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Que penser d’Éric Zemmour ?
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Que penser d’Éric Zemmour ? 

Jamais, depuis très longtemps, un  publiciste (1) n’avait ébranlé  à lui seul le monde médiatique et politique. Par ses articles de presse, interventions audiovisuelles et essais, Éric Zemmour a réussi à créer un séisme pour une raison sociologiquement simple : le court–circuit. Il a rompu avec les codes de l’oligarchie (idéologiques et institutionnels) et exprimé le sentiment populaire autochtone en oubliant de demander l’autorisation des ”élites”. Son ascension a été d’autant plus irrésistible qu’on ne l’attendait pas, qu’on ne l’avait pas vu venir. En effet, il n’est pas  issu de milieux bien repérés et prévisibles. Il vient du ”système”, qu’il trahit. Ce n’est pas un marginal, c’est un centré qui se révolte.  Cette décentration, liée à son talent de plume et de parole a créé un cocktail médiatique explosif.

Un chauffard idéologique

Éric Zemmour a adopté le devoir de dire ce qu’il pense et ressent, contre l’idéologie minoritaire mais dominante de l’oligarchie, alors que l’inclination naturelle des gens de sa profession est, en répétiteurs, d’exposer ce que pense le système, en refoulant dans la sphère privée leurs propres opinions, souvent contraires. Les plus hardis se contentent de timides allusions à l’évidence de la réalité observable, pourtant éclatante, mais sans jamais se départir de l’obéissance au dogme  et de la dénonciation des sept péchés capitaux (2) En ce sens, Zemmour fait partie des rarissimes publicistes libres –même souvent contre leur propre camp – qui pensent par eux-même. Il n’aurait jamais pu écrire dans Le Monde, L’Obs, Libération etc., ces médias à la ligne éditoriale autoritaire et obtuse.     

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Il franchit les lignes jaunes en vrai chauffard idéologique, en prenant donc de gros risques, y compris pour sa vie, lorsqu’il s’en prend à l’islam envahisseur, ce qui dénote une témérité dont sont dépourvus beaucoup de ses illustres collègues, ce qui renforce leur aigreur envieuse. Chez Zemmour, le choix de ne pas congédier le réel comme le font la plupart des politiciens, des journalistes et des intellectuels – ce qu’avait dénoncé Philippe Muray –, d’échapper à la langue de coton, d’afficher sans autocensure ses opinions rompt avec la peur de ses confrères ; ces derniers, la plupart du temps, atténuent, masquent ou travestissent leurs convictions ou leurs observations par cette prudence  conformiste qui protège leur carrière ou leur vie, cette prudence que les philosophes de l’Antiquité jugeaient aussi sage que lâche selon les circonstances.

 L’exemple du courage

Le succès populaire de Zemmour  vient  en partie de ce qu’il a fait preuve de courage, face aux procès et menaces de mort, en tenant certains propos interdits mais approuvés en silence par la majorité du peuple. Son bon sens étant tenu par l’oligarchie pour de l’extrémisme peccamineux, cela renforce par contrecoup son discours et disqualifie l’officiel. Il se met en danger ce qui accroît son prestige.         

 On a cru, à plusieurs reprises, qu’il reculait devant les intimidations, menaces et attaques en justice, mais il repart chaque fois à l’assaut. Il brave le système médiatique, politique et judiciaire soft–totalitaire. Licencié de l‘émission qui l’a popularisé, On n’est pas couché, basilique du politiquement correct dont il profanait crescendo les dogmes de ses analyses subversives, Zemmour aura piégé le bobo Ruquier aux idées courtes, rabâcheur de la vulgate. Ce dernier congédiera Zemmour trop tard : le mal était fait.

Il aurait parfaitement pu faire une paisible carrière de journaliste et d’écrivain. Il aurait été assuré tous risques en se contentant d’être le poil à gratter d’une ”droite modérément dure”, tolérée par l’oligarchie si elle respecte certains codes, notamment sémantiques et linguistiques, et ne va pas vraiment à l’essentiel. Mais Zemmour, aussi  teigneux que sans peur, a multiplié dans ses livres, articles, interventions audiovisuelles et conférences, son constant diagnostic : la France est très malade, elle peut mourir ; en son sein croît le cancer d’un ”second peuple”, colonisateur, prolifique et hostile ;  cessons de plaisanter. Philippe de Villiers et Patrick Buisson, bêtes noires, eux aussi, de l’oligarchie font le même diagnostic, ainsi qu’Ivan Rioufol. Tous ont le courage, avec d’autres, de mettre leur sécurité en danger face aux éventuelles représailles de l’occupant et de ses collaborateurs.

