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Les Juifs sont les descendants des singes et des porcs

"Des religieux musulmans se basent sur des versets du Coran, des interprétations et des traditions pour affirmer : les juifs sont les descendants de singes, de porcs et d’autres animaux"
Publié par joe le 01-01-1970 19:50:00 (2336 lectures)
Islam: Devoir de conquête, haine des incroyants, de l'Occident, barbarisme, sexisme,...

Introduction

Représenter les juifs – et parfois aussi les sionistes – comme «les descendants de singes et de porcs» est une pratique du discours public extrêmement répandue aujourd’hui dans les mondes arabe et islamique.

Par exemple, dans un sermon hebdomadaire d’avril 2002, le cheikh d’al-Azhar Muhammad Sayyid Tantawi, religieux du rang le plus élevé dans le monde musulman sunnite, appelait les juifs «ennemis d’Allah, descendants de singes et de porcs» (1).

Dans un de ses sermons, le cheikh saoudien Abd al-Rahman al-Sudayyis, imam et prédicateur à la mosquée al-Haraam – la plus importante mosquée de La Mecque – implorait Allah d’anéantir les juifs. Il préconisait aux Arabes d’abandonner les initiatives de paix avec eux ; parce qu’ils sont «le rebut du genre humain, les rats de l’univers, les violateurs de pactes et d’accords, les meurtriers des prophètes, et la descendance de singes et de porcs» (2) .



«Lisez l’histoire», disait al-Sudayyis dans un autre sermon, «et vous comprendrez que les juifs d’hier sont les parents maléfiques des juifs d’aujourd’hui, qui sont une descendance maléfique, des infidèles ; ils déforment les paroles [des autres], adorent un veau, sont des meurtriers de prophètes, renient les prophéties… ils sont le rebut du genre humain ’qu’Allah a maudits et transformés en singes et en porcs’… Tels sont les juifs, un continuum ininterrompu de tromperie, d’obstination, d’immoralité, de mal et de corruption…» (3).

Dans un sermon prononcé à la mosquée Said al-Jandoul d’al-Taif, le cheikh saoudien Ba’d bin Abdallah al-Ajameh al-Ghamidi, expliquait que «les caractéristiques des juifs» étaient présentes en tous temps et en tous lieux. «Le comportement actuel des frères de singes et de porcs, leur traîtrise, leur violation des accords, leur profanation des lieux saints… sont liés aux actes de leurs ancêtres au début de l’Islam – ce qui prouve la grande similitude qui existe entre les juifs qui vivent aujourd’hui et ceux qui vivaient à l’aube de l’Islam.» (4).

Dans un sermon d’août 2001, le cheikh Ibrahim Madhi, fonctionnaire de l’Autorité palestinienne et imam de la mosquée Cheikh Ijlin, la principale mosquée de Gaza City, demanda aux Palestiniens d’oublier leurs dissensions internes et de tourner toutes les armes contre les juifs : « les lances doivent être dirigées contre les juifs, ennemis d’Allah, la nation maudite dans le livre d’Allah. Allah [les] décrivit comme des singes et des porcs, adorateurs d’un veau et d’idoles…» (5).

Voir, dans les juifs «les descendants de singes et de porcs» est également commun dans l’Islam chiite. De telles affirmations se trouvent, par exemple, dans un discours prononcé en 1998 par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, à l’occasion de la fête chiite de ‘Ashoura. Nasrallah y regrettait que la fête coïncidât «avec le cinquantième anniversaire de la catastrophe historique affligeante et amère que représente l’établissement de l’État des descendants de singes et de porcs – les juifs sionistes – sur la terre de Palestine et de Jérusalem». Il conclut son discours par ces mots : «… Nous réaffirmons le slogan de la lutte contre le grand Satan et crions, comme l’an dernier : ’Mort à l’Amérique’. Aux meurtriers des prophètes, les descendants de singes et de porcs, nous disons : … ’Mort à Israël’…» (6).

Ces déclarations ne sont pas le fait des seuls religieux et prédicateurs. Sous leur direction, les meneurs de l’opinion publique du monde arabe appellent aussi les juifs «descendants de singes et de porcs». L’image a imprégné la conscience publique jusque dans l’éducation des enfants. En mai 2002, Iqraa, la chaîne de télévision satellitaire égypto-saoudienne, qui, à en croire son site Web (7), a pour but de «mettre en valeur les aspects de la culture arabe islamique qui inspirent le respect», «de mettre en valeur la vraie image tolérante de l’Islam et de réfuter les accusations portées contre l’Islam», et «d’implanter un esprit de compréhension mutuelle et de dialogue entre les membres de la nation et d’ouvrir des canaux de relation culturelle avec les cultures des autres nations», interrogeait une «vraie fille musulmane» de trois ans et demi à propos des juifs. Dans le programme «Le magazine de la femme musulmane », on demanda à la fillette si elle aimait les juifs ; elle répondit «Non». Quand on lui demanda pourquoi elle ne les aimait pas, elle répondit que les juifs étaient «des singes et des porcs». «Qui a dit cela ?» demanda l’animateur. La fillette répondit «Notre Dieu». «Où a-t-il dit cela ?» «Dans le Coran.» À la fin de l’interview, l’animateur satisfait dit : «Aucun [parent] ne pourrait souhaiter qu’Allah leur donne une fille plus croyante qu’elle… Qu’Allah la bénisse, de même que son père et sa mère. La prochaine génération d’enfants doit être une génération de vrais musulmans. Nous devons les éduquer maintenant qu’ils sont enfants, pour qu’ils soient de vrais musulmans.» (8).

En avril 2002, un talk-show hebdomadaire sur la chaîne de télévision satellitaire al-Jazeera, «La direction opposée» - qui prétend compter des dizaines de millions de spectateurs de par le monde -, était consacré à la question : «Le sionisme est-il pire que le nazisme ?» L’animateur, le docteur Faisal al-Qassam, évoqua l’opinion d’un spectateur qui écrivait, depuis le site Web de la chaîne : «Les fils de Sion, que notre Dieu a décrits comme fils de singes et de porcs, ne seront découragés que s’il y a un véritable holocauste, qui les détruira tous en une fois, en même temps que les traîtres – ceux qui collaborent avec eux, la lie de cette nation [islamique].» (9).

