Les dégâts sont estimés à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Naturellement, c’est le contribuable qui paiera la facture. Même s’ils devaient être condamnés, les agriculteurs ne paieront plus :ils n’ont plus le sou et c’est d’ailleurs la raison de leur colère. La grande majorité d’entre eux se lèvent tous les matins, généralement de bonne heure, pour travailler parfois 70 heures par semaine et ne retirer au final que 600 euros de revenus par mois !

Ils pestent contre l’embargo russe qui les pénalise, mais aussi contre la pression des grandes surfaces qui réclament sans cesse des produits de bonne qualité à des prix défiants toute concurrence. Les grandes enseignes se défendent elles-mêmes en disant qu’elles ne font que répondre aux attentes des consommateurs, c’est-à-dire vous et moi ! Vous avez dit schizophrénie ? En effet, par son attitude, le consommateur français n’est-il pas en train de faire mourir son agriculture, de couper la main qui le nourrit ?

La colère et l’exaspération grandissante d’une poignée d’agriculteurs qui ne pèsent plus rien dans le corps électoral mais dont l’influence reste socialement et politiquement importante n’excusent pas tout. En ce sens, le Premier ministre a raison de condamner cette flambée de violence et d’annoncer des poursuites judiciaires, car force doit rester à la loi. Il faudrait aussi que force reste à la loi dans d’autres domaines (Immigration, trafics, fraudes fiscales…) mais c’est un autre débat.

Dans cette affaire, toute la question est de savoir s’il est normal que l’agriculteur ne puisse pas fixer lui-même son prix de vente. Vous voyez PSA-Citröen ou Renault se faire imposer un prix de vente pour ses voitures ? Vous voyez aussi Boucheron,, Van Cleef & Arpels, obligés de produire des rivières de diamants à 100 euros pièce pour satisfaire le vulgum pecus ? Certes, l’échalote n’est pas le « Bleu Moon » et il faut savoir raison garder. Mais un producteur d’échalote qui vend sa production 6 centimes le kg et la retrouve en grande surface à 3,5 € les 500 g, soit 7 euros le kg, il y a de quoi être énervé. D’autant que le produit n’a subi aucune transformation entre l’arrachage et la vente ! Ce qui fait dire à la maire UMP de Morlaix qui condamne la violence mais comprend le désarroi des agriculteurs : « Ils se sentent méprisés. (les politiques) sont absents. (Les agriculteurs) ont une cause juste ».

La société, si elle rejette cette violence, devient de plus en plus compréhensive sur ce phénomène. En France, il n’existe guère plus que le recours à cette extrémité pour se faire entendre et aussi comprendre. Passé le stade du député (certains, pas tous), les politiques semblent devenus autistes au désarroi de leurs concitoyens. Ils semblent comme enfermés dans leur tour d’ivoire. Dommage que les agriculteurs ne puissent pas faire la grève du lait, du blé ou de tout autre produit agricole et agroalimentaire en ciblant nos gouvernants. Les affamer (un temps), leur faire peut-être mieux comprendre l’utilité quotidienne des agriculteurs.



Henri Saint-Amand
Consultant


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Publié le: 21/09/2014 17:34
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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