Le mécanisme médiatique enrayé

Les mêmes propos que tient Zemmour, s’ils proviennent de gens qualifiés d’ ”extrême–droite” (vrai ou faux, peu importe), sont attendus comme tels, cantonnés dans leur rôle, neutralisés par le silence et uniquement sanctionnés par la justice s’ils deviennent visibles des radars, c’est-à-dire dépassent une certaine audience. Mais Zemmour, comme à certains égards Finkielkraut, est perçu par le système comme un transfuge, un dissident. Ce type, qui a trahi la Caste en flattant le populo, le petit Blanc, n’avait pas, pour l’oligarchie, à sortir des clous. ll n’était pas prévu pour ça. Les analyses de Zemmour sont d’autant plus choquantes, dérangeantes, subversives, dangereuses qu’il ne vient pas de cette  ”extrême–droite” fantasmée, qu’il n’est pas un marginal médiatique et qu’il touche le (très) grand public qui l’approuve. Et son succès d’audience comme l’intérêt financier de ses éditeurs et employeurs audiovisuels interdit de faire jouer la loi du silence, la plus efficace des censures. Zemmour a piégé le système. 

 La publicité du dernier essai d’Éric Zemmour, Un quinquennat pour rien (Albin Michel) affiche : « l’ennemi public N°1… est N°1 des ventes ». Et de citer trois jugements des trois médias intolérants de la bien–pensance,  L ‘Obs ( « délire islamophobe »), Libération ( « il faut déradicaliser Zemmour ») et Le Monde (« souverainiste, réactionnaire »). Le débat d’idées disparaît donc et fait place à la vindicte idéologique. Éric Zemmour est ainsi devenu un symbole de la résistance de la France de souche. Et ses détracteurs ont commis une erreur stratégique majeure en le diabolisant moralement sans arguments, plutôt que de le neutraliser par le silence ou le raisonnement. Il est vrai qu’il est difficile de raisonner contre les faits. L’idéologie dominante a  abandonné le logos et la ratio. Elle en appelle au slogan émotionnel sommaire, selon la méthode maoïste. Mai 68…

Désignation de l’ennemi

Éric Zemmour vise le cœur de cible,  le naos sacré du temple : c’est-à-dire l’immigration invasive, l’islamisation et l’islam lui-même, favorisés par un État et une oligarchie antidémocratiques et, au fond, francophobes. Il fait un choix polémique – comme d’ailleurs Robert Redeker, Ivan Rioufol, Renaud Camus, et d’autres, notamment les acteurs de Riposte laïque – ce qui, à son niveau de popularité, crée un impact politique.    

 Sur l’immigration colonisatrice, sur le déclin multicausal généralisé de la France, Zemmour procède en médecin qui ose diagnostiquer un cancer là où les autres font semblant de ne voir qu’une grippe ou rien du tout, voire même une belle forme.  Cassandre, il exprime ce que ressent le peuple et ce que taisent leurs ”élites” (non, leurs dirigeants), que Christophe Guilluy a esquintées dans son dernier essai Le crépuscule de la France d’en haut (Flammarion). Il pratique l’inverse de la méthode Coué des optimistes factices, dont Alain Juppé est la figure ridicule avec son « identité heureuse ».

Juppé et Valls, même combat

Alain Juppé est le cas d’école, tragi-comique, de cette droite molle (les ”modérés”) qui applique toutes les idées de gauche par anesthésie mentale. Il le fera d’autant plus s’il gagne, grâce aux voix de gauche, la primaire puis la présidentielle face à Marine Le Pen.

