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La vision des chrétiens de l’EI évoque celle des fatwas saoudiennes officielles
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La vision des chrétiens de l’EI évoque celle des fatwas saoudiennes officielles

Ci-dessous un analyse d’Alberto M. Fernandez, vice-président de MEMRI. Lire le rapport intégral en anglais :

Le 19 avril, la vidéo de l’Etat islamique (EI) montrant l’assassinat par ses hommes de 30 chrétiens éthiopiens en Libye bénéficiait d’une couverture médiatique internationale. Les médias révélaient les passages montés du massacre, et les captures d’écran de ces uniformes oranges de prisonniers et de ces djihadistes masqués prêts à tuer, désormais connus du public.

Toutefois, la presse n’a quasiment rien dit de la majeure partie des 29 minutes de la vidéo – soit 24 minutes – qui met l’accent, non pas sur les assassinats eux-mêmes, mais sur l’opinion de l’EI sur le christianisme, les chrétiens et le sort qui doit leur être réservé (…)

La vidéo, intitulée « Until There Came to Them Clear Evidence” [Jusqu’à recevoir la Preuve évidente] (titre inspiré de la Sourate Al-Bayyinah, 98,1), débute sur une approche traditionnelle et controversée du christianisme, basée sur des citations coraniques : réaffirmation d’un monothéisme rigoureux ; faiblesse de la foi et de la pratique des chrétiens ; corruption de l’Evangile [Injil] livrée au « dernier prophète issu des enfants d’Israël », Isa Ibn Maryam [Jésus, le Fils de Marie] ; prétendue crucifixion du Christ, un autre ayant été crucifié à sa place ; polythéisme des chrétiens, qui « associent des partenaires à Dieu ».

A grand renfort d’images de films [Le Royaume des cieux et La Passion du Christ], la vidéo rapporte ensuite une version biaisée et hostile de l’histoire et des dénominations chrétiennes : l’Eglise catholique romaine « établie au 8ème siècle », l’Église copte orthodoxe, avec ses sous-ensembles éthiopiens et arméniens, l’Église orthodoxe orientale en Grèce et en Russie, et « l’Eglise protestante ». Les chrétiens [Al-Nasara] sont décrits comme « une nation qui a dévié de la religion bienveillante du monothéisme ». Le Coran, le hadith et le consensus islamique sont cités à l’appui.

Suite à cette introduction de six minutes, la vidéo présente sa « star », Abu Malik Anas Al-Nashwan [le vrai nom d’Abu Malik Al-Tamimi Al-Najdi], haut responsable de la Charia de l’EI saoudien, diplômé de l’Université islamique de l’imam Mohammed Bin Saoud en Riyad. [1] Al-Tamimi était un membre enthousiaste de la police religieuse saoudienne, destiné à un poste au ministère saoudien de la Justice, avant de quitter le pays en 2009 pour l’Afghanistan, où il a combattu à Kunar et au Nuristan et a été légèrement blessé. Il s’est finalement rendu en Syrie, où il a prêté allégeance à l’EI. Il aurait été n° 3 de la liste des personnes les plus recherchées par l’Arabie saoudite en 2011. [3]

L’université islamique de l’imam Mohammed Bin Saoud a été décrite par le blogueur dissident saoudien Raif Badawi comme un « repaire de terroristes ». [4] Certains des terroristes du 11/9 étaient liés à cette université, qui a également produit « le récidiviste djihadiste » et idéologue influent Nasir Al-Fahd. [5] Emprisonné depuis 2004, Al-Fahd a mis en ligne une fatwa en 2012 appelant au djihad contre « les Juifs maudits partout », qualifié de devoir suprême. [6]

La même université a engendré Abd Al-Aziz Fawzan Al-Fawzan qui, contrairement à Al-Tamimi et à Al-Fahd, est une personnalité de l’establishment. Professeur de droit islamique à l’université  et membre de la commission saoudienne des droits de l’Homme, il a également enseigné aux États-Unis et a fondé et dirigé une station de télévision par satellite en langue espagnole basée à Madrid – Cordoba Television International – visant à convertir les hispanophones en Espagne et en Amérique latine à l’islam salafiste. [7] Ironiquement, le gouvernement marocain a refusé à la station de s’installer sur son territoire. [8]

Al-Fawzan a gagné une certaine notoriété en 2005, quand il a appelé à la « haine positive » des chrétiens pour leurs croyances religieuses. [9] Il a atteint l’apogée lorsqu’il a affirmé que les Américains « étaient complices du 11/9, ou l’avaient perpétré ». [10] Il a souvent dénoncé les musulmans chiites et a qualifié l’EI d’organisation « américaine, sioniste, safavide ». [11]

Al-Tamimi fait cinq apparitions dans la vidéo, toutes en arabe sans traduction. Il se focalise dans la majeure partie de la vidéo sur la façon dont les chrétiens doivent être traités sous le règne musulman. En plus d’envoyer un message sanglant aux chrétiens, la vidéo est didactique, enseignant aux musulmans la façon dont ils doivent répondre à une injonction connue mais laissée de côté. Les chrétiens doivent se voir offrir trois choix : se convertir, payer l’impôt de la jizya et être protégés tant qu’ils remplissent certaines conditions, ou être tués. L’imam du 14e siècle Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyya est cité, disant que l’objectif de la jizya est finalement de « brimer et humilier » les chrétiens infidèles. La foi en Dieu, c’est « l’humiliation de l’incroyance, son mépris, et l’imposition de la jizya et de l’esclavage aux non-croyants ».

