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[Iran] Une jeune femme de 26 ans pendue pour le meurtre de son violeur
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Reyhaneh Jabbari

 

Iran : Une jeune femme de 26 ans pendue pour le meurtre de son violeur

Une jeune iranienne de 26 ans, Reyhaneh Jabbari, a été condamnée à mort pour le meurtre d’un homme. Elle a été pendue samedi 25/10/2014 au matin à la prison de Gohardacht à Karadj, près de Téhéran, malgré les appels internationaux pour l’épargner. Elle était emprisonnée depuis plus de sept ans. Elle avait été transférée la veille de la prison de Garchak (de la ville de Varamine) à celle de Gohardacht en isolement cellulaire.

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De quoi Reyhaneh Jabbari était-elle accusée exactement ?

Reyhaneh Jabbari, une jeune décoratrice d’intérieure, avait été condamnée à mort en 2009 pour le meurtre prémédité en juillet 2007 de Morteza Abdolali Sarbandi, un chirurgien et ancien employé du ministère des Renseignements, qui l'aurait violée. La peine n'a été appliquée que ce 25/10/2014, c'est-à-dire une fois que la Cour Suprême d’Iran a confirmé le verdict.

En vertu de la charia, le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l’adultère sont passibles de la peine capitale. Amnesty International a qualifié le procès de "partial".

 

 

Que s'est-il donc réellement passé lors de l'agression ?

Deux thèses s'opposent dans ce dossier, et c'est ce qui a soulevé l'indignation de plusieurs pays et associations. D'un meurtre non prémédité, on est passé à un meurtre prémédité. Voici la version de la jeune femme...

Reyhaneh, une architecte d'intérieur de 19 ans, parlait au téléphone au sujet de son travail dans un café internet. La conversation a été entendue par hasard par Morteza Abdolali Sarbandi, un agent du renseignement qui était par ailleurs médecin chirurgien. Il l'a approchée pour des conseils professionnels sur la rénovation de son bureau. Ils ont ensuite fixé une date pour discuter le projet de rénovation de Morteza à son bureau. Ceci était un prétexte pour attirer la jeune femme dans un endroit afin de l'agresser physiquement et sexuellement.

Le jour de la réunion, Morteza a chargé Reyhaneh dans sa voiture. Sur le chemin de son bureau, Morteza s'est arrêté dans une pharmacie. Il a acheté  un article pendant que Reyhaneh attendait dans la voiture. Il est remonté dans la voiture et s'est rendu à son bureau. Dès l'arrivée à leur destination, Reyhaneh s'est rendue compte que l'endroit ne ressemblait pas à un lieu de travail. C'était une maison délabrée. Dans la maison, Reyhaneh a vu deux boissons sur la table. L'analyse de laboratoire a montré que le jus de fruit que Morteza s'apprêtait à servir à Reyhaneh contenaient des sédatifs connus pour être la drogue du viol. Morteza est entré à l'intérieur et a rapidement fermé la porte de l'intérieur. Il a mis ses bras autour de la taille de Reyhaneh et lui a dit qu ' "elle n'avait aucun moyen de s'échapper". Une lutte s'en est bientôt suivie. Reyhaneh essayant de se défendre a poignardé deux fois Morteza à l'épaule avec une arme blanche, en fait un petit couteau de poche pliable. Elle s'est ensuite échappée, puis elle a appelé une ambulance. Morteza est mort d'une hémorragie.

 

 

Un deuxième homme sur les lieux qui aurait-il pu être le meurtrier ?

Le ministère de l'intelligence de l'Iran "a mené sa propre enquête" sur l'assassinat, a déclaré Mohammad Mostafaei, l'avocat de la défense de Jabbari, ce qui est très inhabituel. Et la police dit avoir enquêté sur plusieurs pistes différentes dans l'assassinat, puis mis les documents et fichiers audio sur un CD qui a été placé dans une boîte de preuve se rapportant à l'affaire. Or l'avocat Mostafaei a révélé que les documents et matériels relatifs à l'affaire ont disparu au cours des sept dernières années.

