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Génocide arménien : Voici pourquoi il faut sanctionner les négationnistes au gouvernement belge
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arménie 2

 

Depuis des semaines, les médias nous bassinent avec le génocide arménien, que ce soit avec les commémorations du centenaire, les frasques de nos députés Belgo-Turcs Emir Kir (PS) et Mahinur Ozdémir (ex-cdH) ou les divers coups de gueule émanant de nos personnalités politiques.

Des kilomètres de commentaires ont défilé sous ces articles de presse et dans les forums...lorsqu'ils n'étaient pas censurés ou tout simplement indisponibles.

Sans doute me direz-vous que cela suffit, qu'un nouveau dossier sur ce thème serait redondant, voire que vous connaissez le sujet bien assez que pour vous être fait vous-même votre idée personnelle.

Détrompez-vous...La pléthore des articles et des flashs d'information a fait que vous pensiez connaître le sujet. Or, vous n'en avez qu'une vision mosaïquée très superficielle, distillée par des médias politiquement corrects qui rechignent encore parfois à faire des croche-pieds aux porteurs de babouches que sont nos parlementaires négationnistes.

Je vous propose ici de revisiter les points forts de cette actualité de façon chronologique, ce qui aura le mérite d'accentuer la visibilité du lobby négationniste effréné déployé par les Belgo-Turcs au sein de notre politique Belgo-Belge. J'analyserai cette actualité avec mon regard piquant de Belgo-Belge et ce que je connais du monde turc musulman. Je serai parfois insolente, mais en tachant de rester pertinente dans mes réflexions. Vous verrez que le lobby négationniste turc est assez bien organisé du côté de nos députés et de nos concitoyens Belgo-Turcs...et que les "conseils" et les intimidations arrivent en ligne droite de Turquie. Non mais...de quoi j'me mêle ?

Tout cela pose évidemment question quant à la gestion de notre pays. Sommes-nous en train de céder petit-à-petit du terrain aux musulmans turcs ? Jusqu'où pouvons-nous leur laisser un droit de regard dans notre politique ? Sont-ils animés des mêmes interrogations que nous en terme de vérité historique...ou veulent-ils juste s'imposer à nous par la force parce que nous ne sommes pas un peuple musulman comme eux ?

Et puis, après tout, cela fait déjà 100 ans...Cela vaut-il la peine de se battre pour des Arméniens qui ne sont même pas nos voisins ? Ne devrions-nous pas rester à l'écart de cette "tragédie de 1915" comme les Turcs aiment à l'appeler ? Après tout, les Turcs ont peut-être aussi raison dans leur façon de voir les choses. Nous pourrions par exemple adopter une position neutre, non ?

Surtout pas ! Je ne crois pas qu'il faille rester en retrait sur la question du génocide arménien. Fermer les yeux, c'est se préparer à notre propre génocide d'ici à peine 30 ou 50 ans...Et ce n'est pas une figure littéraire. Fermer les yeux, c'est accepter que l'Etat turc dicte sa loi à travers nos députés Belgo-Turcs. Fermer les yeux, c'est abandonner les Arméniens à leurs souvenirs sans en apprendre de leur Histoire et sans en tirer la moindre leçon.

Pour débuter ce chapitre assez long, je vous propose donc quelque chose de neuf et de très personnel. A travers l'histoire de Serge (prénom d'emprunt), je vais vous faire entrer dans ce qu'est l'intimité d'un génocide. Je vous montrerai ce qu'il imprime aux individus, et comment il fait encore des dégâts après 100 ans. Ce témoignage, c'est aussi ce qui a motivé mon intention et ma volonté de faire de ce dossier un solide outil pédagogique qui puisse être utile à la société belge dans son cheminement vers la reconnaissance du génocide arménien. J'espère de tout coeur que mon message sera bien évidemment entendu, aussi bien du côté belge que du côté turc.

Bonne lecture à tous. N'hésitez pas à revenir sur cet article durant les jours qui viennent car il va sans doute s'étoffer tout au long de la semaine. Merci aussi de diffuser ce dossier parmi vos proches, vos familles, vos amis, et pourquoi pas aux pouvoirs politiques.

 

A Serge...et tous les autres...

 

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Publié le: 08/06/2015 07:37
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Re : L'histoire de Serge : victime collatérale du génocide arménien perpétré par l'empire ottoman
#2

serge

 

Pour introduire ce chapitre sur le génocide arménien, j'aimerais vous parler d'un homme que je croyais pourtant connaître depuis plusieurs années. Il fait en effet partie de mon cercle de connaissances. Pour préserver son intimité et son histoire, je le prénommerai Serge.