Al-Tamimi cite également le hadith et l’influent savant du 14ème siècle Ismail Ibn Kathir, qui enjoint aux musulmans de « ne pas saluer les juifs et les chrétiens, et si vous répondez à l’un d’eux dans la rue, forcez-les à emprunter la ruelle la plus étroite. C’est pourquoi le Chef des fidèles Umar bin Al-Khattab, qu’Allah soit satisfait de lui, a exigé que ses conditions soient appliquées aux chrétiens, ces conditions qui garantissent leur constante humiliation, avilissement et déshonneur ». [12]

Si certains défenseurs du christianisme dépeignent la vision du monde de l’EI comme quelque peu déviante, leur position sur les relations islamo-chrétiennes reflète fidèlement celle du salafisme d’Etat. Le site de fatwas officiel du Royaume d’Arabie saoudite, en arabe et en anglais, présente les fatwas de feu Abdulaziz bin Baz qui, sans surprise, correspondent mot pour mot aux écrits d’Ibn Al-Qayyim et à Al-Tamimi (…) [13]

Ben Baz n’est plus depuis des années, mais son influence persiste. Il fut une figure controversée parmi les salafistes, principalement pour son fort soutien au gouvernement, mais non pour son conservatisme. Les décisions du Comité permanent pour les recherches scientifiques et l’Ifta du royaume d’Arabie saoudite s’accordent avec la vision de l’EI des chrétiens, les considérant comme des incroyants et des polythéistes « qui devraient être traités comme tels dans l’application des décrets de ce monde et de l’Au-delà ». [14] Les chrétiens et les juifs en Arabie saoudite ont, sans le savoir, de la chance que le Royaume n’applique pas quotidiennement ce que lui-même, et l’EI, prêchent si vigoureusement : la mise à mort ou l’esclavage, s’ils ne payent pas l’impôt. [15]

Puis, les prouesses médiatiques de l’EI semblent se ternir, lorsque, dans la séquence vidéo suivante, une série de chrétiens qui paient la jizya dans la capitale de facto de l’EI, Racca, sont interviewés. Ce sont des vieillards méfiants et nerveux interrogés sur leurs lieux de travail ou au tribunal de la charia, sans sourire et remplis d’humilité. Un panneau dans la vidéo indique le bureau d’un dentiste arménien, Dr Ara Sanosian, et plusieurs de ces « chrétiens protégés » appellent leurs coreligionnaires à revenir. Mais aucune image de la vie chrétienne à Racca et, sans surprise, de culte chrétien, étant donné que tous les bâtiments de l’église ont été profanés en 2013. [16] Au moins une église a été transformée en centre islamique en 2014. [17]

Dans les deux dernières apparitions d’Al-Tamimi dans la vidéo, il accuse les chrétiens de Mossoul de ne pas se soumettre comme ceux de Racca. Il affirme que les chrétiens de Ninive ont choisi leur propre destin et n’ont pas été tués, mais seulement expulsés, en raison d’une décision miséricordieuse du calife de l’EI, Abu Bakr al-Baghdadi. Leur propriété leur a ensuite été retirée.

La vidéo enchaîne ensuite avec une séquence que tout le monde connait – l’assassinat de 30 Ethiopiens (« adorateurs de la croix de l’Eglise éthiopienne hostile »), le chef anglophone de l’escadron de la mort de l’EI promettant plus de morts «  sauf si vous payez la jizya et vous soumettez ».

L’approche d’Al-Tamimi trouve un écho dans les propos de la plupart des personnalités de l’establishment saoudien actuel. Ainsi, Cheikh Adil Al-Kalbani, l’un des imams de la Grande Mosquée de La Mecque, salué dans le New York Times comme libéral, [18] commentait récemment : « Vivre dans un pays où je n’aie pas à entendre les cloches de l’église me suffit ». [19]

L’un des défis face au discours de l’EI est qu’il fait partie d’un discours beaucoup plus large, promu par d’autres salafistes, y compris des gouvernements, partout dans la région. L’EI justifie ses actions contre les chrétiens en utilisant les paroles de religieux conservateurs influents – Ibn Taymiyya, Ibn Al-Qayyim, Ibn Kathir – largement admises dans certains cercles religieux influents et reflétées dans les décisions religieuses officielles contemporaines d’une importante puissance régionale. L’imam de Brooklyn, Tariq Yusuf Al-Masri, blâme ces érudits clés qui influencent le salafisme en général et l’EI en particulier :