Ces preuves révélées par la mère de Jabbari, Sholeh Pakravan, et son avocat indiquent qu'un troisième individu pourrait avoir joué un rôle dans l'incident. Ce troisième individu, identifié comme Sheikhy, semble avoir été inclus sur plusieurs messages texte envoyés par Sarbandi à Jabbari avant l'incident, selon Mostafaei et Pakravan. Lorsque Reyhaneh a poignardé Sarbandi avec son petit couteau de poche pliable, Sheikhy était tout près du lieu de la bagarre. Sarbandi n'est pas mort sur le coup à ce moment-là. Il semble même que Sheikhy ait été là tout le temps. De plus, Sarbandi était un gars plutôt costaud. Il n'aurait pas pu succomber à la blessure infligée par Reyhaneh. Ce troisième individu mystérieux a pu avoir été impliqué dans la mort du violeur tout en laissant Jabbari prendre toute la culpabilité sur elle.

Le CD perdu contenaient très probablement tous les documents nécessaires à disculper Reyhaneh, puisque devaient s'y trouver les informations de téléphonie et les messages textes entre la victime, Morteza Sarbandi et Sheikhy.

Le nom de Sheikhy a été cité à plusieurs reprises. Il semble avoir été présent dès le début de l'incident. Mais le tribunal ne l'a jamais invité à témoigner pour expliquer sa présence présumée sur la scène de crime et son rôle éventuel dans la mort de Sarbandi.

L'avocat et la famille croient que le ministère des Renseignements iranien ont intentionnellement détruit ces documents et les preuves qui pourraient disculper Jabbari afin de confirmer la condamnation de Jabbari. Il y a des signes que le régime iranien a été secrètement mêlé pour détruire des preuves qui pourraient sauver potentiellement la vie de Jabbari, selon sa mère, Sholeh Pakravan. La simple raison à cela était qu'il avait été« décidé »que Reyhaneh Jabbari était la meurtrière. Beaucoup de gens ont fait en sorte de bloquer la vérité.

Selon l'avocat Mostafaei : "Le véritable meurtrier était l'un des propres fonctionnaires du régime".

Pakravan, la mère de Jabbari a commenté les événements : "À mon avis, il y a une bande au sein du ministère du renseignement et de la surveillance qui est entièrement et totalement impliquée dans cette affaire et a en fait prévu la chose. Reyhaneh était un spectateur innocent qui se trouvait dans l'histoire".

Jabbari maman

Pakravan a en outre révélé que, avant une réunion de médiation du 7 avril entre elle et la famille de la victime, une de ses filles avaient été "suivie" et ensuite "chassée" par des inconnus. La famille de Jabbari craint pour sa sécurité. Pakravan envisage maintenant de prendre ses autres enfants de l'école pour assurer leur sécurité.

En outre, les responsables iraniens ont fait pression sur la famille de la jeune femme pour qu'elle ne contacte personne en dehors de l'Iran. Ils voulaient que la famille considère les personnes qui soutenaient Reyhaneh comme une bande de sales terroristes athées opposés à leur révolution islamique.

Le régime iranien a décidé de faire un exemple en exécutant Reyhaneh, même si la famille du violeur était pleinement consciente des ambiguïtés dans ce cas. Le gouvernement a insisté sur le fait de voir Reyhaneh pendue.

 

 

Que s'est-il passé après l'agression ?

arrestation

Reyhaneh a été arrêtée. Lors de son arrestation, Reyhaneh Jabbari a été informée par les autorités que l'assassinat avait été mis en place par eux et que cela avait été «motivé politiquement».

Un interrogateur est allé à l'appartement et a fait un rapport. A cette époque Reyhaneh avait clairement indiqué à l'enquêteur qu'elle était innocente, qu'elle avait rencontré Morteza pour une réunion d'affaires, et elle a dit qu'elle l'avait tué seulement en légitime défense pour empêcher le viol. "Le soir où j'étais là, je savais qu'il voulait me violer, donc parce que c'était de la légitime défense, je l'ai poignardé et je lui ai échappé", dit-elle.

 

 

Pourquoi a-t-on torturé Reyhaneh Jabbari ?

Reyhaneh a été torturée violemment par des bourreaux jusqu'à ce qu'elle avoue l'assassinat. Un expert de l'ONU a affirmé en avril que, pour établir la condamnation de la jeune femme, la cour n'avait pas pris en compte toutes les preuves, et que, de plus, ses aveux avaient été obtenus sous la contrainte.

