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[Turquie] Le calife Erdogan va-t-il envahir le Kurdistan syrien ?
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Le président turc tient en tout cas son prétexte, qui pourrait aboutir à une terrible conflagration. Le tombeau de Suleyman Shah, enclave turque en territoire syrien, est à 25 km de la zone des combats entre l’Etat Islamique et les peshmergas kurdes. L’EI menace de faire sauter ce haut-lieu du nationalisme turc: une occasion rêvée pour les islamistes turcs d’Erdogan de régler le “problème kurde” en impliquant tout l’OTAN dans la “défense” de la Turquie!
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Syrie - combats de rue à Kobane

Kobane est une ville du Kurdistan syrien dont les faubourgs nord touchent la frontière turque. Devant les assauts de l’Etat islamique (EI), la plupart de ses 45.000 habitants (kurdes, arméniens, turkmènes et arabes) ont franchi les 300m qui les séparent de la Turquie pour y trouver un refuge précaire.

Les défenseurs kurdes sont désespérément seuls pour résister aux agresseurs islamistes alors que les chars et l’artillerie turques sont aux premières loges pour assister à la chute de ce nouveau Stalingrad. Les USA mis à part, les coalisés ne fournissent aucun appui aérien aux résistants kurdes livrés à eux-mêmes.

tombeau de Suleyman Shah

A 25 km au sud de Kobane , près de la localité syrienne de Sarrine, on trouve un bout de territoire turc de quelques hectares accueillant le tombeau de Suleyman Shah, le grand-père d’Osman Gazi Ier, fondateur de l’empire ottoman. Aux termes du traité de d’Ankara de 1921 signé par la France et les représentants des nationalistes turcs, l’enclave a été reconnue comme territoire turc. L’armée d’Erdogan y entretient une petite garnison de quelques soixante soldats. Le site est à portée des obusiers de 155mm M109 de l’artillerie turque, d’une portée de 40 km. Deux F-16 de l’aviation turque sont en permanence en stand-by, prêts à intervenir pour appuyer la garnison.

Mausolée de Suleyman Chah - Syrie

Les « Fous d’Allah » de l’EI ayant atteint la frontière turque, la garnison gardant ce tombeau est de facto encerclée par l’armée du califat. Le 20 mars 2014, via une vidéo sur You Tube, l’EI a menacé la Turquie de s’emparer du site si les soldats turcs ne s’en retiraient pas. En effet, selon la doctrine wahhabie, vénérer les restes de Suleyman Chah est un acte d’idolâtrie (shirk) contraire à la sharia. Curieusement, cette menace n’a pas été suivie d’effets.

Le 27 mars 2014, une réunion à laquelle participaient Hakan Fidan, responsable du renseignement turc, Ahmet Davutoğlu, ministre des affaires étrangères, Yasar Guler, vice chef des forces armées et d’autres membres des services de renseignement a été enregistrée à leur insu et postée sur You Tube. Selon cet enregistrement (traduit en français par Mediapart), l’intention de ces responsables était de mener une opération commando turque contre le mausolée et d’en attribuer la paternité à Al-Qaïda (et non à l’EI) pour obtenir un soutien inconditionnel des USA).

Extrait de la traduction de Mediapart : « Ahmet Davutoğlu: «Le Premier ministre a déclaré que, dans la conjoncture actuelle, cette attaque (aux alentours de la tombe de Suleyman Shah) doit être considérée comme une opportunité pour nous.

Hakan Fidan: Je vais envoyer quatre hommes depuis la Syrie, si c’est ce qu’il faut. Je vais faire une cause de guerre en ordonnant une attaque de missile sur la Turquie, nous pouvons également préparer une attaque aux alentours de la tombe de de Suleyman Shah si nécessaire. »

Le contenu de l’enregistrement a bien entendu été démenti (du bout des lèvres) par le gouvernement turc tandis que dans les heures qui ont suivi sa diffusion, Erdogan faisait fermer le service YouTube en Turquie.

Mis sous pression par les Etats-Unis, le gouvernement islamique d’Erdogan n’a pu éviter d’entrer à reculons dans la coalition contre l’EI sans pour autant manifester un empressement réel de transposer cet engagement dans les faits. Les défenseurs kurdes de Kobane en sont les malheureux témoins. Tout au plus a-t-il mis à disposition de cette coalition la base militaire d’Incirlik et promis une aide logistique.

Dans les faits, la lutte contre l’EI n’est pas une priorité pour Ankara : frapper l’EI, cela reviendrait à renforcer indirectement le PKK (Parti des Travailleurs kurdes) d’Ocalan alors que les buts de guerre d’Erdogan restent l’élimination de l’alaouite Bachar el Assad et la liquidation des indépendantistes/autonomistes kurdes. Et tant mieux si l’EI fait le sale boulot.

Erdogan plaide par contre pour la mise en place d’une zone tampon le long de sa frontière avec la Syrie et l’Irak officiellement pour « défendre les populations » menacées par l’EI. Officieusement pour mettre fin au flux de réfugiés (kurdes pour la plupart) qui ne sont pas les bienvenus en Turquie. Une telle zone-tampon permettrait à la Turquie de prendre le contrôle de territoires constituant le « Kurdistan » honni. L’exemple chypriote nous enseigne que la Turquie ne se retire pas de territoires conquis, même sous pression de l’europe et de l’ONU.

Reste à trouver un motif légitime pour pénétrer par la force en Syrie et y rester. Une attaque contre le mausolée de Suleyman Chah situé en territoire turc enclavé en Syrie justifierait largement pour l’opinion publique turque une invasion de quelques kilomètres. A l’occasion de la fête de l’Aïd, le président turc a assuré la garnison de l’enclave du soutien inconditionnel de la population turque et a déclaré vouloir défendre le territoire turc contre tout envahisseur à n’importe quel prix. Erdogan compte par ailleurs sur l’appui de l’Otan dont les membres ont l’obligation de soutenir tout allié faisant face à une attaque.

Les stratèges de l’EI ne sont pas des idiots et ils se garderont bien de donner à Ankara la corde pour les pendre. L’échange des otages turcs contre 180 jihadistes (dont un belge) détenus par les Turcs – alors que les otages occidentaux sont sauvagement assassinés – montre à suffisance leur aptitude à conclure des accords d’opportunité réciproques avec le gouvernement islamique turc. C’est donc dans ce cadre qu’il faut replacer l’acné nationaliste du néo-ottoman Erdogan et du scénario pervers imaginé par son retors ministre des affaires étrangères.

Ce scénario laisse des questions sans réponse : Quelle sera la position des alliés OTAN de la Turquie? Quelle sera la réaction de l’Iran chiite, de la Russie de Poutine et de la Syrie de Bachar el Assad ?

G.W. Bush, en basculant le domino Saddam Hussein sur base de fausses preuves de stocks d’armes de destruction massive, a provoqué une réaction en chaîne alimentée par les politiques « droitdel’hommistes » occidentales. Il reste à espérer que ces mêmes politiques, Obama en tête, y réfléchiront à deux fois avant de se porter au secours des néo-ottomans turcs « victimes » d’une attaque organisée par leur propre armée. Espérons qu’ils se rappellent qu’Erdogan fut le président des jeunes du Milli Görüs, mouvement islamiste turc anti-occidental, nationaliste et théoriquement djihadiste (Le Monde).

Sans quoi, le prétexte d’une attaque contre l’enclave turque en Syrie pourrait se révéler être le prélude à une conflagration majeure dans le Moyen-Orient, zone d’intérêt occidentale essentielle. Remember Sarajevo 1914 …

P.H
Le Peuple





http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 11/10/2014 18:24
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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