Sur le passé de Serge, je n'ai jamais véritablement rien su de concret. Et je m'aperçois qu'à moi et à d'autres, il nous a juste laissé imaginer qui il était sans jamais rien lâcher de lui-même. En l'absence d'anecdotes sur sa vie, nous nous sommes donc construits un portrait de ce qui nous paraissait le plus probable à son sujet.

paysage

Dans nos tentatives pour cerner Serge, nous lui avions trouvé un lointain pays d'origine qui justifiait ses voyages à l'étranger, sa solitude ainsi que son extrême mélancolie à être coupé de sa famille.

Nous étions persuadés qu'une ancienne petite amie qui lui avait brisé le coeur dans la pleine force de sa jeunesse, au point qu'il avait développé une méfiance viscérale à l'égard des femmes. Pourtant, à quarante ans passés, Serge espérait toujours rencontrer l'âme soeur, comme s'il n'avait pas encore épuisé toutes les ressources qui s'offraient à lui. Garder la naïveté d'un couple idéalisé, c'est quelque chose d'assez particulier pour un homme de cet âge, car cela s'estompe en général avec les expériences amoureuses. Serge, lui, n'avait jamais abandonné cette idée. Il avait d'ailleurs consacré une grande partie de sa vie et de ses économies à construire le foyer idéal qui effacerait toutes ses frustrations. Il avait même prévu une chambre pour enfants au cas où sa future épouse formulerait le voeux d'être mère. Plusieurs fois, il m'avait confié ne pas être exigeant, mais vouloir juste une compagne fidèle, aimante et patiente qui saurait le comprendre. Je savais que quelque chose de terrible avait brisé cet homme, que sa sensibilité effrayait la plupart des femmes...mais j'ignorais à quoi il faisait allusion.

Concernant les religions, Serge vomissait particulièrement les musulmans, aussi bien Turcs que Marocains, au point de s'énerver contre eux de façon viscérale dès qu'on évoquait le moindre fait d'actualité en rapport avec l'islam.

colère

Plusieurs fois, je me suis sentie obligée de changer de conversation tant il manquait d'humour et de dérision. Les musulmans lui avaient visiblement causé beaucoup de mal. J'ai supposé qu'il avait peut-être subi la rigueur des pensionnats catholiques...voire plus...au point de finir par détester tout ce qui touchait aux dogmes et aux croyances.

Et puis voilà qu'un jour, en discutant à plusieurs, j'apprends que Serge ne s'appelle pas Serge et qu'il se prénomme en réalité Sarkis (prénom d'emprunt signifiant Serge en français). Stupéfaction!

masque

"Mais c'est de quelle origine ce prénom ?", dis-je aux autres. "C'est arménien, me répond-t-on, parce que Sarkis est Arménien". Et là, je comprends que, durant toutes ces années, j'ai eu une sorte d'homme invisible en face de moi. Le pays d'où je pensais qu'il provenait était en fait celui où toute sa famille avait fui lors du génocide arménien. Lui avait atterri en Belgique, je ne sais comment.

erevan

On m'explique alors dans la foulée que Serge (Sarkis) n'est pas catholique mais chrétien orthodoxe...et surtout qu'il a été marié de force une fille du pays" lorsqu'il avait la vingtaine. J'en suis littéralement choquée. Voilà soudain que je comprends tous ces blancs dans nos conversations, tous ces décalages, toutes ces colères...et toutes ces choses qu'il peinait à me dire de peur de me faire fuir.

Je demande quelques détails sur ce mariage arrangé. On me répond que c'est la maman de Serge (Sarkis) qui lui a demandé de sauver "une fille du village". Là-bas, du côté de la Syrie, les chrétiens orthodoxes sont persécutés par les musulmans depuis déjà bien longtemps. Une partie de la famille de Serge avait déjà péri lorsque l'empire ottoman était au pouvoir, pendant le génocide arménien de 1915. Et les déportations des survivants n'ont fait qu'aggraver les choses.

déportation

Le village a connu des massacres de masse, suivi d'une diaspora. Du coup, chacun a tenté sa chance là où on l'acceptait, emportant quelques souvenirs minimalistes dans sa fuite.

souvenir

Photo : 1919 – La photo est prise à Konya, le berceau du soufisme en Turquie. Nevart et Nubar sont Arméniens et citoyens ottomans. Une famille chrétienne entre modernité et tradition : leur mère Noemzar, mariée à 14 ans, est devenue mère à 15 ans. Dans l’ombre portée du premier conflit mondial, son père et son frère aîné ont disparu. Les chemins de Gallipoli sont sans retour. Noemzar tisse avec patience la trame des tapis de soie, puise l’eau à la fontaine, se cache au bruit des sabots des chevaux montés par les soldats. Source