Salim ‘Azzouz, journaliste au quotidien d’opposition égyptien al-Ahrar, affilié au Parti libéral religieux, décrit ainsi le retrait d’Israël du Liban, en 2000 : «Ils s’enfuirent avec juste la peau sur leurs corps, comme fuient des porcs. Et pourquoi dire ’comme’, puisqu’ils sont véritablement des porcs et des singes ?» (10).

Le présent article veut situer ces références aux juifs comme singes et porcs dans leur contexte religieux et historique et montrer leurs racines dans les sources religieuses musulmanes.


Chapitre 1

Les sources religieuses islamiques à propos des juifs – Les ’descendants de singes et de porcs’

Selon l’Islam, les anciens juifs furent transformés en animaux pour avoir transgressé la parole de Dieu (11). Ce châtiment divin est mentionné dans les sources les plus importantes de la loi religieuse islamique, tant dans le récit de la révélation divine dans le Coran que dans les hadiths (traditions du prophète Mahomet) extrêmement fiables, compilés par les principaux savants du IXe siècle, Muslim et al-Bukhari (12), qui mentionnent aussi des souris, des lézards et d’autres animaux, dans le même contexte.

Le châtiment divin contre les juifs est mentionné dans trois versets du Coran : « …Ce sont ceux qu’Allah a rejetés, sur qui sa colère est tombée et qu’il a transformés les uns en singes et en porcs…» (5 : 60) ; « Vous avez certainement appris la fin de ceux parmi vous qui ont transgressé le sabbat, en conséquence de quoi nous les avons condamnés : Soyez comme des singes, méprisés » (2 : 65) (13) ; et «quand, au lieu de s’amender, ils persistèrent davantage dans la poursuite de ce qui leur était interdit, nous les condamnâmes : Soyez comme des singes, méprisés» (14) (7 : 166).

La littérature arabe (adab) traita aussi de la transformation des juifs en animaux. Dans son traité du XIXe siècle, Le Livre des animaux, le plus grand de ces auteurs, al-Jahiz (15), signale qu’il est généralement pensé que le guépard, l’anguille, la fourmi blanche, la souris et le lézard étaient à l’origine des juifs. Il mentionne la tradition qui raconte comment un sage vit un homme qui mangeait un lézard et lui dit : «Sache que tu as mangé un des cheikhs des fils d’Israël.» Il ne signale pas pourquoi ils furent changés en animaux, mais il dit que la preuve en est que «la patte du lézard ressemble à la main de l’homme» (16).


Chapitre 2

Commentaire coranique : les pécheurs chrétiens et musulmans furent aussi transformés en singes et en porcs

Bien que dans le Coran la transformation en singes et en porcs ne soit liée qu’aux seuls juifs, le commentaire du Coran lie aussi la transformation en singes et en porcs à des chrétiens. Le verset 5 : 112-115 raconte que les apôtres voulaient savoir si Dieu pouvait faire descendre du ciel une table chargée de nourriture. Jésus adressa cette demande à Dieu et elle fut exaucée. Mais Dieu l’avertit que quiconque mangerait à la table et blasphémerait par la suite serait puni comme personne n’avait encore été puni. Dans son commentaire sur ce verset, le célèbre commentateur du Xe siècle, al-Tabari (17), dit que, malgré l’avertissement divin, certains blasphémèrent et furent punis en étant transformés en singes et en porcs – ou, dans une autre version, seulement en porcs (18).

Un autre verset qui lie des chrétiens à des singes et à des porcs est le verset 3 : 61 ; selon le commentaire de ce verset, une délégation de chrétiens de Najran vint à Médine pour débattre avec le prophète de la question : Jésus était-il fils de Dieu, comme le prétendaient les chrétiens, ou chair et sang, sans père ni mère, comme le prétendaient les musulmans ? Après avoir constaté qu’ils ne pouvaient pas s’accorder, ils décidèrent de se rencontrer à nouveau et de se maudire les uns les autres, pensant que la malédiction divine frapperait ceux d’entre eux qui mentaient. Quand la délégation chrétienne vit que le Prophète avait amené avec lui ses parents de la famille de ‘Ali bin Abu Taleb, ils furent effrayés, reconnurent sa mission prophétique et décidèrent de faire la paix avec lui, de reconnaître son autorité et de payer la jizya [impôt payé par les non-musulmans sous domination musulmane]. Selon un hadith du Prophète, cité surtout dans des sources chiites, si au lieu de cela ils l’avaient maudit, ils auraient été transformés en singes et en porcs (19).

Dans les traditions islamiques, les musulmans furent aussi menacés d’être transformés en singes et en porcs. Cependant, pour les juifs et les chrétiens, ce châtiment était un évènement du passé, tandis que, pour les musulmans, il serait infligé au jour du Jugement. Dans son article « Apes, Pigs, and the Islamic Identity », le chercheur U. Rubin indique que les musulmans menacés d’être transformés en animaux n’étaient pas des pécheurs ordinaires, mais ceux dont le péché avait une nature juive ou chrétienne. L’usage d’un châtiment spécifique aux juifs et aux chrétiens avait pour but de combattre l’influence juive et chrétienne dans la société islamique, qui menaçait l’unité de l’identité islamique. L’identité islamique était censée être basée sur l’unité et la moralité ; tout musulman qui imitait les juifs ou les chrétiens constituait donc une menace pour cette identité.

L’unité musulmane était menacée par les musulmans qui avaient rejeté des conceptions [musulmanes] orthodoxes et étaient suspects de suivre l’exemple judéo-chrétien. Aussi, la plupart des traditions concernant des musulmans qui devaient être punis, au jour du Jugement, en étant changés en animaux, se rapportaient-elles aux Qadaris. Les Qadaris rejetaient l’idée de prédestination (qadar) et leurs opinions étaient perçues, par ceux qui les combattaient, comme étant d’origine judéo-chrétienne ; aussi étaient-ils stigmatisés de la manière très spécifique dont l’étaient les juifs et les chrétiens, en étant, comme eux, transformés en singes et en porcs. En outre, les idées des Qadaris étaient très répandues dans la ville de Basra ; Basra est donc décrite dans les traditions comme l’endroit où cette transformation devait probablement avoir lieu.