Il a qualifié ainsi les jugements critiques de Zemmour sur l’islam : « un délire et une frénésie ». Et ce, après les centaines de morts des attentats musulmans en France depuis moins de deux ans… D’où viennent ” délire et frénésie ” ?  De Zemmour ou bien des adeptes d’ Allah qui tuent et massacrent ? Le même Juppé, qui se scandalise des propos de Zemmour sur l’islam, avait déclaré ne rien connaître à l’islam ni au Coran.  Pauvre type…

M. Juppé qui, lorsqu’il était Premier ministre, a reculé sur tous les fronts, est un politicien de la même trempe que son ancien patron Chirac –”faïence de bidet” et non pas ”marbre” selon la boutade de Marie–France Garaud. Il peut malheureusement remporter la primaire de la droite, être élu au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, engrangeant les voix de gauche, et, en remerciement, faire une politique ”chiraquienne”.

Juppé est sur la même ligne que Manuel Valls, un Premier ministre qui – innovation soft–totalitaire–  a demandé officiellement aux Français de ne pas lire la prose de Zemmour. Pas de débat, censure. Juppé et Valls, qui partagent exactement les mêmes idées–guimauve, les défendent, le premier par des propos lénifiants, le second par des éructations colériques – où l’expression ”prendre ses responsabilités” revient en boucle, répétition obsessionnelle d’un irresponsable. Le résultat est le même. Les deux politiciens entendent diaboliser Zemmour, procéder à une classique reductio ad hitlerum.   

Comme pour le quinquennat de Sarkozy, la méthode est connue : pendant la phase électorale, on fait une campagne ”de droite” et, une fois élu, on biaise, on triche et, dans tous les domaines, (immigration, économie, enseignement, justice, etc.) on laisse filer une politique de gauche. Par peur des articles indignés du Monde, des grèves de fonctionnaires, des manifs de lycéens et d’étudiants, d ‘éventuelles émeutes de ”jeunes” des banlieues ou de questions plus personnelles (3). Le scénario est connu et se reproduira : le peuple se retrouve trahi et cocufié par des politiciens bavards en promesses mais sans parole.    

Si Juppé accède à l’Élysée, il n’appliquera même pas 20% de son programme et Éric Zemmour aura matière à observer et analyser un nouveau quinquennat pour rien. Sauf que, d’ici 2022, la guerre civile ethnique aura peut-être éclaté en France et que le prochain quinquennat pourra exploser en plein vol avant son échéance.

Aborder la question de l’islam est dangereux

 Comme je l’ai fait avec d’autres, notamment l’islamologue René Marchand, Zemmour remet en cause la fausse distinction entre islamisme et islam. Le terrorisme, Al–Qaida, Dae’ch relèvent bien de l’islam authentique ; et l’islam ”modéré” est un leurre, souvent une ruse, une position minoritaire. La France inconsciente est en proie au Dar al-Arb, la guerre de conquête d’une partie de l’Europe par l’islam arabe. Avec une stratégie ethno–démographique d’invasion, théorisée par des intellectuels musulmans, bien connue des immigrés et partagée par une majorité d’entre eux chez les jeunes.

Pour Zemmour, la gauche est dans son rôle de sabordage du pays, mais ce qui le scandalise, c’est que la droite la suive par lâcheté. Il concentre ses critiques sur cette dernière, adepte de demi–mesures, bravache dans le discours et rabougrie dans l’action quand elle est aux affaires, craignant autant de déplaire à la gauche morale que d’affronter grèves et manifs. La ”droite décomplexée” est un slogan factice, uniquement valable en période électorale. Une fois aux affaires, la droite, métapolitiquement irradiée par la gauche, n’applique pas son propre  programme.

 Celui qui, comme Zemmour, a décrit  l’extrême gravité de la situation de la France est Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Sarkozy, dont l’essai La Cause du Peuple (Perrin) risque de faire perdre la primaire de droite à l’ancien président, tant le portrait qu’il en brosse est accablant. Il estime d’ailleurs aussi, à juste titre, que le ramollissement idéologique du FN, sous l’influence de son vrai patron, M. Philippot, neutralisera à terme ce dernier, laissant vide l’espace politique de recours des Français de souche, accablés. Ne sachant à qui se vouer.

Étatisme et anti-libéralisme : points de désaccord

Mes divergences avec Zemmour portent principalement sur sa conception ”colbertiste” de l’État stratège en économie, position qui était la mienne jadis mais que j’ai abandonnée. Selon moi, Zemmour penche trop pour une économie administrée. Or, hormis les grands programmes souverains volontaristes que furent les centrales électro-nucléaires,  le spatial (CNES, ESA, Arianespace), Airbus – ces deux derniers ayant entrainé nos partenaires européens –, le TGV, toutes réalisations émanant uniquement des présidents de Gaulle et Pompidou, la politique industrielle de l’État ”stratège” depuis trente ans, qui prétend se substituer aux groupes privés, s’avère toujours catastrophique car incompétente et ignorant le réel ; les affaires Areva, Alstom, SNCF etc. étant les derniers épisodes de ce désastre.