Après le génocide de 1915, il a fallu se reconstruire. Les Arméniens qui avaient pu trouver refuge à l'étranger dans des pays civilisés ont tous essayé d'aider comme ils le pouvaient ceux qui étaient restés au village.

bd armenie

Les années ont passé mais le souvenir du génocide s'imposait dans le coeur de tous les exilés. De plus, la Turquie continuait de nier sa responsabilité dans les massacres qu'elle avait perpétrés. Et cette blessure était inévitablement transmise aux petits-enfants de toutes ces familles endeuillées.

Vers ses vingt ans, Serge était toujours sans fiancée. Sa maman a alors pensé qu'il y aurait peut-être possibilité de sauver "une fille restée au pays". Par patriotisme et parce qu'elle avait gardé une compassion plus que raisonnable pour la terre de ses ancêtres, cette mère était donc prête à sacrifier son propre fils, lui qui n'avait pourtant rien de commun avec ce village.

Pour contenter sa mère et parce qu'il la respectait énormément, Serge (Sarkis) est donc retourné faire son devoir "au village" comme on le lui avait demandé. Il y a rencontré les habitants alors qu'il ne parlait pourtant pas un seul mot du patois local.

famille armenie

On lui a alors présenté quelques photos de jeunes filles vierges, prêtes à quitter le village et à tenter leur chance pour la Belgique. C'est ainsi qu'il a choisi sa future épouse : sur catalogue.

areni armenie

Ils se sont mariés selon le rituel des chrétiens orthodoxes parce que, là-bas, c'est très important pour une femme d'être mariée selon la tradition.

mariage armenie

Alors que les époux ne se connaissaient pas et qu'ils ne parlaient même pas la même langue, Serge a dû consommer le mariage lors de sa nuit de noce...et prouver que la jeune fille était vierge devant les villageois...en exhibant le sang sur les draps. C'était une question d'honneur pour la fille. Il fallait absolument éviter qu'elle ne passe pour une putain aux yeux des anciens du village.

drap sang

Lorsqu'il est rentré en Belgique, Serge (Sarkis) a bien tenté de construire quelque chose avec cette fille. Mais une fois les papiers d'identité belge obtenus, la jeune épouse a filé en douce sans demander son reste.

Pour couronner le tout, à peu près à cette époque, la mère de Serge est décédée. Et il s'est retrouvé encore plus isolé avec son secret, marié, un fil à la patte, mais sans épouse à ses côtés.

solitude homme

Voilà ce que je sais du génocide arménien. Voilà ce qu'il provoque encore aujourd'hui comme drames et comme désespoirs humains. Jamais je n'aurais cru connaître un jour un homme marié de force, alors que, pourtant, je consulte régulièrement des articles sur ce sujet. Je pensais en effet que cela concernait surtout de jeunes filles musulmanes.

Au début, je n'ai pas compris pourquoi Serge ne nous avait rien dit de sa véritable vie. Mais en suivant l'actualité récente, j'ai fini par admettre qu'il lui était impossible d'aborder sereinement le sujet en société devant nos amis Turcs. Au-delà de l'expérience traumatisante qu'il avait eue avec cette fille arménienne qu'il avait voulu sauver, au-delà de la honte d'avoir été naïf en amour, il y avait la négation arrogante du génocide de ses ancêtres par ceux que nous considérions toutefois comme nos copains.

fantome armenien

Ces imbéciles heureux, immigrés de 3e génération, n'avaient jamais connu que la douceur de la Belgique, mais ils se sentaient légitimes dans leur mépris du génocide arménien...juste parce que leurs grands-parents étaient Turcs. Leur attitude d'une bêtise consternante en disait long sur l'accueil qu'ils auraient réservé au coming-out de Serge (Sarkis). Et nous, Belges de souche ignares sur le sujet, nous n'aurions peut-être pas eu le réflexe de défendre notre pauvre Serge une fois happé sous le feu des quolibets.

Cela m'a fait mal lorsque j'ai réalisé que Serge (Sarkis) n'avait jusqu'ici jamais pu donner sa véritable identité, laquelle aurait trahi ses origines arméniennes, juste à cause de la présence de Turcs négationnistes dans notre entourage. Probablement que le centenaire du génocide arménien avait contribué à libérer ce secret trop lourd, et qu'à travers les commémorations, Serge (Sarkis) avait enfin trouvé un écho à sa douleur, ainsi que le courage de se délester de son passé. Désormais, d'autres que lui se chargeraient d'expliquer ce que son peuple et sa famille avaient enduré. Il n'avait plus à se justifier lui-même sur le passé qu'il tentait de cacher. Heureusement pour lui, les médias avaient comblé une partie de ce travail de mémoire.

