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[France] Léa, 15 ans, approchée sur facebook : ils nous demandent de faire des attentats en France
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djihad Léa

 

Léa, 15 ans, approchée sur facebook : "Ils nous demandent de faire des attentats en France"

Arrêtée alors qu'elle s'apprêtait à fuir en Syrie et que ses recruteurs djihadistes la poussaient à commettre une tuerie en France, Léa est la première à livrer son récit.

De longs cheveux qui entourent un visage pâle et de grands yeux noisette qui semblent en permanence chercher un point auquel se raccrocher. C'est une enfant, douce, frêle, fragile. Une ado de 15 ans choyée, bonne élève, qui a grandi dans une belle maison de province, au sein d'une famille française soudée, aisée et athée. A l'opposé de tous les clichés sur l'apprenti djihadiste. Et pourtant, en deux mois à peine, via internet, Léa s'est laissé entraîner dans les abîmes de l'islam radical.

Interceptée alors qu'elle tentait de s'enfuir vers la Syrie, elle est d'abord placée sous mesure éducative par un juge des enfants. Pendant plusieurs mois, elle va se dédoubler, donnant les gages d'un retour à la "normalité" à ses parents, ses éducateurs, son psychologue, tout en se laissant convaincre par son réseau de préparer un attentat antisémite sur le sol français... En septembre, elle est arrêtée par les policiers de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI, ex-DCRI), qui la surveillaient.

Jusque-là, elle était restée mutique. Elle a finalement tout raconté il y a quelques jours lors d'une intervention du CPDSI, le Centre de Prévention contre les Dérives sectaires liées à l'Islam créé par l'anthropologue Dounia Bouzar, qui décrypte dans "le Nouvel Observateur", en kiosque le jeudi 2 octobre, ce témoignage inédit recueilli en exclusivitéPour des raisons évidentes de sécurité, son prénom a été modifié. Le destin de Léa appartient désormais à la justice.

"Ils sont venus me parler sur Facebook" 

Un jour où je ne me sentais pas très bien, j'ai laissé sur ma page Facebook un message disant que j'aimerais pouvoir me faire pardonner toutes mes bêtises. Là, des gens m'ont ajoutée dans leurs amis et puis ils sont venus me parler. Ils sont arrivés tout seuls, très vite. Comme j'avais écrit que je souhaitais devenir infirmière, ils m'ont dit que je pouvais venir aider en Syrie, pour faire de l'humanitaire, et qu'il n'y avait rien de mieux au monde que de se faire pardonner au Sham [le Levant, où se trouve la Syrie, NDLR].

Ils m'ont envoyé des vidéos sur les enfants gazés par Bachar [al-Assad, NDLR], sur les mensonges des politiques, sur l'islamophobie... […] Ils disaient que je ne devais pas obéir à mes parents, parce qu'eux n'obéissaient pas à Allah et qu'il ne fallait obéir qu'aux lois d'Allah sinon on était un mécréant, un ignorant, un infidèle... […]" 

Petit à petit, je me suis mise à ne plus parler à personne, ni à l'école ni à la maison, je restais dans ma chambre, volets fermés. Et je me connectais. Ils sont venus encore plus nombreux quand j'ai pris un "blase" [pseudo, NDLR] musulman, ils étaient au moins cinquante, d'abord des hommes, après des femmes, de France, de Belgique, de Syrie... […]"

Passeurs et mari virtuel

"Encerclée" par les réseaux intégristes, Léa est submergée par le tourbillon des vidéos et des messages qui la convainquent de l'imminence de la fin du monde et qu'elle est "élue" pour accomplir une mission. […] Son urgence est dès lors de gagner la Syrie, qui lui est présentée comme l'unique voie du salut.

[…] C'est très facile de trouver des passeurs. On les appelle ou on leur donne un numéro de téléphone sur internet. Ils m'ont expliqué qu'il fallait d'abord que j'aille en Turquie, que je me marie là-bas, puis que je tombe enceinte pour qu'on puisse m'emmener en Syrie avec l'enfant" […]

Rapidement, Léa se voit désigner un "mari" et a rendez-vous avec des passeurs. Tout est prévu. Elle fait semblant d'aller à l'école comme d'habitude, sauf que dans son sac elle glisse un passeport au lieu de son cahier de texte. Mais au dernier moment, ses projets avortent, ses parents découvrent le contenu de son ordinateur... Un juge des enfants la place sous mesure éducative, assortie d'une interdiction de quitter le territoire.