Le danger encouru par la moralité islamique provenait des musulmans qui adoptaient des aspects profanes de la civilisation judéo-chrétienne. La transformation eschatologique en singes et en porcs était donc également associée aux musulmans qui commettaient des péchés comme boire du vin, jouer d’instruments de musique en compagnie de chanteuses esclaves, et, parfois, porter des vêtements de soie ; d’autres péchés étaient le faux témoignage, l’usure et l’homosexualité. Certains de ces péchés étaient réputés spécifiques aux juifs et aux chrétiens (usure, vin, musique) ; d’autres étaient l’apanage de tous les non-Arabes (ornements de soie). Ces comportements étaient censés constituer une menace contre l’identité islamique ; les transgresseurs étaient donc menacés de ce châtiment judéo-chrétien classique (20).

L’idée de la transformation en animaux fut également utilisée par les deux principaux courants de l’Islam, les sunnites et les chiites, dans leurs reproches mutuels. Selon la tradition chiite, le deuxième calife musulman, Omar bin al-Khattab, particulièrement admiré par les sunnites, parcourt la terre sous la forme d’un hibou. Une autre tradition chiite veut que le meurtrier de Hussein bin ‘Ali, petit-fils du Prophète admiré par les chiites, fut puni en étant changé en chien à quatre yeux. Le meurtrier fut aussi condamné à chercher désespérément de l’eau sans parvenir à en boire, même quand il en trouvait, parce qu’il avait empêché la famille de Hussein d’atteindre une source d’eau à la bataille de Karbala (21).

Inversement, la tradition sunnite affirme que certains chiites de Médine et d’autres lieux furent changés en singes et en porcs, et que leurs cœurs et leurs visages changèrent de forme au moment de leur mort. Cela se situe dans le contexte de l’accusation selon laquelle les chiites ressemblent beaucoup aux juifs, «ce qui ne devrait pas surprendre», comme l’explique le docteur Abu Muntasir al-Balaoushi, sur un site Web sunnite (22), «puisque les juifs ont inventé la chi’a (la religion chiite) et que [la chi’a] est imprégnée de croyances et principes [juifs] depuis le jour de sa création.»


Chapitre 3

Les racines historiques du châtiment

La croyance que des gens étaient transformés par une intervention surnaturelle – d’habitude un châtiment divin – en animaux, en statues ou en étoiles, était courante parmi les Arabes et d’autres peuples avant l’Islam.

Dans les sources juives et chrétiennes (Genèse, 19 : 26), la femme de Lot fut changée en colonne de sel quand elle viola l’interdiction divine de regarder en arrière vers Sodome (23). Une autre histoire familière de la période préislamique est celle d’Isaf et de Na’ila – deux amants qui firent un pèlerinage à La Mecque. Quand ils se trouvèrent seuls dans la Ka’abah, ils forniquèrent et furent immédiatement changés en pierre. Al-Jahiz dit que la crevette grise était, à l’origine, un couturier qui vola du fil et fut transformé en une créature qui se faufile, pour lui rappeler son crime. Al-Jahiz dit aussi que le serpent avait, auparavant, la forme d’un chameau, mais que Dieu le punit en le forçant à ramper sur la terre. Des légendes iraniennes attribuent à certains animaux – ours, éléphants, tortues, vautours, corbeaux, hiboux, frelons, huppes, singes, porcs, chiens et lézards – des transformations qui eurent lieu après le début de l’Islam. La planète Vénus était prétendument une prostituée qui monta aux cieux et devint une étoile, en vertu de sa connaissance du plus grand nom d’Allah. Dans Les Mille et une nuits, des gens sont fréquemment changés en animaux et reprennent par la suite leur forme originelle, normalement par aspersion d’eau (24).

Différents chercheurs ont essayé d’expliquer l’origine du châtiment de transformation, mentionné dans le Coran. F. Viré soutient que le châtiment coranique tire son origine de la fameuse légende citée dans le Talmud, où certains des constructeurs de la Tour de Babel furent maudits par Dieu et transformés en singes. Il base cette histoire sur le traité talmudique Sanhedrin (25), où les constructeurs qui cherchaient à atteindre le ciel «furent divisés en trois groupes. Le premier dit : ’Montons et habitons là’ ; le deuxième dit ’Montons et adorons les étoiles’ ; et l’autre dit ’Montons et faisons la guerre’. Ceux qui dirent ’Montons et habitons là’, Dieu les dispersa. Ceux qui dirent ’Montons et faisons la guerre’ furent transformés en singes, en fantômes, en démons et en esprits mauvais. Et ceux qui dirent ’Montons et adorons les étoiles’, Dieu confondit pour eux les langues de toute la terre.» (26).

Ilse Lichtenstadter explique que ces versets faisaient partie de la tentative du prophète Mahomet de gagner le soutien des juifs de La Mecque, en les menaçant d’un châtiment sévère s’ils persistaient à refuser de se joindre à lui. Elle identifie deux sources anciennes pour le châtiment de la transformation en singes, mentionné dans le Coran. Les singes jouaient un rôle dans les légendes ou dans les rituels de deux civilisations anciennes. En Inde, le dieu-singe, Hanuman, était très connu, et des récits le concernant atteignirent la péninsule arabe par l’entremise du commerce des épices entre l’Inde et l’Arabie méridionale. Les anciens Égyptiens avaient le dieu-babouin Thoth, représenté d’ordinaire comme un singe à tête de chien. Les histoires d’une race de gens à tête de chien, associés au babouin, atteignirent aussi la chrétienté. Selon une légende grecque, saint Christophe avait jadis appartenu à une race d’hommes à tête de chien, et lors de sa conversion au christianisme, il lui avait été donné de parler comme un humain au lieu d’aboyer. Il fut martyrisé, (peut-être) pendant le règne de l’empereur romain Dèce, au IIIe siècle ; son symbole est une tête de chien. L’influence de la civilisation syro-chrétienne atteignit la péninsule arabe ; les légendes d’hommes à tête de chien peuvent avoir été connues du Prophète.