« Qui a inculqué tant de haine au sein de ces générations ? C’est l’idéologie présente dans les livres – l’idéologie d’Ibn Taymiyya, d’Ibn Al-Qayyim, d’Al-Nawawi. Ce sont les piliers de cette idéologie. Pour les temps modernes, nous avons Ibn Baz, Ibn Al-Outhaymine, Al-Huweini, Mohammed Hassan… Ces personnes sont coupables d’voir inculqué la haine à des êtres humains. Quiconque déclare que nous ne sommes pas autorisés à souhaiter aux chrétiens de joyeuses fêtes a préparé les tueurs en France, à Boston, en Irak, en Syrie, en Egypte… Ces individus constituent le terrain fertile du terrorisme, qu’ils présentent comme la religion d’Allah, transmise au prophète Mahomet, alors que l’islam n’a rien à voir avec eux. » [20]

Alors que les Saoudiens, dans le cadre d’une coalition dirigée par les Américains, participent à une guerre aérienne contre l’EI, souscrivent à un programme de dé-radicalisation coûteux [21] et arrêtent de nombreux terroristes locaux dans leur pays, ils agissent en quelques sorte contre leurs propres principes (…) [22] Les médias en langue arabe ont rapporté le 14 mai qu’Al-Tamimi a été tué alors qu’il dirigeait les forces de l’EI qui ont pris d’assaut la ville d’Al-Sokhna en Syrie. [23] Les dernières images disponibles de lui le montrent exhortant les combattants de l’EI à obtenir « la victoire ou le martyre ». [24] (…)

Memri

Notes :

[1] Youtube.com/watch?v=8kEYNrPKPTY, consulté le 1er juin 2015.

[2] Assafir.com, le 25 juin 2014.

[3] Youtube.com/watch?v=LqD6Dl5ldnk.

[4] Al-bab.com/blog, le 26 décembre 2013.

[5] Intelligencequarterly.com, le 27 décembre 2010.

[6] Dépêche spéciale de MEMRI n° 5066, Saudi Mujahid Sheikh: Jihad Against The Cursed Jews Everywhere Is A Supreme Duty, le 26 novembre 2012.

[7] Iqraa.com/en, le 24 mars 2014.

[8] Abc.es, le 19 juillet 2010.

[9] MEMRI TV clip n° 992, Saudi Professor of Islamic Law Abd Al-Aziz Fawzan Al-Fawzan Calls for « Positive Hatred » of Christians, le 16 décembre 2005.

[10] MEMRI TV clip. n° 1888, Saudi Cleric Abd Al-Aziz Fawzan Al-Fawzan: Allah Be Praised, America Is Collapsing; If the Skulls of America’s Victims Were Placed One on Top of the Other, the Pile Would Be Higher than the WTC, 7 octobre 2008.

[11] Youtube.com/watch?v=N8kMVulF7oo, consulté le 1er juin 2015.

[12] Qtafsir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2566&Itemid=64.

[13] Réf. n° 2 ; page n° 437 (Alifta.net/Fatawa/FatawaDetails.aspx?languagename=en&View=Page&PageID=145&PageNo=1&BookID=14#P437)

[14] Alifta.net/Search/ResultDetails.aspx?languagename=en&lang=en&view=result&fatwaNum=true&FatwaNumID=6505&ID=969&searchScope=7&SearchScopeLevels1=&SearchScopeLevels2=&highLight=1&SearchType=EXACT&SearchMoesar=false&bookID=&LeftVal=0&RightVal=0&simple=&SearchCriteria=AnyWord&PagePath=&siteSection=1&searchkeyword=#firstKeyWordFound

[15] La fatwa 6991 (réf. 3, page 420)

[16] Rapport MEMRI JTTM Jihadis Defend Church Desecration In Al-Raqqa, le 3 octobre 2013.

[17] Twitter.com/zinvor, le 28 avril 2014.

[18] The New York Times, le 10 avril 2009.

[19] Linga.org/international-news/NzQ5Ng.

[20] MEMRI TV clip n° 4748, Brooklyn Imam Tareq Yousef Al-Masri on Paris Terror Attacks: We Muslims Must Admit That We Are Time Bombs and We Hate Christians, 9 janvier 2015.

[21] Ctc.usma.edu, le 15 août 2008.

[22] National Review, le 15 août 2008.

[23] Youtube.com/watch?v=7sItWh3QoKk, consulté le 1er juin 2015.

[24] « La bataille de la libération d’Al-Sokhna – Wilayat Homs », 22 mai 2015, Jihadology.net.




http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 10/06/2015 20:05
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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