En réalité, la pendaison de Reyhaneh s’est menée sur l’insistance des hauts responsables du ministère du Renseignement (le Vevak) au mépris des nombreux appels des organisations internationales des droits humains et des droits des femmes.

 

 

Quelle a été la version officielle...et la sentence ?

Reyhaneh Jabbari a été condamnée à la peine de mort, ce qui a été confirmé par la Cour suprême. Par conséquent, elle pouvait être exécutée à tout moment.

Jabbari tribunal

La justice iranienne a balayé la thèse du meurtre non prémédité : les éléments du dossier ont montré que "le meurtre était prémédité", a assuré le bureau du procureur de Téhéran dans un communiqué publié samedi 25/10/2014.

La version retenue par le tribunal a été celle-ci : Jabbari aurait poignardé Sarbandi dans le dos en 2007, après avoir acheté un couteau deux jours plus tôt. Reyhaneh Jabbari a avoué "avoir acheté un couteau de cuisine (...) deux jours avant le meurtre" et l'a utilisé pour commettre le meurtre, selon le communiqué, ajoutant qu'elle avait frappé M. Sarbandi dans le dos "ce qui montre qu'elle n'était pas en légitime défense". Enfin, elle a "envoyé un SMS à un ami dans lequel elle dit 'je vais le tuer ce soir', ce qui montre que le meurtre était prémédité et que l'affirmation de défense contre un viol est sans fondement", poursuit le texte.

"Les tribunaux ont dit que si une femme est violée, c'est de sa faute. Ils ont dit de Reyhaneh qu'elle est une chienne mesquine et égoïste", a déclaré Pakravan, la maman. "Vous devez comprendre que les lois en Iran sont des lois médiévales de représailles, de vengeance et de punition et malheureusement pour nos cœurs brisés, la vie de Reyhaneh est entre leurs mains", a déclaré Pakravan, dont la dernière visite à sa fille en prison le samedi.

 

La famille du violeur a refusé de pardonner à Reyhaneh Jabbari

Le ministre de la justice Mostafa Pour-Mohammadi avait laissé entendre début octobre qu’une fin heureuse était en vue, et que la famille de la victime aurait pu sauver la vie de Jabbari en acceptant le prix du sang mais qu’ils avaient refusé de le faire.

Au cours des dernières semaines, la justice iranienne avait accordé plusieurs délais pour obtenir de la famille de la victime qu'elle accorde son pardon, ce qui, selon la charia (loi islamique), en vigueur en Iran, permet à un condamné à mort pour meurtre d'échapper à l'exécution et de purger une peine de prison.

Lors d'une réunion concernant le cas à la Direction de la Cour pénale 74, la famille de la victime - une fille et deux garçons - se leva et demanda une «peine de mort». Reyhaneh a expliqué qu'elle avait fait cela pour se défendre.

Amnesty International a déclaré que le verdict était juridiquement erroné, étant donné que Jabbari avait affirmé que Sarbandi avait essayé de la violer et qu’elle l’avait poignardé, alors que le meurtrier était en fait un autre homme présent dans la maison.

La famille de M. Sarbandi a exigé, selon les médias iraniens, que Reyhaneh Jabbari dise "la vérité" sur l'identité d'un autre homme présent au moment du meurtre pour accorder son pardon. "Dans ses aveux, elle a déclaré qu'un homme était dans l'appartement au moment où mon père a été poignardé, mais elle refuse de donner son identité", avait déclaré Jalal, le fils de Morteza Abdolali Sarbandi, à la presse en avril. "Si elle dit la vérité, elle sera pardonnée, sinon elle subira la loi du talion" et donc la pendaison, avait-il poursuivi.

 

 

Une levée de protestation à travers le monde

soutien Jabbari

Cette condamnation par pendaison a déclenché l'indignation dans plusieurs pays.

La Résistance iranienne avait appelé à de nombreuses reprises à sauver cette jeune fille et mené plusieurs campagnes à cet effet.

Une pétition a été mise en ligne sur Avaaz. Plus de 240.000 personnes ont déjà signé cette pétition.   

Des artistes et des personnalités de la société civile avaient appelé à la clémence, tout comme des organisations internationales des droits de l'Homme.