Lichtenstadter décrit aussi le comportement des animaux et le châtiment auquel il correspond. Les porcs sont reliés au culte des idoles, vu qu’ils étaient offerts en sacrifices idolâtriques, aussi le Coran interdit-il d’en manger. Dans des sources anciennes, le singe est identifié au mal, aux démons et au diable ; ceux qui étaient transformés en singes étaient donc bannis de la société humaine et rejetés dans la sphère du diable.

L’influence de l’idée de transformation en animaux sur la conscience musulmane est nette à travers l’histoire. En Espagne, par exemple, pendant les périodes de friction entre les différentes communautés religieuses, les musulmans appelaient les juifs «singes» et les chrétiens « porcs et chiens». En Afrique du nord, sous la dynastie musulmane aghlabide (IXe au XIe siècle), les juifs étaient obligés de porter sur l’épaule un morceau de tissu avec l’image d’un singe, et les chrétiens devaient porter un morceau de tissu avec l’image d’un porc. Ils devaient aussi coller ces images sur les portes de leurs maisons respectives (28). En outre, le concept de transformation influença la loi alimentaire islamique. En général, les chiites augmentèrent le nombre d’animaux supposés être d’origine humaine et interdirent leur consommation. Par exemple, le lièvre était inclus sur cette liste. Par contraste, les sunnites eurent tendance à réduire la liste ; bien qu’il y ait des traditions sunnites concernant des gens transformés en animaux, elles ne sont pas souvent citées par les juristes sunnites quand ils fixent les lois alimentaires (29) .


Chapitre 4

Commentaire islamique sur la transformation des juifs en singes et en porcs

A. Les circonstances du châtiment

Dans son vaste traité sur le Coran, le commentateur du Xe siècle, al-Tabari explique que les juifs furent transformés en animaux parce qu’ils refusèrent d’accepter le vendredi comme jour de repos. Les juifs, dit-il, comme les autres nations, reçurent l’ordre de faire du vendredi leur jour saint «à cause de ses vertus et de son importance dans les cieux et aux yeux des anges, et parce que le jour du Jugement tomberait un vendredi». Les musulmans acceptèrent le vendredi comme le jour le plus important, tandis que les juifs refusèrent, prétendant que le samedi était le meilleur jour, parce qu’Allah avait créé les cieux, la terre et tout le reste en six jours, et s’était reposé le septième. Les chrétiens aussi refusèrent de suivre le commandement de Dieu d’honorer le sixième jour, disant que le dimanche était le meilleur jour. Allah instruisit Jésus de les autoriser à faire du dimanche leur jour de repos pourvu qu’ils le fassent selon certains préceptes ; cependant, les chrétiens ne suivirent pas ces préceptes et leur insubordination est mentionnée dans le Coran. Allah dit aussi à Moïse d’autoriser les juifs à faire du samedi leur jour de repos, à la condition que, ce jour-là, ils s’abstiennent de pêcher et de tout travail permis pendant les jours de la semaine. Cependant, les juifs ne satisfirent pas à ces conditions et c’est pourquoi ils furent punis.

Les juifs qui furent transformés en animaux sont communément identifiés par le commentaire coranique à des habitants du village d’Iliya (30), situé sur la côte de la mer Rouge. Le commentaire coranique raconte comment Allah fit apparaître, un samedi, de grands bancs de poissons et les fit disparaître avant le coucher du soleil, pour mettre à l’épreuve la foi des juifs et leur obéissance à ses commandements. Cela fut trop dur pour les juifs, qui trouvèrent des moyens de contourner l’interdit divin de pêcher le samedi. Ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet et un des premiers commentateurs du Coran, écrivit qu’un juif prit en secret un poisson le samedi, l’attacha avec une ficelle à un piquet dans le sol. Le jour suivant, il tira le poisson et le mangea. Quand il vit qu’il n’était pas puni, il répéta ses actes le samedi suivant, et encore le samedi suivant. Finalement les voisins sentirent l’odeur du poisson de sa cuisine, et se mirent à suivre son exemple. Longtemps ils mangèrent en secret, et Allah ne se hâta pas de les punir, mais quand ils se mirent à pêcher ouvertement et à vendre leurs prises interdites sur le marché, ils furent punis.

Al-Tabari cite une autre tactique utilisée par les juifs pour contourner l’interdit. Un juif qui avait une folle envie de poisson creusa un puits avec un tunnel conduisant du puits à la mer. Le samedi, il ouvrit le tunnel de sorte que les vagues entraînent le poisson dans le puits. Le dimanche, l’homme cuisit le poisson. L’odeur du poisson en train de cuire parvint aux voisins, qui suivirent son exemple, et les juifs prirent bientôt l’habitude de manger du poisson pêché le samedi. Quand les sages les avertirent, ils prétendirent qu’ils pêchaient le dimanche, quand ils retiraient le poisson du puits, et non le samedi quand ils ouvraient le tunnel (31).

Tous les juifs n’agirent pas de la même façon. Les commentateurs du Coran identifient trois groupes dans ce contexte : certains juifs pêchèrent et violèrent le précepte divin de ne pas pêcher le samedi ; certains autres avertirent les pêcheurs du châtiment d’Allah et leur interdirent de continuer à agir de la sorte. Les autres tinrent leur langue ; bien que ne mangeant pas le poisson pêché par les pêcheurs le samedi, ils n’interdirent pas aux pêcheurs de pêcher (32).

En pareille situation, quand les pêcheurs refusèrent d’arrêter de pêcher, ceux qui suivirent le précepte divin décidèrent qu’ils ne voulaient plus vivre dans le même village que les pêcheurs, et ils construisirent un mur entre eux. Un jour, on ne vit pas les pêcheurs sortir de leurs maisons. Ceux qui observaient le précepte divin escaladèrent le mur et allèrent contrôler les maisons, qu’ils trouvèrent verrouillées. Quand ils ouvrirent les portes, ils virent que tous – hommes, femmes et enfants – avaient été changés en singes. «Ils verrouillèrent leurs portes, le soir, quand les gens s’enferment dans leurs maisons, et ils se réveillèrent en singes.» (33). al-Qurtubi, commentateur andalou du Coran, au XIIIe siècle, (34) , dit que les singes identifièrent leurs parents humains, s’approchèrent d’eux, sentirent leurs vêtements et pleurèrent. Par contre, les humains ne purent identifier leurs parents, mais ils leur dirent : « ’Ne vous avons-nous pas interdit [de violer la parole de Dieu] ?’ Les singes firent oui de la tête.» Selon certains commentateurs, les jeunes du village devinrent des singes, tandis que les plus âgés devenaient des porcs (35).