A travers ce témoignage, je voulais vous montrer toute l'importance de continuer à commémorer le génocide arménien. En effet, tous les Arméniens n'ont peut-être pas encore eu l'occasion de faire leur coming-out...et cela même au sein de familles à qui tout semble réussir.

Cette histoire montre aussi qu'il est primordial de persévérer à tendre vers la reconnaissance du génocide arménien, que ce soit au niveau de la Turquie ou de la communauté internationale. Le but n'est pas tellement de trouver des responsables (on sait qu'ils sont tous morts), mais c'est surtout d'accepter que cela ait existé, pour qu'enfin chacun se pardonne et puisse revivre côte à côte...sans anticiper les défiances du camp adverse au point de cacher sa véritable identité.

 

Remarque : En recherchant des photos pour illustrer ce sujet, j'ai découvert un site sur lequel vous pouvez lire d'autres témoignages d'Arméniens : 100lives.com   

J'ai aussi visité ce site très bien documenté sur l'actualité arménienne mondiale : armenews.com

 

Bientôt la suite...

 

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Publié le: 08/06/2015 07:58
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Re : Qu'est-ce que le génocide arménien ?
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centenaire génocide

 

Avant d'entrer dans les derniers faits de l'actualité, il me semble opportun de faire un rappel historique des circonstances dans lesquelles s'est déroulé le génocide arménien. Même si ce sont ici des chrétiens qui ont été massacrés par des musulmans, il s'agit avant tout d'une problématique typiquement turque.  Le négationnisme de ce génocide est donc quasi exclusivement entrenu par des Turcs. Les Marocains par exemple, très nombreux en Belgique, ne se sentent donc pas vraiment concernés par ce problème. Voici quelques explications...

 

 

Presque tout un peuple rayé de l'Histoire

carte armenie 1

En 1915, il y avait 1,8 millions d'Arméniens dans l'Anatolie du nord-est (Asie Mineure). Ils y étaient depuis le 5e siècle avant JC. Mais entre 1915 et 1916, le gouvernement ottoman va organiser l'extermination de 1,5 millions d'entre eux, ville par ville. Perpétré entre avril 1915 et juillet 1916, le génocide arménien a vu deux tiers des Arméniens vivant sur l’actuel territoire de la Turquie périr suite à des rafles, des déportations et des massacres de masse. Les massacres ont continué après le génocide jusqu'en 1923. Le centenaire du génocide arménien vient d'être commémoré le 25/04/2015. Source

 

 

Que représentent 1,5 millions d'Arméniens massacrés à l'échelle de la Belgique ?

marché molenbeek

La photo ci-dessus est issue du site de Laurette Onkelinx (PS) lors de sa campagne électorale et représente le marché de Molenbeek début juin 2010. Molenbeek est situé dans la région de Bruxelles-Capitale et comporte environ 40% de musulmans. Source 

Imaginons que nous décidions d'exterminer 1,5 millions de Belges...comme l'a fait l'empire ottoman en 1915...

génocide 7

Au 1er janvier 2015, la population belge totale était de 11.190.845 habitants. Tuer 1,5 millions de personnes, c'est comme si 13,4% de la population belge avait été exterminée. Source  

Si nous comparons à présent avec la population de la région de Bruxelles-Capitale, qui comptait exactement 1.167.951 habitants au 1er janvier 2015, celle-ci ne représente que 77,9% du nombre de morts perpétrés par l'empire ottoman durant le génocide arménien.

En tuant la totalité de la population actuelle de la région Bruxelles-Capitale, cela ne ferait jamais que les 3/4 de ce que l'empire ottoman a fait subir aux Arméniens.

Allons plus loin...En Belgique, il y a 6% de musulmans, ce qui nous ferait aujourd'hui environ 671.000 musulmans. La population musulmane belge était estimée à 638.000 personnes en 2010 par le Pew Reaserch Center, ce qui reste un chiffre cohérent avec celui qui précède. Source 

Si nous décidions d'exterminer tous les musulmans de Belgique, cela ne représenterait même pas la moitié de ce que l'empire ottoman a fait subir aux Arméniens.

