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La mauvaise foi des islamologues musulmans, par Yadh Ben Achour
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Yadh Ben Achour

Yadh Ben Achour est professeur en droit public et philosophie du droit (Université de Carthage), spécialiste des idées politiques de l’islam, membre de l’Institut de droit international. Au lendemain de la révolution du jasmin, il a été nommé président de la Commission de réforme politique de la Tunisie. Nous citons ci-dessous son livre La deuxième Fâtiha, l’islam et la pensée des droits de l’homme paru aux Presses universitaires de France, collection Proche Orient dirigée par Gilles Képel. Très objectif et critique sur les fondements de l’orthodoxie sunnite (titre d’un de ses ouvrages de référence), il dénonce les islamologues militants qui refusent de rendre responsable l’islam des maux qui le caractérisent :

“La plupart des analyses écrites par des musulmans relèvent d’une apologétique animée par la défense d’une foi, fermement tenue par des dogmes. La plupart ne peuvent dépasser une perspective concordiste qui tente de réaliser un mariage difficile, sinon impossible, entre la pensée moderne des droits de l’homme et la philosophie du droit en islam. Certaines analyses peuvent atteindre les plus hauts degrés de la mauvaise foi. Il en est ainsi de toutes celles qui se livrent à des interprétations alambiquées du texte coranique pour nous enseigner que le jihâd ne vise nullement quelque forme de violence que ce soit, que “frappez-les” signifie autre chose que l’action de frapper, que la qiwama, prévalence des hommes sur les femmes, n’implique aucune infériorité de cette dernière, ou que la shûra (consultation) constitue le fondement même de la démocratie, sans compter toutes les tentatives de retrouver la laicité au coeur du premier islam. Ces tours de magicien ne font qu’aggraver les problèmes. Ils sont inventés pour plaire à tous les camps” page 15

A lire aussi: « Le salafiste n’est pas un pauvre égaré de l’histoire de l’islam » Yadh Ben Achour, islamologue

Illustration parfaite de cet escamotage du débat dénoncé par Ben Achour, l’accusation de Malek Chebel envers le romancier Maurice G. Dantec qui selon lui commettait une erreur en attribuant au jihâd son sens guerrier:

“Vous employez le mot jihâd avec une confusion dans la langue, jihâd veut dire effort sur soi”. De quoi relativiser l’aura de spécialiste de l’islam pour celui qui a écrit “L’islam pour les nuls”, désinformant des milliers de lecteurs français…


(2008) Maurice G. Dantec chez Ardisson 1/2 par prince_de_conde


(2008) Maurice G. Dantec chez Ardisson – 2/2 par prince_de_conde

 

http://www.l-union-fait-la-force.info


Publié le: 04/09/2016 03:43
Déclaration des droits de l’homme de 1793 art. 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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