Le départ avorté en Syrie 

[…] Mes parents me demandaient si j'avais changé, si j'avais renoncé à mes idées, je leur disais que oui, mais en fait c'était de pire en pire. Sur internet, ils me disaient : "Dis-leur que tout va bien, que tu as arrêté tout ça, que tu ne veux plus partir et que c'étaient des bêtises. Ils finiront par te lâcher et tu seras tranquille." 

Attentats en France 

Un jour on m'a dit : 'C'est mort, avec ce que tu as sur le dos, tu ne pourras jamais venir, alors maintenant il faut passer à l'acte en France.' Ils ont commencé à me montrer des vidéos des enfants morts en Palestine, à me parler de la nécessité d'agir contre les juifs. Quand on est fiché à la frontière, ils nous mettent la pression pour qu'on fasse des attentats kamikazes ou "à la Merah" [du nom de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, NDLR]. C'est une femme qui m'en a parlé la première. J'avais trouvé le lieu, le moyen de me procurer des armes. […]

La pression de ses recruteurs est permanente. Les contacts téléphoniques et internet s'intensifient. Par ce harcèlement, ils veulent s'assurer que Léa ira jusqu'au bout. La DGSI, qui l'a placée sur écoute, juge la menace sérieuse et décide d'intervenir.

Les regrets

Lors des séances du Centre de Prévention contre les Dérives sectaires liées à l'Islam (CPDSI), Léa prend brutalement conscience de son endoctrinement en écoutant le récit de familles parlant de leurs enfants partis au djihad. L'atterrissage est comme une chute libre. Aujourd'hui elle garde l'angoisse que ses recruteurs viennent la chercher chez elle.

Maintenant, c'est dur... J'ai du mal à assumer que je me suis fait avoir […] Je m'en veux beaucoup pour ça, d'avoir pu moi aussi entraîner d'autres filles sans le faire exprès, même des plus petites que moi... Je voulais tellement partir, on enviait toutes celles qui y arrivaient. Maintenant, certaines vont mourir là-bas, en Syrie ou en Irak, et peut-être à cause de moi..."

Publié le 01/10/2014, source.  

 

 

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Publié le: 15/10/2014 13:40
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Re : Comment l'algorithme de facebook m'a mis sur la voie du djihad
#2

facebook djihad Syrie


Comment facebook m'a mis sur la voie du djihad...

Suite à l'article sur Léa, une jeune adolescente encerclée par les réseaux djihadistes via internet, un journaliste du nouvelobs.com a voulu vérifier si le recrutement pour le djihad se faisait vraiment sur Facebook. Il s’est créé un faux profil et en quelques heures, son fil d’actualité s’est transformé en un réseau pro-djihadiste. Voici son témoignage...

 

 

Me créer un faux profil crédible

Désormais, sur Facebook, je m’appelle Ayoub. Je suis franco-marocain, j’ai 20 ans, j’habite Paris et je suis fan du PSG. J’ai trouvé une photo de profil d’un homme de loin, peu reconnaissable.

Je veux vérifier une intuition : peut-on vraiment entrer en contact avec des djihadistes sur Facebook ? Depuis plusieurs semaines, les médias alimentent volontiers l’idée que le recrutement se fait sur les réseaux sociaux. Je veux m’en assurer.

Je décide de poster plusieurs vidéos de musique, de foot et de contenus liés à l’islam, dont je change la date pour que le profil soit crédible : une vidéo de la victoire du PSG le 17 mai 2014 que je commente «  Paris champion !  », ou encore une photo drôle d’une voiture de police coursant un mouton pour souhaiter l’aïd le 6 octobre. Je les répartis entre 2012 et aujourd’hui.

Je suis tout à fait conscient que ce profil créé de toutes pièces est grossier et caricatural, et je ne prétends pas prouver que les recruteurs en Syrie sont attirés par un type particulier de personnes. Je n’ai qu’un but : être suffisamment crédible pour entrer en contact avec des pro-djihad, voire des djihadistes.

J’envoie une centaine de demandes en ami, des gens qui «  likent  » la page «  Allah  » sur Facebook. Certains m’acceptent d’emblée et me contactent, notamment les ados :  « Salut cé ki ? »

Je réponds alors : « Salut, on s’connait pas ms j’aimais bien ce que tu postais. »

Pas de réponse. Mais on reste amis. De toute façon, le principal pour le moment est d’avoir un nombre assez important de contacts pour donner l’impression d’être un vrai profil.

