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L’Apôtre, ou la prière sauvage de Cheyenne Carron – sortie le 1er octobre
#1

Affiche - L’Apôtre, ou la prière sauvage de Cheyenne Carron

Synopsis :

Akim, un jeune musulman appelé à devenir imam, voit son identité bouleversée alors qu’il est touché par l’amour du Christ… Dans un chaos familial qui l’oppose à son frère, Akim tentera de se faire accepter par les siens.

Critique :

À l’heure où le conflit de civilisation s’accentue hélas de manière inéluctable, L’Apôtre de Cheyenne Carron pouvait résonner comme une ultime provocation. Avec cette histoire d’une conversion musclée d’un jeune musulman au catholicisme, le film comportait un vrai risque, tant pour le sujet que dans son approche, au point de se demander si la réalisatrice de Ne nous soumets pas à la tentation (2011) réussirait à concilier son style déjà bien trempé avec l’univers de l’islam. Deux virilités à l’œuvre, en somme, laissaient présager une rencontre à tout le moins électrique.

Fort heureusement, la toute jeune baptisée emporte l’adhésion en orientant avec intelligence son panache créateur au service d’un drame poignant et charnel, primé dès cette année, à juste titre, au Festival du Vatican, Mirabile Dictu, le Festival international du film catholique... mais boudé injustement par les salles françaises – la seule à ce jour qui le projettera dès le 1er octobre prochain sera Le Lincoln (14 rue Lincoln – 75008 Paris).

L'Apotre de Cheyenne Caron

Il est vrai portée par des acteurs tous impliqués et attachants, Cheyenne Carron nous propose une œuvre juste et racée, ennemie de la tiédeur. Le plus difficile aura été d’entretenir une véritable progression psychologique, où le « coup de foudre » mystique éclate à l’écran, laissant le surnaturel nourrir cette âme corsetée par son éducation religieuse. On découvre combien le puritanisme musulman impose une virilité outrancière, bricolée tant bien que mal face à la perte de repères d’un monde moderne en nette déliquescence.

Fabien (Nicolas Avinée), le garagiste, rappelle les personnages du néoréalisme italien ou de certains films de Fassbinder. Symbolisant, bien malgré lui, le Français de base déraciné qui ricane dès qu’on lui parle de religion, authentique post-moderne que la réalisatrice aborde sans hauteur, il est l’élément déclencheur, le témoin secret de la rencontre entre les deux mondes.

Loin des caricatures, la famille musulmane, quant à elle, nous est présentée avec une rare justesse : le père (Salah Sassi) ne se réfugie pas dans la piété zélée et sa femme (Norah Krief) ne s’inscrit pas dans la revendication identitaire, à la différence de Youssef (Brahim Tekfa) qui est le petit frère, ce qui accentue davantage sa recherche de virilité, très sourcilleux en matière de prescriptions rituelles. Au milieu de ces crises internes que les générations cristallisent, Akim (Faycal Safi), secondé par sa sœur (Sarah Zaher), est, comme tout Français né en milieu musulman, balancé entre une tradition musulmane souvent fantasmée et ce qu’il reste de la culture française.

Le film réserve de très grandes scènes aux accents tragiques en s’affranchissant de tout engagement prosélyte facile et racoleur. Surtout, on retiendra l’énergie évangélique que la réalisatrice réussit à déployer grâce à une nervosité savamment entretenue par le mystère du sacrifice, ce don de soi capable de mettre « la peau sur la table ». Ainsi, en confrontant, intérieurement et sous la peau, l’âpreté islamique à la fermeté évangélique, douce mais jamais mielleuse, à l’image de ce prêtre-apôtre, authentique priante vivante de ses propres bourreaux, Cheyenne Carron nous invite à « regarder la réalité en face » et à dépasser avec finesse, humour et véracité, le thé au miel et les contes des Mille et une nuits.

 

Ta bouche dort,

Tes yeux brillent,

Nous ne t’oublions pas.

 

Grand film. Grande dame.

Le Dvd en pré-vente sur son site


Cheyenne Caron - prix-RC1 - L'Apôtre

Cheyenne Caron - prix RC1

NDF






http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 01/10/2014 15:29
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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Re: L’acteur principal de “L’Apôtre” dénonce certaines critiques contre le film
#2

L'apôtre

Dans l’ensemble, les critiques du film L’Apôtre de Cheyenne-Marie Carron sont bonnes, voire excellentes – et même dans la presse qualifiée “de gauche”. Le succès est au rendez-vous : le public est nombreux à tel point qu’une deuxième salle va projeter ce film dès mercredi à Paris. Mais quelques médias se sont illustrés par un dénigrement qui est aussi un déni de réalité : ils n’ont pas vu véritablement le film qui est devenu, pour eux, prétexte à faire leur propre… cinéma ! Fayçal Safi qui tient, avec talent, le rôle titre de ce film, celui d’Akim, ne les a pas appréciés et a tenu à le faire savoir dans un court communiqué qu’on nous a autorisé à publier. Le voici.

    « J’ai lu quelques rares critiques qui accusaient Cheyenne Carron d’être allée chercher de l’argent en dehors du système. Malheureusement, Cheyenne n’a jamais été soutenue dans son cinéma par les circuits de financement public. Et comme nous adorons le cinéma nous faisons nos films envers et contre tous ! Quelques rares papiers accusent la réalisatrice de ne pas avoir choisi le sujet du film “innocemment”. En même temps c’est assez logique, car elle a été baptisée cette année et elle a voulu rendre hommage à son prêtre qui d’ailleurs est décédé il y a deux semaines ; ce film lui est dédié. Moi, en tant qu’acteur principal de ce film et de culture arabo-musulmane, je suis ouvert et heureux qu’on traite de sujets sensibles au cinéma et si ça peut faire progresser les choses alors c’est tant mieux ! Fayçal Safi ».

Observatoire de la Christianophobie






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Publié le: 11/10/2014 02:44
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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