Dans sa dissertation doctorale, Les fils d’Israël dans le Coran et dans la tradition musulmane des hadiths, le cheikh d’al-Azhar Muhammad Sayyid Tantawi explique d’une autre manière la transformation des juifs en singes et en porcs dans le Coran. Tantawi consacre un chapitre aux diverses façons dont Allah punit les fils d’Israël, notamment par un changement de forme. Pour expliquer le verset du Coran 5 : 60, Tantawi dit que les juifs demandèrent au prophète Mahomet en quels prophètes il croyait. Le Prophète énuméra Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les tribus [sic], Moïse et Jésus, et il dit qu’il ne faisait pas de différence entre eux. À la mention de Jésus, les juifs rejetèrent sa prophétie en disant : « Nous ne croyons pas en Jésus, ni en quiconque croit en lui [c’est-à-dire Mahomet lui-même], et nous ne croyons pas que notre religion soit pire que la tienne.» Sur cette toile de fond, le Coran clarifia le mal de la religion des juifs, qu’«Allah maudit et contre lesquels il se mit en colère, et il en transforma certains en singes et en porcs» (36).

Dans son traité La Vie des animaux, le savant égyptien du XVe siècle, al-Damiri (37), mentionne une autre tradition liant l’attitude des juifs envers Jésus au châtiment qui leur fut infligé. Selon cette tradition exégétique, Jésus rencontra un groupe de juifs qui le calomnièrent, lui et sa mère, en disant «Voici le magicien, fils de la sorcière». Quand Jésus les entendit, il les maudit, et Allah les transforma en porcs (38). Al-Tabari présente aussi l’histoire coranique de la malédiction des juifs par Jésus (39) comme explication de leur châtiment consistant à être transformés en singes.

Dans son commentaire, al-Tabari fournit une autre explication de la transformation des juifs en porcs. Il décrit une femme, parmi les fils d’Israël, qui croyait en Allah et mena une guerre sainte contre le roi des fils d’Israël «pour la religion d’Allah». Elle fit trois fois la guerre, accompagnée de gens qui croyaient en elle et la suivaient, et elle fut vaincue à trois reprises. Ses hommes furent blessés et tués, mais elle réussit à s’échapper. Après la troisième tentative, elle perdit espoir et invoqua Allah : «Si cette religion avait un bouclier et un sauveur, Tu l’aurais déjà révélé.» Il est dit que la femme s’endormit toute triste et que, pendant la nuit, Allah répondit à ses appels et changea les villageois en porcs (40).


B. Le châtiment, en termes pratiques

La plupart des commentateurs prennent les écritures dans leur sens littéral et soutiennent que les juifs furent changés physiquement en singes et en porcs, comme mentionné explicitement dans le Coran. Seul un commentateur du Coran, Mujahid (41), cité par divers autres interprètes, écrivit que les juifs ne furent pas transformés physiquement, mais que le changement fut métaphorique, comme dans l’adage coranique décrivant les juifs comme «un âne portant des livres» (42) (62 : 5). Selon Mujahid, ce n’est pas leur forme extérieure qui fut changée, mais plutôt leurs cœurs [et leurs âmes, qui devinrent semblables à celles des singes]. Mais, selon les commentateurs, Mujahid est le seul à avoir cette opinion (43).

Récemment, le mensuel du Hamas, Falastin al-Muslima, a publié une série d’articles sur la façon dont Allah punit les juifs. Un chapitre était consacré au châtiment de la transformation en animaux. L’auteur de la série, Ibrahim al-‘Ali, suit l’approche de la plupart des commentateurs du Coran, et explique que le changement était vraiment physique. Il écrit : «Allah n’infligea le châtiment de la transformation qu’aux juifs. La signification du châtiment est un vrai changement dans l’image du juif, et la transformation complète de la condition humaine en une condition animale – un vrai changement de l’apparence humaine sous la forme de véritables singes, porcs, souris et lézards… La transformation fut véritable, vu qu’il n’est pas impossible que le tout-puissant Allah, qui a créé l’homme dans sa forme humaine, soit capable de changer le juif, d’humain en animal…»

Al-‘Ali cite la tradition selon laquelle la femme du Prophète, Aïcha, appela les juifs «les frères de singes et de porcs». Selon la tradition, «les juifs vinrent chez le Prophète et lui dirent ’Que le poison soit sur toi’ [ce qui, en arabe se prononce presque comme ’La paix soit sur toi’]. Le Prophète répondit : ’Que le poison soit sur vous’, et Aïcha ajouta ’Que le poison soit sur vous, frères de singes et de porcs, et que la malédiction et la colère d’Allah soient aussi sur vous’. » (44).


C. La logique qui sous-tend le châtiment

Comme le dit Ibn Kathir, commentateur du Coran, du XIVe siècle (45), tout acte a sa récompense appropriée. Il continue en expliquant pourquoi les juifs furent punis d’une transformation en singes et en porcs : les juifs conspiraient pour pêcher le samedi en préparant hameçons, filets et cannes à l’avance. Quand les bancs de poissons apparurent près de la côte, le samedi, ils furent pris par les filets, que les juifs avaient savamment conçus pour que les poissons ne puissent pas s’échapper, ce jour-là. Le soir, les juifs vinrent ramasser le poisson ; c’est alors qu’Allah les changea en singes, qui ressemblent le plus aux humains, mais ne sont pas vraiment humains. Les actes et subterfuges des juifs correspondaient extérieurement à la vérité, mais s’y opposaient dans leur essence – et leur rétribution convenait donc à leurs actions (46).