 

 

L’Etat Islamique et le Parti Travailliste anglais

A la fin de la première journée d’existence de mon profil, j’ai une vingtaine d’amis. Pour l’instant, mon fil d’actualité est à peu près normal, assez proche de celui que je connais sur mon compte Facebook personnel. J’y vois par exemple une vidéo virale d’un homme insultant sa copine après un adultère, et des photos du PSG ou de Karim Benzema.

Je décide de ne pas «  liker  » les pages relatives à l’Etat islamique autoproclamé pour ne pas y être relié et pour ne pas influencer mon fil Facebook, mais je m’y rends par curiosité. L’organisation Etat islamique a, notamment, une page «  likée  » par plus de 36 000 personnes. Elle est rangée dans la catégorie «  Organisation  » et sa description est celle de Wikipédia :  «L’Etat islamique est une organisation armée djihadiste qui a proclamé le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu’elle contrôle. Sa création remonte à 2006, lorsqu’Al Qaeda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. »

L’algorithme de Facebook m’indique que les pages associées à celles de l’Etat islamique autoproclamé sont celles du Parti travailliste du Royaume-Uni, du Danemark, de Mossoul, et la page « Arabe ». C’est la première fois au cours de cette expérience que je suis confronté à la stupidité de ce fameux algorithme...

facebook EI

La page indique aussi des « personnes que vous pourriez connaître ayant travaillé à Etat islamique ». Une personne y figure. Je l’ajoute. Elle m’accepte. J’entreprends aussi d’ajouter une dizaine de personnes qui aiment la page de Daesh. Certaines, dont je vais consulter les profils, posent avec un fusil et une cagoule, derrière un drapeau de l’Etat islamique autoproclamé. Tout ça commence à m’inquiéter. Je me déconnecte.

J’y retourne plus tard, dans la soirée : trois d’entre elles m’ont accepté comme ami.

 

 

Sur mon fil, la photo d’un martyr mort

C’est à partir de ce moment-là que mon fil Facebook devient très étrange. N’y apparaissent quasiment plus que des posts en soutien à Daesh.

La plupart appellent au djihad en Syrie, à combattre les religions pour laisser la place « à la vraie religion : celle d’Allah ». Beaucoup des publications sont accompagnées d’articles ou de photos. On y parle des décapitations ou de la guerre, en appelant à la « justice ». Je remarque vite que le niveau de confidentialité de ces posts est « public ». Le but est donc qu’ils soient vus par le plus grand nombre.

facebook djihad

L’une des photos me choque particulièrement. Elle a été publiée par un tiers (l’ami d’un ami). On y voit un homme, les yeux mi-clos, la bouche ouverte, allongé dans la paille, mort. Sa chemise est maculée de sang. La personne qui l’a postée commente en arabe (égyptien) :  « Que dieu ait l’âme du martyr, ô mon dieu et venge le contre l’armée d’apostasie de Sissi au Sinaï »

facebook mort

Désormais, ce sont exclusivement des publications de ce genre qui s’affichent sur ma timeline.

 

 

Adopteundjihadiste.com

Puisque je viens de m’inscrire (j’entame mon deuxième jour), Facebook me propose aussi d’ajouter de nouveaux amis. A ceux portant treillis, fusil, ou drapeau de l’Etat islamique autoproclamé, s’ajoutent des gens qui affichent les portraits d’Oussama Ben Laden, de Saddam Hussein ou des chefs de Daesh.

facebook contacts

A ce stade, un constat s’impose : en deux jours, Facebook s’est transformé, pour mon profil tout au moins, en un réseau social pro-djihadiste. Moi qui me demandais si j’allais parvenir à contacter des soldats en Syrie, il semblerait que je n’ai rien à faire : j’ai l’impression que Facebook les a trouvés pour moi.

Avant de me déconnecter, je poste un statut visible par tous pour montrer que mon compte est actif : « Perdu en ce moment, qu’on me guide vers le bon chemin. »

 

 

L’endogamie extrémiste

Je comprends mieux comment Léa, adolescente arrêtée alors qu’elle s’apprêtait à fuir en Syrie pour faire le djihad, par exemple, a pu raconter au Nouvel Observateur début octobre qu’il lui avait fallu deux mois à peine pour entrer en contact avec des djihadistes, organiser son voyage et se voir demander de commettre un attentat en France. J’ai passé à peine deux jours sur Facebook avec mon faux compte, et j’ai l’impression que mes repères s’estompent. Comme si Facebook m’avait transporté dans un univers différent. A force de voir des morts, des décapités et des djihadistes, je commence à trouver ça normal.