Souverainiste de la tendance bonapartiste et gaullienne, patriote  très méfiant envers le monde anglo-saxon, Zemmour se déclare anti–libéral, ce que n’était pourtant pas De Gaulle. Patrick Buisson, lui aussi, se déclare anti–libéral. Cette posture est étrange, voire incompréhensible,  dans un pays surfonctionnarisé et surfiscalisé dont l’économie et la société sont objectivement socialistes et étatisées (plus de 55% du PIB gérés et redistribués par la sphère publique), dont l’école publique est en ruines, avec un Code du travail et des réglementations ubuesques, ainsi que des charges qui entravent ou ruinent les entreprises, créant un chômage de masse.   

Éric Zemmour et Patrick Buisson devraient étudier de quelle subtile manière, l’État fédéral américain, à l’origine de la Nasa, nageant dans un environnement libéral, s’aidant des commandes du Pentagone, s’appuyant sur une législation nationaliste et punitive à valeur internationale, ayant  aidé à la création des géants numériques et Internet, pratique un ”colbertisme” bien plus efficace que celui de l’État crypto-communiste français. 

Zemmour et l’ ”extrême droite”

Au début de son succès, bien avant Le suicide Français, Zemmour  fut l’objet d’une détestation de la part de nombre d’idéologues dits d’ ”extrême–droite” (mouvances hors FN) et de leur public. Elle s’expliquait par la jalousie et aussi par le fait que ”ce juif ” chassait sur leurs propres terres et développait mieux qu’eux certaines de leurs idées et analyses. Une captation d’héritage, en sorte. L’antisémitisme de ces milieux, quoiqu’en fort déclin du fait de son déphasage avec la situation présente et totalement dépassé par la judéophobie musulmane et de gauche, reste toujours vivace surtout dans les anciennes générations. J’ai souvent entendu dire que Zemmour était médiatisé et toléré parce qu’il était juif  et – encore plus tordu – que BHL et lui occupaient, en tant que juifs, les bastions idéologiques de gauche et de droite afin de tout verrouiller. Alain Finkielkraut a été l’objet des mêmes supputations grotesques.  

Mais, au fur et à mesure que la popularité de Zemmour progressait et qu’il en faisait cent fois plus à lui tout seul que toutes les chapelles intellectuelles et ”métapolitiques” de la mouvance ED, les dirigeants de cette dernière lui ont fait les yeux doux, l’ont approché, interviewé, etc. pour se raccrocher à sa locomotive, oubliant leurs anciennes préventions. En revanche, face à une gauche qui renoue subrepticement avec l’antisémitisme, en proportion de son islamolâtrie, Zemmour n’est pas aidé parce qu’il est juif…

La distance prise par Zemmour avec le FN de Marine Le Pen et Florian Philippot s’explique en grande partie par le gauchissement idéologique de ce dernier qui met la pédale douce, commettant une lourde erreur stratégique, sur l’identité, l’immigration et l’islamisation invasives et en revient aux vieilles thématiques encore paisibles des années 80, sans comprendre que nous sommes dans le cas d’urgence. Pourtant, Éric Zemmour est massivement approuvé par l’électorat et la majorité de l’appareil du FN, ce qui est déstabilisant pour sa direction. 

Le prix du succès

La popularité de Zemmour bouscule l’oligocratie politique, d’autant plus qu’il se tient à la lisière de l’engagement politique, sans jamais franchir la ligne jaune électorale, mais en demeurant une menace pour les politiciens. Même s’il dit rester dans le champ métapolitique, il inquiète les politiciens. Détesté par les agents de l’idéologie dominante, Zemmour est aussi haï par une bonne partie des immigrés musulmans.