Dans un passage du mensuel du Hamas, Falastin al-Muslima, qui discute du châtiment de la transformation des juifs en animaux, le chercheur jordanien, le Dr Salah al-Khaledi, explique : «Peut-être la logique de cette transformation est-elle qu’Allah voulait qu’ils soient des humains vivant comme de véritables personnes et qu’ils réalisent leur humanité de la meilleure manière possible. Mais quand ils se révoltèrent contre les lois d’Allah, ils rejetèrent la grâce divine et abandonnèrent donc leur humanité et leur honneur pour se transformer spirituellement en animaux. Alors, Allah changea [aussi] leur forme en celle de singe, et il les transforma en animaux réels, créant ainsi une corrélation entre leur image spirituelle et physique…»

«L’adhésion à la loi divine est une des qualités dignes de l’homme, tandis que la révolte contre la loi divine est l’abolition des qualités humaines de l’homme… Aussi, un homme agressif, oppresseur et pécheur abandonne-t-il ses qualités humaines au profit de qualités bestiales [en lui], et il [devient] un animal dans son âme, dans ses émotions, et dans ses traits, même s’il est un homme dans son aspect extérieur… Les juifs, agressifs et rebelles, étaient des singes, spirituellement et émotionnellement, dans leurs âmes, dans leur comportement et dans leurs traits. Ils ne font pas partie de la race humaine [Voir, dans les Notes, en fin de document, la NDLR d’upjf.org], si ce n’est dans leur forme extérieure, dans leur corps, dans leurs sens et dans leur voix. Leur transformation en singes par Allah créa une correspondance entre ce qu’ils étaient réellement et leur aspect [extérieur].» (47).


D. Les juifs qui furent transformés eurent-ils une descendance ?

Une autre question sur laquelle se concentrèrent les commentateurs du Coran et les auteurs de la littérature en prose (Adab) est celle de savoir si les juifs qui furent changés en animaux eurent une descendance. Al-Qurtubi explique que deux approches se firent jour, à ce sujet, parmi les religieux. Selon la première, tous les singes d’aujourd’hui sont les descendants des fils d’Israël. C’était aussi l’opinion d’Ibn Qutaiba (48), savant marquant du IXe siècle et auteur d’ouvrages fameux d’Adab, qui pensait que les singes étaient, à l’origine, des juifs qui se sont reproduits (49). Selon la seconde approche, les singes qui étaient des juifs n’eurent pas de descendance.

Aussi les singes, porcs et autres animaux d’aujourd’hui, sont les descendants d’animaux qui existaient avant le châtiment divin. Ibn Abbas, par exemple, soutenait que quiconque voyait sa forme changer ne vivait pas plus de trois jours et ne mangeait, ni ne buvait, ni ne se reproduisait. Ceux qui croient que les animaux d’aujourd’hui sont les descendants des fils d’Israël basent leur croyance sur des traditions fiables du prophète Mahomet, selon lesquelles il avertit de ne pas manger certains animaux, par crainte qu’ils n’aient été, à l’origine, des fils d’Israël. Dans la tradition des compilations fiables de Muslim et d’al-Bukhari, ce qui suit est attribué au prophète Mahomet : «Un groupe des fils d’Israël – et on ne sait pas ce qu’ils firent – fut perdu, et je crains qu’ils ne soient des souris. Ne voyez-vous pas que, quand on donne aux souris du lait de chameau elles n’en boivent pas, et que quand on leur donne du lait de brebis, elles en boivent ?» Comme l’explique al-Nawawi, commentateur de hadiths du XIIIe siècle (50), « La viande et le lait de chameau sont interdits aux fils d’Israël, tandis que la viande et le lait de brebis ne le sont pas. Aussi, le fait que les souris s’abstiennent de boire du lait de chameau, mais non du lait de brebis, prouve qu’elles sont des fils d’Israël sous forme animale.»

Al-Qurtubi mentionne aussi la tradition de la compilation de Muslim, selon laquelle un lézard fut apporté au Prophète, mais qu’il refusa de le manger en disant : «Peut-être est-il des [gens] des générations dont la forme fut changée.» Dans Falastin al-Muslima, Ibrahim al-‘Ali cite aussi des traditions où le Prophète hésite à manger des lézards. Selon une des traditions, par exemple, dans la compilation des traditions acceptées comme fiables par le sage du IXe siècle, Abu Daoud (52), des gens de la suite du Prophète prirent des lézards, les rôtirent et les mangèrent. Un des lézards rôtis fut offert au Prophète, qui prit une feuille de palme et compta avec elle les doigts du lézard [qui ressemblaient à une main humaine], en disant : «Un groupe des fils d’Israël fut changé en reptiles, et je ne sais pas, peut-être que ce [lézard] fait partie de ce groupe.» Dans la tradition qui figure dans la compilation de Muslim, le Prophète était plus catégorique sur l’origine des lézards. Il est dit qu’un Bédouin supplia le Prophète de clarifier sa position sur la consommation des lézards, et le Prophète dit : «Allah était en colère contre une des tribus des fils d’Israël et il les changea en animaux rampant sur la terre. Je pense que ce sont eux [les lézards] ; je n’en mange pas et je ne l’interdis pas.»

Al-Qurtubi note que le juge andalou du XIIe siècle, Ibn al-Arabi (53), adopta le point de vue selon lequel les animaux d’aujourd’hui sont la descendance des fils d’Israël, et il mentionne une autre tradition qui étaye l’opinion d’Ibn al-Arabi. Certaines versions de la compilation des traditions par al-Bukhari citent les mots d’Amer bin Maimoun (54) : «Pendant la Jahiliya [période préislamique], je vis un singe femelle [une guenon] qui avait commis l’adultère et [les singes autour d’elle] la lapidèrent et je me joignis à eux pour la lapider aussi.» Selon l’opinion d’Ibn al-Arabi, les animaux transmirent la connaissance des lois religieuses [y compris la loi sur la lapidation des adultères] de génération en génération, jusqu’à l’époque de bin Maimoun. Il ajoute que les juifs changèrent la [loi de la] lapidation, et Allah voulut qu’ils la fassent respecter alors qu’ils étaient sous leur forme différente [c.-à-d. celle de singes] (55).