L’expérience me fait penser à celle qu'avait menée Mat Honan, journaliste pour le magazine Wired. Il avait « aimé » consécutivement toutes les publications qui se trouvaient sur son fil d’actualité, et s’était vite rendu compte qu’il s’était retrouvé dans un « cercle infini ». Si l’on « like » un contenu, Facebook va le remplacer par un autre similaire. Ainsi, après avoir aimé un message pro-israëlien concernant le conflit de Gaza, son fil s’est mis à pencher fortement à droite.

Pour moi aussi, c’est un peu le cercle infini. Plus mes amis seront pro-djihad, et plus Facebook me proposera d’être ami avec des gens du même avis. C’est de l’endogamie extrémiste.

Une question néanmoins : quelle connexion cet univers a-t-il avec le réel ? Ce monde extrémiste que m’a fabriqué Facebook est-il un monde de fantasmes ou est-il en prise avec le monde réel, celui des vrais djihadistes, qui combattent sur le terrain ?

 

 

La première discussion religieuse

Lorsque je me reconnecte à mon faux compte le lendemain matin, j’ai cinq nouvelles demandes «en ami ». Seule l’une de ces personnes parle français, les autres s’expriment en arabe. Deux d’entre elles disent habiter en Syrie, une autre en Turquie, et les deux autres ne partagent pas cette information.

Comment m’ont-elles trouvé ? Je ne sais pas vraiment, mais je pense qu’elles m’ont repéré grâce à la fonctionnalité «vous connaissez peut-être» qui, la veille, me présentait des hommes armés. Cet outil repère les amis en commun des utilisateurs et fait des suggestions en conséquence.

Impossible aussi de dire qui sont ces personnes, ou si leur identité est exacte, mais après avoir parcouru rapidement leur profil, elles ont l’air de soutenir Daesh avec beaucoup de ferveur. Je remarque aussi qu’elles sont récentes sur le réseau : un, deux ou six mois tout au plus.

Une personne que j’avais ajoutée la veille me parle. C’est une femme. Je me cale sur son style :

« Elle : Salem aleykoum akhy [frère, ndlr], tu ma inviter par erreur je pense ?

Moi : Salem oui je crois que je me sui tromper.

Elle : Daccort, ma’lich sa peut arriver.

Moi : dsl jessaye de trouver des gens pr parlé d’islam en ce moment.

Elle : Ya pas dscouci mon frere mais je pense pas etre la mieux placer pour ca. Si ta des questions ou quoi que se soit n’hésite pas. »

Face à cette invitation, je me lance. Cette personne prône un islam strict et radical sur son profil, mais n’a pas l’air d’être pro-Daesh [la suite de l’échange a été légèrement mise en forme pour une meilleure compréhension, ndlr]  : « Jsuis un peu perdu en cmoment, tt le monde me parle de l’Etat islamique toussa, et jsais pas quoi en penser.

Elle : Zaama aller faire le djihad et tout ?

Moi : oué jsais pas quoi en pensé.

Elle : Mon frère, là jvais te demander de réfléchir avec ta propre conscience et par toi même ; faire le djihad en Syrie par exemple, c pas con ? La Syrie est diviser en deux parties et les deux parties sont des musulmans, donc toi, si tu pars là-bas, tu vas tuer un être qui a dit “Ashhadou an la illah ila Llah wa ana mouhammed rassoul Allah”. C grave akhy. C la confusion totale là-bas. Le plus grand djihad que tu puisses faire, et sa c un djihad plus difficile que celui sur un champ de bataille, c le djihad nafs.
Djihad nafs : combat intérieur.
Faire ses priere a l’heure, lutter contre la fornication – fornication des yeux, des mains et des oreilles –, lutter contre la colere, savoir se maitriser. Dire de bonnes paroles, s’abstenir quand on nous provoques etc.. Ce qui se passe dans les quatre coins du monde, tous les malheurs qui arrive a la communauté musulmane, c à cause des musulmans... C à cause de nous, de nos manquement envers Allah. Il faut qu’on change, qu’on tue notre ego, qu’on se repente à Allah d’un repentir sincère.
Maintenant, si tout le monde va faire le djihad... Ce serait trop facile... Hop jprends mon fusil jdescends des ptites centaines d’hommes, Allahou akbar et l’affaire est classée.
Bin non... Sa classera aucune affaire, sa speut tu meurs le premier et les problèmes doubleront. Il faut qu’on s’unisse, qu’on soit soudés. »