Son exécution rapportée par l'agence officielle Irna a immédiatement suscité la condamnation d'Amnesty International qui l'a qualifié de "nouvelle tache dans le bilan des droits de l'Homme de l'Iran" et d'"un affront à la justice". Amnesty International avait affirmé dans un communiqué vendredi soir que la jeune femme allait être exécutée, et sur la page Facebook créée en soutien à Reyhaneh Jabbari apparaît désormais le message «Repose en Paix». On y voit des photos de la jeune fille lorsqu'elle était encore enfant.

"Nous condamnons l'exécution ce matin en Iran de Reyhaneh Jabbari", a indiqué la porte-parole du département d'Etat américain, Jennifer Psaki, dans un communiqué. "Il y a de sérieux doutes sur l'équité du procès et les circonstances entourant ce dossier, dont des rapports faisant état de confessions recueillies sous de sérieuses contraintes". Psaki a conclu par ces mots : "Nous joignons notre voix à celles qui demandent à l'Iran de respecter l'équité des procès garantie à son peuple par la loi iranienne elle-même ainsi que ses obligations internationales",

Outre les Etats-Unis, le Royaume-Uni a également vivement condamné l'exécution de la jeune femme. A Londres, le ministre chargé du Moyen-Orient Tobias Ellwood a "vivement regretté le recours à la peine de mort dans le cas de Reyhaneh Jabbari", réitérant la "ferme opposition" du Royaume-Uni à cette sentence.

En Allemagne, plusieurs membres des Femen ont protesté le 27/10/2014 devant l'ambassade iranienne de Berlin pour dénoncer la pendaison de Reyhaneh Jabbari et les lois de la sharia.

Femen pendaison

 

 

Les mollahs visent à instaurer un régime de terreur, notamment contre les femmes

En 2013, au moins 500 personnes ont été exécutées en Iran, en majorité pour des affaires de drogue, selon l'ONU.

En Iran, que ce soit pour les hommes, les femmes, y compris des mineurs, il existe 131 infractions punissables de mort sous la République islamique fondamentaliste. Certains de ces crimes comprennent l'adultère, le vol, l'homosexualité, la possession de drogue et de la dissidence politique. L'Iran a pendu plus de personnes par habitant que tout autre pays dans le monde, depuis l'élection du président Rohani. Il y a eu une forte augmentation des exécutions. Les procès en Iran sont en dessous des normes internationales. Et la majorité de ceux qui sont pendus n'ont même pas accès à un avocat, un jury, ou même des preuves.

Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance iranienne a estimé que la pendaison de Reyhaneh Jabbari, étudiante décoratrice de 26 ans, marquait une fois de plus la sauvagerie et la misogynie du régime des mollahs. Le régime misogyne des mollahs cherche à intensifier le climat de terreur, en particulier contre les femmes et les jeunes qui ne se soumettent pas à son oppression. Cet acte cruel de pendaison est l’autre face des agressions inhumaines à l’acide des mollahs contre les femmes et les jeunes filles innocentes.

Maryam Radjavi a appelé l’ensemble des instances de défense des droits humains et des droits des femmes à condamner vigoureusement l’exécution de cette jeune étudiante et à prendre des mesures rapides et contraignantes contre la dictature religieuse pour faire cesser les exécutions, la torture et les tueries en Iran.

 

 

Une lettre à sa mère avant de mourir

La jeune Jabbari avait écrit une dernière lettre à sa mère, dans laquelle elle lui demande de s’assurer que tous ses organes seraient donnés après sa mort.

La lettre poignante, écrite en avril mais diffusée seulement ce week-end par des militants pacifistes iraniens, a été écrite par Reyhaneh Jabbari, 26 ans, à sa mère Sholeh Pakravan (voir photo ci-dessous), qui avait demandé aux juges d’être pendue à la place de sa fille pour le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, un ancien agent de renseignement.

maman de Jabbari

Les militants ont déclaré que Pakravan avait été autorisée à voir sa fille pour la dernière fois pendant seulement une heure, plus tôt dans la semaine, et qu’elle avait été informée de sa mort imminente par une note, quelques heures avant.

Chère Sholeh, aujourd’hui j’ai appris que c’est à mon tour de faire face à Qisas (la loi du talion dans le système judiciaire iranien, ndlr). Je suis blessée d’apprendre que tu ne m’as pas laissé savoir que j’avais atteint la dernière page du livre de ma vie. Ne penses-tu pas que j’aurais dû savoir? Tu sais que ta tristesse me rend honteuse. Pourquoi ne m’as tu pas laissé la chance d’embrasser ta main et celle de papa?