 

 

Que s’est-il passé en avril 1915 dans le nord-est de la Turquie actuelle ?

carte armenie 2

Les 24 et 25 avril 1915, dans la capitale de l’Empire ottoman, Constantinople, on arrête les principaux notables arméniens pour ensuite les déporter. La plupart mourront. Parallèlement, dans les principales villes d’Anatolie où vit l’essentiel des Arméniens, les notables sont aussi arrêtés, torturés, puis exécutés. Débute alors un système qui associe massacres, déportations et camps de concentration. Source

Il faut rappeler qu'il y avait à l'époque des conflits armés entre l’Empire ottoman et l’Empire russe. Le gouvernement turc , dirigé par le Comité Union et Progrès (surnommé Jeunes Turcs), a menti aux Arméniens pour faciliter leur déportation. On leur a dit qu'ils avaient deux jours pour liquider leurs biens avant d'être soi-disant relogés dans des zones éloignées des conflits. Mais, en réalité, le programme d'extermination a été appliqué à tous les Arméniens de façon systématique.

 

 

Comment tous ces gens ont-ils disparu ?

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Les Arméniens ayant échappé aux combats ont été emmenés à la sortie des villes. Les hommes ont d'abord été exécutés et précipités dans l'Euphrate. Les femmes, les enfants et les vieillards ont poursuivi la route mais les conditions de voyage étaient catastrophiques : climat difficile, attaques diverses, viols, meurtres. Les Kurdes ont été encouragés par le gouvernement turc à participer au génocide. A l'arrivée dans les camps, il ne reste plus que 800.000 Arméniens. Il ne seront plus que 300.000 à la fin de la guerre en Anatolie.

 

 

Pourquoi l'empire ottoman voulait-il faire disparaître tout un peuple ?

génocide

1) L'Arménie aspirait à être indépendante

Depuis la fin du 19e siècle, l'Arménie aspirait à être indépendante, comme la Pologne et la Tchécoslovaquie. La fin de la guerre pouvait dès lors être l'occasion de concrétiser ce projet. Or, même si le gouvernement turc prétendait qu’il y avait un risque que les Arméniens pactisent avec les Russes, la crainte de la prise d'indépendance politique ne suffisait pas à exterminer tout un peuple, femmes et enfants compris.

2) Les musulmans refusaient de partager le pouvoir avec des minorités chrétiennes

Il faut savoir qu'à cette époque, l'empire ottoman voulait se moderniser et ressembler à l'Europe. Pour cela, il devait instaurer une égalité civile entre les différentes confessions qui étaient en place depuis plusieurs siècles. Or, une fraction de la population musulmane acceptait très mal la possibilité de l’accession au pouvoir des minorités chrétiennes grecque et arménienne. Les Jeunes-Turcs progressistes qui croyaient en un Etat unifié ont commencé à se radicaliser. Ils étaient convaincus que la reconstruction nationale de l’Empire ne pouvait être que mono-ethnique musulmane. Il fallait donc déplacer les chrétiens grecs vers la Grèce et éliminer les chrétiens arméniens. Ce sentiment va durer des décennies et se traduire par des vagues de violences à l'encontre des chrétiens d'Arménie.

3) Tuer les Arméniens, c'était tenter d'effacer les racines du christianisme

croix armenie

L'Arménie, située à la frontière de l'Europe avec l'Asie, est une des plus anciennes civilisations au monde. La religion chrétienne y tient une place importante. L'art arménien est d'ailleurs particulièrement connu pour ses "Khatchkar" (croix sur pierre), un type de bas-relief inscrit en novembre 2010 auprès de l’Unesco, au titre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Il faut savoir que l'Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d'État en 301. En massacrant les Arméniens de confession chrétienne en 1915, le message de l'empire ottoman était clair. Il n'y avait pas de place pour d'autres religions que l'islam. Toute trace d'une autre culture devait donc être détruite. Tuer les Arméniens, c'était une façon pour les musulmans de tenter d'effacer les racines du christianisme.

 

 

Pourquoi est-ce important de reconnaître ce génocide, pour les Arméniens ?

istanbul

Aujourd'hui, les responsables du génocide sont morts et les Arméniens ont disparu de l’Histoire. Les familles, elles, ont entretenu le souvenir sans jamais parvenir à formuler une demande en justice audible par le concert international.

Cependant, une diaspora politique imprime un souvenir plus fort qu’une diaspora économique. Dans le cas des Arméniens, la diaspora n’est pas juste celle d'une élite, mais tout ce qu’il restait d’une société. C’est en tout cas vécu ainsi. Le pire pour eux, c’est que les Turcs continuent de nier le massacre avec les mêmes termes que ceux utilisés pour alimenter le génocide.

 

Bientôt la suite...

 

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Publié le: 08/06/2015 08:13
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