Je lui réponds simplement : « Oué, c’est vrai, javais pas pensé sa comme sa, t’as raison. »

Elle enchaîne : « Oui et c surtout une verité : à quoi bon aller verser du sang gratuitement quand on peut faire mieux en restant chez soi. Moi jai passer le pire ramadan de ma vie cette année en voyant se que les Palestiniens endurait. »

Si mon fil d’actualité Facebook ne me montre quasiment que des publications pro-djihad, certains de mes amis sont contre. Mais leurs propos sont donc moins visibles. C’est en entamant une discussion que je m’en rends compte. Je poste un nouveau statut :

«  Jsuis perdu en ce mment : pas dboulot jmennui.  »

Dans le même temps, mon fil d’actualité est devenu de plus en plus difficile à supporter. J’ai l’impression de naviguer sur un forum sans filtres. La « face b » de 4chan, le lieu d’expression anonyme et sans limites sur Internet, mais version djihadiste. S’y trouvent maintenant, quasi exclusivement, des publications montrant des personnes décapitées, le corps gisant par terre, la tête découpée posée sur l’estomac ou des enfants armés. J’ai la nausée. Je me déconnecte.

facebook décapité

 

 

Faire le djihad en Afghanistan

Le lendemain, quatrième jour, l’esprit frais, j’ai deux nouvelles demandes en ami, et une personne est venue me parler. C’est encore une femme. Elle me dit [la suite de l’échange a également été légèrement mise en forme pour une meilleure compréhension, ndlr] : « Salam Aleykoum, on se connaît pas, tu m’a demandé en ami, je voudrais te conseiller in sha Allah. Je vois que t’es jeune et t’as pas l’air très bien moralement, moi aussi j’ai connu des moments difficiles quand j’étais jeune et la seule chose qui te fera aller mieux c’est Allah. Je te conseille d’aller prier à la mosquée de rester au maxmum avec des gens qui te rapprocheront d’Allah et pas qui t’en éloigneront et de placer ta confiance en Allah. Si tu cherches du travail, sache que tout vient d’Allah c’est Lui qui te donnera du travail donc fais les causes pour en trouver et place ta confiance en Allah. Je te conseille aussi de lire le Coran chaque jour ça t’aidera, t’augmenteras ta foi in sha Allah. »

Je lui réponds tout de suite : « Aleykom salam, merci pr tous ces conseils. [...] Jai limpression de ne pas faire suffisament pr Allah, je suis un peu perdu oui comme tu a pu le voir. »

Elle enchaîne : « De rien qu’Allah te facilite, demande à Allah de te guider et il te guidera. Si tu te sens perdu c’est normal ça arrive à tout le monde, et le fait que tu as l’impression de ne pas faire assez pour Allah est un bon signe car on devrait tous avoir cette impression parce qu’on ne fera jamais assez pour Allah. »

J’explique à mon interlocutrice où je veux en venir : « Ok je vais continuer dans ce chemin alors. Mais jarréte pas dentendre parlé du djihad a la télé et sur internet aussi. Ils critiquent tous la religion d’Allah. Je ne sais pas ce que je dois en penser. »

Elle me cite longuement un extrait du Coran, puis me confie : « Le djihad c’est la meilleure œuvre que l’on puisse faire pour Allah. Pour ce qui se passe en ce moment en Syrie et en Irak, en toute franchise, je ne sais pas vraiment si c’est un djihad légiféré ou pas car il y a tellement d’informations contradictoires de toute part qu’il est difficile de connaitre la vérité à moins de se rendre sur place.
J’ai voulu y allé il y a quelques mois mais j’ai fait la prière de consultation et finalement ça s’est pas fait, et bon, je me suis rendu compte que c’est pas le moment d’y aller pour les femmes et les enfants. Le seul conseil que je peux te donner, c’est de demander sincèrement à Allah de te montrer la vérité et de faire la prière de consultation et de placer ta confiance en Allah. Perso, si je serai un homme et que je voudrais faire le jihad, j’irai le faire en afghanistan contre les américain parce que là c’est sur qui y’a pas de risque de se tromper. »