Le monde m’a permis de vivre pendant 19 ans. Durant cette nuit inquiétante, j’aurais dû être tuée. Mon corps aurait été jeté dans un coin de la ville, et après quelques jours, la police t’aurait conduite dans le bureau du médecin légiste afin d’identifier mon corps et tu aurais appris que j’avais également été violée. Le meurtrier n’aurait jamais été retrouvé puisque nous n’avons ni leur richesse ni leur pouvoir. Tu aurais alors continué ta vie dans la douleur et dans la honte, et quelques années plus tard tu serais morte de cette douleur, voilà tout.

Néanmoins, avec ce maudit coup, l’histoire a changé. Mon corps n’a pas été jeté au loin, mais dans la tombe de la prison d’Evin et ses cellules d’isolement, et à présent la prison de Shahr-e Ray, qui ressemble aussi à une tombe. Mais tu dois céder au destin. Ne te plains pas. Tu sais mieux que moi que la mort n’est pas la fin de la vie.

Tu m’as appris que l’on vient au monde pour profiter d’une expérience et apprendre une leçon, et qu’avec chaque naissance, une responsabilité est placée sur notre épaule. J’ai appris que parfois l’on doit se battre. Je me souviens quand tu m’as raconté que l’homme s’est opposé à l’homme qui me flagellait, mais que ce dernier lui a fouetté la tête et le visage jusqu’à ce qu’il meure. Tu m’as dit que pour créer de la valeur, l’on devait persévérer même si un autre mourait.

Tu m’as appris que, puisque nous allons à l’école, nous devons nous comporter en dame face aux querelles et aux plaintes. Te souviens-tu à quel point tu insistais sur la façon dont on se comportait? Ton expérience était incorrecte. Quand cet incident s’est produit, mes enseignements ne m’ont pas aidé. Etre présentée à la barre m’a fait passer pour une meurtrière de sang-froid et une criminelle sans pitié. Je n’ai pas versé une larme. Je n’ai pas supplié. Je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps car je faisais confiance à la loi.

Mais j’été accusée d’être indifférente au crime. Tu vois, je ne tuais même pas les moustiques et je prenais les cafards par les antennes pour les jeter un peu plus loin. Désormais je suis devenue une meurtrière préméditée. Mon traitement des animaux a été interprété comme ayant un penchant masculin et le juge n’a même pas pris la peine de regarder les faits et de voir qu’au moment de l’incident j’avais de longs ongles vernis.

C’était si optimiste d’attendre de la justice de la part des juges ! Il ne s’est jamais interrogé sur le fait que mes mains ne sont pas épaisses comme celles d’une sportive, en particulier d’une boxeuse. Ce pays que tu m’as fait chérir n’a jamais voulu de moi et personne ne m’a soutenu quand, sous les coups des interrogateurs, je criais et j’entendais les mots les plus vulgaires. Quand j’ai perdu mon dernier signe de beauté en me rasant les cheveux, j’ai été récompensée : 11 jours en cellule d’isolement.

Chère Sholeh, ne pleure pas pour ce que tu entends. Le premier jour, au poste de police, quand un vieil agent non marié m’a brutalisé à cause de mes ongles, j’ai compris que l’on ne recherche pas la beauté dans cette ère. La beauté des apparences, la beauté des pensées et des souhaits, une belle écriture, la beauté des yeux et de la vision, et même la beauté d’une douce voix.

Ma chère mère, mon idéologie a changé et tu n’en es pas responsable. Ma lettre est interminable et je l’ai donné à quelqu’un pour que, lorsque je serai exécutée sans ta présence et sans ton savoir, elle te sera donnée. Je te laisse ce matériel écrit en héritage.
Cependant, avant ma mort, je veux quelque chose de toi, que tu dois me fournir avec toute ta force, quelle que soit la manière dont tu l’obtiens. En fait, c’est la seule chose que je veux de ce monde, de ce pays et de toi. Je sais que tu as besoin de temps pour cela.
Je vais donc te raconter une partie de mon vœu dès maintenant. S’il te plaît, ne pleure pas et écoute. Je veux que tu ailles au tribunal et que tu leur fasses part de ma requête. Je ne peux pas écrire une telle lettre qui serait approuvée par le chef de la prison ; alors une fois de plus, tu dois souffrir à cause de moi. Pour cette chose seulement, je t’autorise à supplier, bien que je t’ai dit à maintes reprises de ne pas supplier de me sauver de l’exécution.