Si l’on voulait comparer Zemmour et BHL, on pourrait dire que leur seul point commun est l’influence idéologique par les écrits et médias. Outre qu’ils prennent des positions inconciliables sur tous les sujets, le premier ne se réclame pas de l’intellocratie mais des sentiments et des intérêts du peuple, ce qui fait sa force ; tandis que le second (”philosophe”) s’est peu à peu dévalué en apparaissant comme le porte–parole d’une classe dirigeante de gauche et cosmopolite, théoricien de l’abandon et du mépris du peuple autochtone comme de la démocratie (antipopuliste égale antidémocrate), respecté comme un patriarche par tous les grands médias. 

Les mentions positives ou la présence de Zemmour sont, dans ces grands médias, limitées à Valeurs actuelles et au groupe Figaro, où il écrit, et à quelques émissions audiovisuelles.  Diabolisé par 90% des autres médias – qui n’ont pas compris que le silence est plus efficace pour neutraliser que l’indignation – Zemmour s’impose comme le plus important  opposant métapolitique et culturel au système et à son idéologie envahissante. La rançon de son succès et de son efficacité est qu’il risque sa peau. Le patriotisme est à ce prix, il n’a jamais été gratuit.       

Guillaume Faye

(1) Journaliste et écrivain, ne se prétendant pas ”philosophe” et n’appartenant pas à la classe politique.

(2) Les sept péchés capitaux sont 1) le racisme et la xénophobie (sauf contre les Blancs), 2) l’islamophobie (”stigmatiser ” l’islam), 3) le populisme (ou préférence pour la démocratie), 4) le souverainisme national, 5) l’homophobie et l’opposition à la cause sacrée LGBT,  6) le sexisme misogyne (sauf celui des musulmans), 7)  la critique des dogmes écologistes.

(3) Il est possible que Nicolas Sarkozy soit influencé par les opinions de son entourage privé auquel il ne peut déplaire. 



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Publié le: 07/10/2016 03:03
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Re : Éric Zemmour est-il un apologiste du terrorisme ?
#2

Éric Zemmour est-il un apologiste du terrorisme ?

Éric Zemmour a raison de considérer l’ennemi pour ce qu’il est.
Il a tort de trop le considérer, d’en faire un égal.

Éric Zemmour est-il un apologiste du terrorisme ? La réponse est évidemment non. Toujours prêts à tomber sur Éric Zemmour, médias, politiques et juges ont encore saisi une occasion de faire un mauvais procès au polémiste. En cause, un entretien accordé au magazine Causeur dans lequel l’ennemi public numéro un affirmait « respecter les djihadistes prêts à mourir pour ce en quoi ils croient ». Si cette phrase n’a rien d’une déclaration d’amour au terrorisme, elle pose toutefois un autre problème, à mon sens tout aussi grave. Par ailleurs, elle s’inscrit dans un air du temps dit « néo-réac » qui montre de plus en plus ses limites. Dans un même ordre d’idées, Madeleine de Jessey, de Sens commun, écrivait immédiatement après les attentats du Bataclan : « Nos enfants ne résisteront aux sirènes de l’islamisme qu’à la condition d’être intégrés à une civilisation qui réponde à l’exigence de leurs aspirations. Il est temps de leur donner un idéal. »

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Que penser d’Éric Zemmour ?

Ces deux situations illustrent l’impuissance d’une partie de la droite à appréhender correctement les phénomènes qui nous affligent. Non, des gens capables de se faire sauter le caisson au milieu d’une foule d’innocents un soir de 14 Juillet ne sont pas respectables. Ils ont envie de mourir parce qu’ils n’aiment pas la vie terrestre. Leur idéal est ailleurs. Le vrai courage consiste à affronter la mort en ayant peur de ce qui peut advenir. Le reste tient de l’inconscience. Éric Zemmour a, néanmoins, raison de prendre au sérieux les motivations des djihadistes. Contrairement à ce qu’affirment quelques psycho-sociologues gauchistes, les terroristes sont mus par des croyances politiques et religieuses. Ils servent un idéal et ne sont en rien des « paumés ».

Mais cela ne devrait pas les rendre plus respectables, car cet idéal n’est pas bon. C’est là l’erreur majeure de l’auteur, qui bascule dans le relativisme sans même s’en apercevoir.