Elle continue : « Sinon ce qu’ils veulent faire, établir un Etat islamique, c’est bien. Donc le truc à savoir c’est de savoir comment c’est sur place etc. [...] Parce que y’a des frères ils partent avec une bonne intention mais ils ont pas de science et ils se retrouvent à faire des trucs haram [interdits, ndlr] sans le savoir. Je sais pas, par exemple, j’ai vu une vidéo où il coupait la main d’un voleur. Mais dans la sounna, ça doit être fait en une fois et bien fait. Et là ils utilisaient un petit couteau comme pour couper un mouton. Et c’est pas comme ça que ça se fait. Ou alors décapité les gens et exposé les tête sur des poteau, je crois pas que ça ça soit halal non plus. Le prophète (sws) a dit de pas casser les os du mort car c’est comme casser les os du vivant. »

En guise de conclusion, mon interlocutrice m’avoue avoir renoncé à partir pour la Syrie avec ses enfants après avoir entendu des propos du Sheikh Al Maqdissi, un auteur salafiste, qui expliquerait dans ses vidéos qu’il y a de nombreux viols. Elle aurait aussi été en contact sur Facebook avec des djihadistes en Syrie qui pourraient organiser ça, et veut bien me donner leur contact. On se quitte là dessus, et plus de nouvelles.

 

 

Starification du djihadiste

Après quelques jours passés sur mon faux profil Facebook, je me rends compte, en discutant avec la plupart de mes «amis », qu’il y a une nette différence entre l’image qu’ils affichent sur les réseaux et la réalité.

Comme beaucoup d’internautes, certains se sont créés une identité tronquée. Ils publient des photos de djihadistes et de Syrie, mais en réalité ils n’y sont pas. Ils ont parfois envisagé d’y aller, mais n’ont que très rarement sauté le pas [voir plus bas]. Alors ils entretiennent tous ensemble leurs fantasmes sur l’Etat islamique autoproclamé, la Syrie et l’Irak. Parfois avec violence et véhémence, mais pas, autant que je puisse en juger, en passant à l’acte.

facebook djihadiste

 

 

« Evite ce genre de discussion, surtout ici »

J’engage la discussion avec une nouvelle personne qui poste de nombreuses photos du djihad : «On s’connait pas mais je me suis permi de t’ajouter parce que j’aimais bien ce que tu posté, et j’me pose des questions en cmoment sur le djihad toussa. tu pense qu’il faut allé se battre ? ? » Méfiant, il me répond : «Akhi evite ce genre de discution surtou ici. Je t’explique par Skype insh allah.» Je laisse tomber, impossible pour moi de répondre par Skype, il verrait très vite que je ne suis pas celui que je prétends être.

Je pose exactement la même question à un autre contact. Lui est en Syrie. J’en suis presque sûr parce qu’il poste régulièrement des «selfies » de lui au combat. Il me répond : « C une obligation akhy biensurr. » Je lui demande la marche à suivre, il me promet de me la donner demain. Lorsque j’y retourne le jour J, son compte est fermé. Impossible de savoir qui de lui ou de Facebook est à l’origine de cette clôture.

 

 

Pas d’algorithme pour définir un djihadiste

Dans un article sur le djihad sur Internet,France 24 expliquait : «Twitter et Facebook ferment déjà des comptes affiliés aux mouvements terroristes et extrémistes lorsqu’ils font des appels à la violence. » Mais comment savoir s’ils sont «affiliés aux mouvements terroristes et extrémistes » ? Un compte qui like la page de l’Etat islamique autoproclamé, c’est un compte affilié ?

Gilbert Ramsey, spécialiste des réseaux islamistes et d’Internet, explique à France 24 : « Ce n’est pas le contenu qu’il faut viser pour lutter contre la propagande en ligne, mais ceux qui la propagent et il n’y a pas d’algorithme pour définir qui va faire des appels au djihad en ligne. »

C’est exactement ce que je ressens. La plateforme de Mark Zuckerberg n’a aucun outil qui lui permette de distinguer avec certitude les personnes qui appellent au djihad de celles qui affichent simplement un soutien à l’Etat islamique autoproclamé. Et Facebook se retrouve dans une situation complexe et paradoxale : ce qui fait sa réussite – à savoir le fait de créer et d’entretenir des communauté d’intérêts –, est aussi ce qui en fait le meilleur outil de la propagande djihadiste. Le réseau est pris au piège de son algorithme. Au risque d’exercer une censure trop importante, peu constructive et injuste, sa marge de manœuvre est faible.

L’Union européenne a bien conscience du problème, puisqu’elle a demandé début octobre aux géants américains du Net de prendre des mesures efficaces pour lutter contre la propagande de Daesh sur Internet, mais que peut Facebook ? Changer son algorithme, c’est perdre son essence.

Publié le 21/10/2014, Source     

 

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Publié le: 31/10/2014 23:23
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