Ma tendre mère, chère Sholeh, qui m’est plus chère que ma propre vie, je ne veux pas pourrir sous terre. Je ne veux pas que mes yeux ou mon jeune cœur deviennent poussière. Tu dois les supplier pour que, dès que je serai pendue, mon cœur, mes reins, mes yeux, mes os et tout ce qui peut être transplanté soit retiré de mon corps et donné à quelqu’un qui en a besoin. Je ne veux pas que le receveur connaisse mon nom, ni qu’il m’achète des fleurs ou même qu’il prie pour moi.

Je te le dis depuis le plus profond de mon cœur : je ne veux pas d’une tombe où tu viendrais pleurer et souffrir. Je ne veux pas que tu portes du noir pour moi. Fais de ton mieux pour oublier mes jours difficiles. Donne-moi au vent, afin qu’il m’emporte.

Le monde ne nous a pas aimé. Il n’a pas voulu mon destin. Et à présent, je lui cède et j’embrasse la mort. Car dans la cour de Dieu, j’accuserai les inspecteurs, j’accuserai l’inspecteur Shamlou, j’accuserai le juge, et les juges de la Cour Suprême du pays qui m’ont tabassée quand j’étais éveillée et n’ont eu cesse de me harceler.

Dans la cour du Créateur, j’accuserai le Docteur Farvandi, j’accuserai Qassem Shabani et tous ceux qui, par ignorance ou avec leurs mensonges, m’ont fait du mal et ont piétiné mes droits et n’ont pas tenu compte du fait que parfois, ce qui semble être la réalité ne l’est en fait pas du tout.

Ma chère et tendre Sholeh, dans l’autre monde c’est toi et moi qui sommes les accusatrices et les autres qui sont les accusés. Nous verrons ce que Dieu désire. Je voulais t’embrasser jusqu’à ce que je meurs. Je t’aime.

 

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Publié le: 31/10/2014 16:45
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Re : [Iran] A quoi ressemblait la jeunesse de Reyhaneh Jabbari en Iran en 2007 ?
#2

A quoi ressemblait la jeunesse de Reyhaneh Jabbari en Iran en 2007 ?

Pour comprendre quelle a pu être la jeunesse et l'adolescence de la jeune Reyhaneh Jabbari, voici deux courtes vidéos.

Dans la première vidéo, vous découvrirez la police iranienne de la pudeur en action dans les rues de Téhéran. Deux femmes largement couvertes de noir, accompagnées d'un agent de police procèdent aux interpellations. Entre recommandations et interdictions, les agents de cette police spéciale s'en prennent à toutes celles qui ne répondent pas aux règles islamiques de pudeur, parfois avec violence. Cette vidéo a été mise en ligne en mai 2007. Pour rappel, l'agression dont a été victime Reyhaneh Jabbari s'est produite 3 mois plus tard, en juillet 2007.

Dans la deuxième vidéo, mise en ligne en octobre 2009, vous apprendrez comment se vit la jeunesse en Iran. En République Islamique d'Iran, 60% de la population a moins de 25 ans. Depuis la Révolution islamique de 1979, les règles de la charia régissent le pays. Il est interdit de boire, d'avoir une relation, même sentimentale, en dehors du mariage et le voile est obligatoire pour les femmes. Dans la vidéo, un jeune garçon habitant à Massuleh (un village traditionnel des montagnes du Nord de l'Iran) explique comment les jeunes arrivent à contourner le régime instauré par les mollahs.

Comme vous avez pu le constater, ce régime est loin d'être voulu et apprécié par la population. Beaucoup de jeunes aspirent en fait à vivre une vie à l'occidentale. Ils aimeraient écouter de la musique américaine sans que ce ne soit un crime, ou bien tenir la main d'une petite amie en rue sans risquer de lourdes amendes, voire une peine de prison.

C'est cette jeunesse qu'a connue Reyhaneh Jabbari, pendue pour avoir résisté à son violeur, un agent des renseignements à la solde des mollahs.

 

 

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Publié le: 31/10/2014 16:59
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