Selon certaines traditions, la crainte du Prophète que les souris, les lézards et d’autres animaux ne soient des humains transformés est expliquée par al-Qurtubi : "C’était une hypothèse suggérée par le Prophète avant qu’il ne reçoive l’inspiration divine qui lui fit comprendre clairement qu’Allah ne donna pas de descendance à ces humains transformés. Après qu’il eut reçu cette inspiration, il n’eut plus de crainte et déclara : «Allah ne peut pas avoir détruit et tourmenté des gens et en même temps leur avoir donné une descendance. Les singes et les porcs [que nous voyons aujourd’hui] existaient auparavant.»". Selon al-Qurtubi, cette tradition est des plus fiables, et elle figure dans la compilation des traditions de Muslim. Il ajoute que la tradition de manger des lézards en présence du Prophète et à sa table, sans [avoir encouru sa] condamnation prouve qu’ils ne sont pas les descendants des fils d’Israël (56).

Comme al-Qurtubi, Ibrahim al-‘Ali préfère le point de vue selon lequel les juifs punis par la transformation en animaux n’eurent pas de descendance. Dans Falastin al-Muslima, il écrit que les juifs qui furent transformés en singes, en porcs, en lézards et en souris furent aussi punis de l’incapacité de se reproduire. «Ils existèrent dans le monde aussi longtemps qu’Allah voulut, puis il les fit s’éteindre sans descendance. Restèrent [dans le monde] les singes, les porcs et autres animaux qui avaient existé avant [le châtiment divin]… et ce sont eux qui se reproduisirent et laissèrent une descendance…»

Mais al-‘Ali continue en expliquant : «l’extinction des juifs punis par transformation ne signifie pas que leur châtiment ait pris fin. Le châtiment laissa son impression dans les âmes des juifs qui vinrent après eux : leur esprit, leurs opinions, leurs sentiments et leurs manières de penser – qui se reflètent dans le visage et dans l’apparence extérieure – [au point qu’ils en vinrent] à ressembler à leur nature et à [avoir] l’apparence de singes et de porcs, et cela affecta profondément leurs manières et leur comportement.»

Dans Falastin al-Muslima, Ibrahim al-‘Ali présente une preuve scientifique de l’affirmation que les juifs furent punis de cette façon par Allah. Il déclare que les juifs inventèrent la théorie de l’évolution pour se débarrasser de la honte de l’ancien châtiment : «…Comme les juifs éprouvaient déshonneur et honte à cause de ce châtiment particulier qui les changea en frères de singes et de porcs, ils essayèrent de se débarrasser de cette accusation, avec l’aide de la pensée satanique qui les mena à mépriser la race humaine tout entière, en disant que l’origine [de l’homme] se trouve dans des animaux, et que [l’homme] évolua, au fil du temps, de la forme de singe à la forme humaine, grâce à la théorie… du singe juif Darwin.» (57).



Conclusion

Associer les juifs avec des singes, des porcs et d’autres animaux, ce qui est très répandu dans le monde arabe et musulman parmi les chiites et les sunnites, est une pratique fermement enracinée dans les plus importantes sources religieuses islamiques, et a aussi des racines dans le folklore d’autres peuples anciens. Cette idée a été utilisée non seulement dans des écrits religieux mais aussi dans la prose et dans la fiction, tant dans le passé que dans le présent.


Aluma Solnick *


* Aluma Solnick est chercheuse au MEMRI.

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NOTES


[Note de la Rédaction d’upjf] : L’affirmation "Ils ne font pas partie de la race humaine" rappelle étrangement cette tirade d’Hitler, rapportée par Rauschning, dans son livre, publié en 1939, Hitler m’a dit :
«Deux mondes s’affrontent! L’homme de Dieu et l’homme de Satan! Le Juif est la dérision de l’homme. Le Juif est la créature d’un autre Dieu. Il faut qu’il soit sorti d’une autre souche humaine. L’Aryen et le Juif, je les oppose l’un à l’autre et si je donne à l’un le nom d’homme, je suis obligé de donner un nom différent à l’autre. Ils sont aussi éloignés l’un de l’autre que les espèces animales de l’espèce humaine. Ce n’est pas que j’appelle le Juif un animal. Il est beaucoup plus éloigné de l’animal que nous, Aryens. C’est un être étranger à l’ordre naturel, un être hors nature." »