Quant aux fameux idéaux alternatifs invoqués par des dames patronnesses en mal de sensations fortes, ils ne valent pas mieux que les discours victimaires propres à la deuxième gauche. Le terrorisme islamiste en France prospère sur le terreau fertile d’une jeunesse qui hait la France, qui la méprise et la pense faible. Il maquille le ressentiment d’ignares en romantisme postmoderne et martial. L’invocation du mantra républicain n’y pourra pas grand-chose de plus que les discours « néo-réacs » et « déclinistes ». En respectant ce qui n’est pas respectable, on ne fait pas œuvre de compréhension mais de fascination.

Négation de la condition humaine, l’islamisme inverse la proposition d’Antonin Artaud pour qui « toute humanité veut vivre, mais elle ne veut pas payer le prix et ce prix est le prix de la mort ». Les djihadistes ne veulent pas vivre. C’est ce qui les éloigne irrémédiablement du domaine des vivants et fait d’eux des zombies. Doublement, parce qu’ils sont aussi les produits des errements présents de nos sociétés que décrivait Louis Pauwels dans son Monôme des zombies. Laxistes, les pouvoirs publics se sont montrés incapables de châtier ceux qui le méritaient quand il était encore temps de les redresser.

Éric Zemmour a raison de considérer l’ennemi pour ce qu’il est. Il a tort de trop le considérer, d’en faire un égal. Toutes les cultures ne se valent pas. Toutes les guerres ne sont pas aussi légitimes moralement. Quand nous refusons d’admettre que les sains préjugés fondent les grandes civilisations, nous perdons. Chaque parcelle de notre âme collective est supérieure à la leur. Il est même inutile de s’abaisser à le prouver.

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM


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Publié le: 09/10/2016 04:50
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Re : La SDJ de RTL se désolidarise d’Éric Zemmour
#3

Zemmour quitte RTL

Au cœur d’une énième polémique après avoir dit qu’il « respectait » les jihadistes osant mourir (et non tuer) pour leur foi, Éric Zemmour s’est attiré les foudres des journalistes de RTL.

Dans un communiqué publié le 7 octobre, la Société des journalistes (SDJ) de RTL a exprimé son « aversion » pour les propos du polémiste qui « portent atteinte à la mémoire des victimes du terrorisme et à la douleur des familles ». « A maintes reprises, la SDJ a fait part à la direction de RTL de son malaise. Elle s’est désolidarisée des propos d’Eric Zemmour et a posé la question de la place qui lui est dévolue sur l’antenne. Ces débats ont en général lieu en interne », a ajouté la SDJ, qui s’était déjà plaint de la présence du journaliste au sein de la station.

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Et quand bien même ses propos n’ont pas été tenus sur l’antenne de RTL, « la Société des Journalistes de RTL se sent pourtant concernée au premier chef ». Et d’estimer que si l’écrivain « se garde en général de franchir les limites qui lui assureraient une condamnation pénale », il s’est, depuis quelques jours, « enfermé dans une logique qui peut selon nous faire le jeu des tenants du terrorisme ».

Pour le moment, Éric Zemmour conserve toujours la confiance de Christopher Baldelli, le PDG de RTL. Mais la pression croissante exercée par les tenants de la pensée correcte pourrait, à terme, mettre fin à cette collaboration, comme ce fut déjà le cas sur France 2 ou, plus récemment, i>Télé.

Dans le numéro d’octobre du magazine Causeur, Zemmour avait déclaré : « Je ne le méprise pas ! Je ne pense pas que les jihadistes soient des abrutis ou des fous. Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables. » Invité à s’expliquer sur BFMTV dernièrement, Éric Zemmour a refusé de s’excuser pour ses propos, estimant qu’ils avaient été interprétés et déformés. « Respect, ça ne veut pas dire approbation ni estime. Je ne respecte pas des gens qui tuent des enfants et des femmes », a-t-il précisé. Et ce dernier de dénoncer « une conjuration de gens qui veulent m’abattre ». Tantôt accusé d’islamophobie, tantôt de complaisance avec les terroristes, Zemmour estime qu’« il faudrait choisir ».

Dans sa dernière chronique, l’avocat Gilles-William Goldnadel, qui ne partage pas le point de vue de Zemmour ironise sur cette « gauche à l’agonie » qui n’a plus que le mot censure à la bouche, preuve son désarroi absolu…

À noter que le parquet de Paris a récemment ouvert à son encontre une enquête pour apologie du terrorisme, alors même que « des milliers de fichés S » sont en liberté…

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OJIM

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Publié le: 12/10/2016 21:11
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