(1) www.palestine-info/arabic/palestoday/readers/mashhoor/22_4_01.htm.
(2) www.alraialaam.com/20-04-2002/ie5/frontpage.htm#03.
www.palestine-info.info/arabic ... 02/apr02/20_4/detail1.htm
(3) www.alminbar.cc/alkhutab/khutbaa.asp?lmediaURL=5544, 19 avril 2002.
(4) www.alminbar.cc/alkhutab/kutbaa.asp?mediaURL=4331, non-daté.
(5) Télévision palestinienne, Autorité palestinienne, 3 août 2001.
(6) www.nasrollah.org/arabic/hassan/khitaabat/khitabat08.htm.
(7) Cf. www.iqraatv.com.
(8) Iqraa Television, Arabie saoudite / Égypte, 7 mai 2002.[Voir, sur notre site, une traduction française de cette interview: "Les Juifs sont des singes et des porcs": une musulmane de 3 ans à la TV.
(9) Extrait de la transcription officielle, al-Jazeera TV, Qatar, 15 mai 2001.
(10) Al-Ahrar, Égypte, 30 mai 2000.
(11) Le mot arabe pour ce type de transformation physique est maskh, qui signifie « changement de forme extérieure en une forme plus horrible ». Cf. Lissan al-Arab, « Maskh ».
(12) Muslim bin al-Hajjaj (mort en 875) et Muhammad bin Isma’il al-Bukhari (mort en 870).
(13) Selon les commentateurs du Coran, c’est une référence au châtiment de la transformation en singes bannis du bien [divin], humiliés et méprisés.
(14) Ailleurs le Coran parle en général de la transformation des infidèles (non musulmans) : « Si nous voulons, nous pouvons les changer (la masakhnhum) où ils sont… » (33 : 67) Il est à noter que c’est le seul passage du Coran où le terme maskh est employé, et que ce terme fait référence à un changement de forme qui a lieu au jour du Jugement. Ce concept n’était pas toujours lié à l’idée de châtiment par transformation en singes et en porcs. Les premiers commentateurs du Coran étaient divisés à propos du maskh qui attend les pécheurs, proposant un nombre de possibilités comme la transformation en pierres, la claudication, ou la paralysie des bras et des jambes. Dans la littérature des hadiths également, il y a une tradition qui décrit un maskh eschatologique sans mention de singes ni de porcs. La plupart des traditions qui concernent le maskh futur décrivent une triple catastrophe annonçant le jour du Jugement : la terre s’ouvrira et engloutira les pécheurs (hasf), [des rochers] seront jetés [du ciel] (qadhf), et il y aura une transformation dans une forme de vie inférieure (maskh). Parfois un tremblement de terre (rajf) est aussi mentionné dans ce contexte. Un examen du contexte historique de l’apparition de ces traditions montre qu’elles sont apparues pendant les guerres civiles entre les musulmans à l’époque omeyyade. Le grand désarroi de cette époque cultiva un sens d’apocalypse imminente, qui à son tour donna naissance à des traditions qui anticipaient la fin du monde et le jour du Jugement. Voir Uri Rubin, « Apes, Pigs, and the Islamic Identity », Israel Oriental Studies XVII (1997), p. 89-93.
(15) Omar bin Bahar al-Jahiz (mort en 869).
(16) Omar bin Bahar al-Jahiz, Kitab al-Hayawann.
(17) Muhammad bin Jarir al-Tabari (mort en 923).
(18) Al-Tabari, 5 : 115. D’autres sources disent qu’une tribu israélite qui avait manifesté un scepticisme déplacé, quand le miracle de la table fut octroyé à Jésus, fut transformée en lézards. Voir M. Cook, « Early Islamic dietary law », dans Jerusalem Studies in Arabic and Islam (JSAI) 7 (1986), p. 223.
(19) Tradition mentionnée, par exemple, dans le livre de Fakhr al-Din bin Muhammad al-Tarihi (mort en 1087), Majma’ al-Bahrain. Voir www.islam4u.com/almojib/4/0/4.0.2.htm.
(20) Uri Rubin, « Apes, Pigs, and the Islamic Identity », op.cit., pp. 93-102. Il est à noter que, jusqu’à aujourd’hui, les prédicateurs islamiques découragent des transgressions comme la consommation de vin, le chant et la musique, par les menaces des hadiths contre les pécheurs, ’qui seront transformés en singes et en porcs’. Des sermons de ce genre ne sont pas aussi fréquents que ceux qui font des juifs la descendance de ces animaux, mais sont plus fréquents que ceux qui se rapportent aux chrétiens dans ce contexte. Voir, par exemple, le sermon du prédicateur soudanais Muhammad Abd al-Karim sur le chant : www.alminbar.net/alkhutab/khutbaa.asp?mediaURL=3124.
(21) À la bataille de Karbala (680), le petit-fils du Prophète et ses hommes furent tués. Cela donna au mouvement chiite son aura de martyre. La tradition du chien à quatre yeux est reprise de « Maskh », dans Encyclopédie de l’Islam, 2e édition, p. 737.
(22) Voir le site Web de la Ligue sunnite iranienne: www.isl.org.uk/article.php?sid=11.
(23) Il est intéressant de noter que le cas de la transformation de la femme de Lot ne soit pas mentionné dans la version coranique de l’histoire de Lot (Coran 11 : 81).
(24) Voir Ch. Pellat, « Maskh », Encyclopédie de l’Islam, 2e édition, pp. 736-738.
(25) Traité Sanhedrin, 11 : 109a.
(26) Voir F. Viré, « Kird », Encyclopédie de l’Islam, 2e édition.
(27) Ilse Lichtenstadter, « And become ye accursed apes », dans Jerusalem Studies in Arabic an Islam (JSAI) , 14 (1991), pp. 162-175.
(28) F. Viré, « Kird », Encyclopédie de l’Islam, 2e édition.
(29) M. Cook, « Early Islamic dietary law », JSAI 7 (1986), pp. 223-233.
(30) Ibn Kathir (7 : 166) explique qu’Iliya se situe sur la côte entre l’Égypte et Médine. Selon al-Damiri, Iliya se situe entre Midian et al-Tur. D’autres lieux identifiés dans le commentaire avec « le village sur la côte » sont « Median » situé entre Iliya et al-Tur (voir al-Tabari 2 : 65, Ibn Kathir 2 : 65) ou Tibériade.
(31) Ilse Lichtenstadter identifie les motifs du folklore juif qui influencèrent apparemment l’explication du châtiment donnée par al-Tabari. L’un d’eux est la légende du Léviathan et de la rivière Sambathion : dans la Torah, Dieu utilise le Léviathan pour vaincre les ennemis de son peuple, et dans le Talmud, le traité Baba Batra (746), raconte comment le Léviathan fut massacré par Dieu pour nourrir les justes dans l’au-delà. Quant à la rivière Sambathion, il est dit que c’est une rivière pleine de sable et de rochers, torrentielle pendant la semaine mais calme le samedi. Selon une autre version, la rivière est calme pendant la semaine et est en crue le samedi. Il semblerait que ce soit la version selon laquelle la rivière est en crue le samedi qui sous-tend le commentaire d’al-Tabari, puisque les bancs de poissons arrivaient le samedi, mais pas pendant la semaine. Voir Ilse Lichtenstadter, « And become ye accursed apes », dans JSAI 14 (1991), pp. 159-161.
(32) Deux positions de commentateurs émergèrent concernant ce qui arriva aux juifs qui ne pêchèrent pas et n’empêchèrent pas les autres de pêcher. Selon l’une, seuls les vrais pécheurs furent changés en animaux, et furent alors détruits ; les deux autres groupes qui ne péchèrent pas, activement ou passivement, ne le furent pas. Selon l’autre point de vue, seuls ceux qui s’opposèrent explicitement et interdirent de pêcher furent sauvés, et ceux qui restèrent passifs furent aussi transformés. Voir par exemple 7 : 166.

A. Solnick

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